[A] Existe-t-il un "profil de héros" pour la jeunesse ?

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Re: Les héros jeunesse

Message par Nana » dim. févr. 26, 2017 3:21 pm

Milora a écrit :
dim. févr. 26, 2017 2:02 pm
Et, ce qui m'horripilait encore plus et dont j'avais beaucoup conscience à l'époque déjà, à force de montrer cette image des adolescents, beaucoup d'ado se mettent à adopter l'attitude qu'ils sont censés avoir selon les médias, alors que si on ne leur avait pas imposé l'image de l'ado déprimé/en colère/rebelle/souhaitant être populaire/autre cliché, eh bien ils auraient sans doute eu une toute autre attitude.
Ah ça! Un jour, je me suis demandée si j'étais bien normale parce que je n'ai jamais fait ma crise d'ado et que je m'entend bien avec mes parents. Tout ça parce que les personnages d'ados se résument souvent à ça. Et en plus, ce n'était même pas les personnages que j'aimais le plus. Des fois, je me demande si les gens qui écrivent ça ont oublié que quand ils étaient ados ou enfants, ils n'en étaient pas moins des personnes.
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Re: Les héros jeunesse

Message par Milora » dim. févr. 26, 2017 3:31 pm

Nana a écrit :
dim. févr. 26, 2017 3:21 pm
Des fois, je me demande si les gens qui écrivent ça ont oublié que quand ils étaient ados ou enfants, ils n'en étaient pas moins des personnes.
Le souci, je pense, c'est qu'il n'y a pas la phase "je suis dans le moule" à l'adolescence, et ensuite, une fois adulte, "j'ai du recul dessus et je réalise que c'était un formatage". Je crois qu'énormément de monde qui adopte l'attitude adolescente formatée pense, ensuite, être passé par un passage obligé. Et ne remet pas en cause le formatage.
Attention, je veux pas dire que les thèmes comme l'affirmation, la remise en cause de l'autorité parentale, les petits soucis de gestion des hormones et tout ça, soient des inventions. Mais chaque individu est différent ; d'une part, tout le monde ne tombe pas dans le "modèle psychologique" de l'adolescent, et d'autre part, je suis persuadée que moins de gens y tomberaient sans le matraquage de l'image des adolescents dans les médias (le parallèle avec l'attitude genrée des femmes est tout à fait possible).
Mais du coup, c'est un "formatage" dont je ne suis pas sûre que les gens qui l'ont subi se rendent compte, après coup. De la même façon qu'on ne se rend pas forcément compte qu'on a choisi telle carrière "propre à son sexe" en partie parce qu'on a été influencé malgré soi. Du coup, je pense pas que les adultes qui écrivent des personnages-types d'adolescents le fassent parce qu'ils ont oublié comment ils étaient, mais au contraire parce qu'ils s'en souviennent (le problème est que le formatage vient en amont de tout ça).
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Re: Les héros jeunesse

Message par Miromensil » dim. févr. 26, 2017 3:33 pm

Nana a écrit :
dim. févr. 26, 2017 3:21 pm
Ah ça! Un jour, je me suis demandée si j'étais bien normale parce que je n'ai jamais fait ma crise d'ado et que je m'entend bien avec mes parents. Tout ça parce que les personnages d'ados se résument souvent à ça. Et en plus, ce n'était même pas les personnages que j'aimais le plus. Des fois, je me demande si les gens qui écrivent ça ont oublié que quand ils étaient ados ou enfants, ils n'en étaient pas moins des personnes.
( :love: J'ai pas grand chose à rajouter, si ce n'est que ça me plaisir de lire tous ces avis/témoignages)
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Re: Les héros jeunesse

Message par Brume » dim. févr. 26, 2017 3:58 pm

Niveau héros de jeunesse, j'aimais beaucoup Le club des cinq, la plupart des livres de la comtesse de Ségur et Narnia ainsi que A la croisée des mondes en fait ça reste plutôt classique, je rajoute aussi les Chair de Poule ainsi que parfois des livres provenant du magasine "Julie".

Selon mes souvenirs, je n'ai pas le souvenir d'adolescents super clichés faisant des crises, ce que j'aimais quand j'étais enfant, c'est que justement c'était des enfant en vedette avec des adultes un peu "stupides" :mrgreen: ou méchants. Surtout dans Chair de Poule, combien de fois, je pestais contre les parents du protagoniste qui ne voyaient pas l'évidence même du phénomène surnaturel se déroulant sous leur nez.
Les livres du magasine "Julie" abordaient un peu plus l'adolescence, je pense, je me souviens avoir été marqué par une héroïne qui s'était teint les cheveux en blond platine pour plaire à son copain (qui était un crétin) et qui acceptait de promener son chien jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive que son copain se fichait bien d'elle et concocte une vengeance avec sa petite soeur diabolique :mouahaha: (je me souviens plus du titre de ce livre mais je me souviens de la fin). C'est vrai que là, on n'était plus dans des thèmes adolescente limite en crise à cause d'un garçon mais encore une fois, dans cette lecture, les adules ne sont que des figurants. Je me souviens aussi d'avoir lu le point de vu d'héroïne qui allait devoir vivre dans une famille recomposée et leurs réactions infantiles au début et crise d'ado mais qui finalement s'est résolue avec une discussion d'égale à égale avec l'entourage.
J'aimais bien les livres qui évincés les adultes ça a continué avec le Cycle d'Ender de Orson Scott Card. Mais ensuite, effectivement à l'adolescence j'ai commencé à lire des livres avec des héros plus diversifiés.

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Re: Les héros jeunesse

Message par Kira » dim. févr. 26, 2017 6:31 pm

Il ne faut quand même pas oublier qu'on parle d'oeuvres de fictions.
Ca me rappelle une question que j'ai systématiquement en intervention pour la Grande Rivière:
"pourquoi l'héroïne quitte-t-elle son village?"
(elle décide effectivement de quitter les siens qui ne sont pas ailleurs pas super sympas avec elle).
Réponse:
"parce que si elle ne l'avait pas fait, il n'y aurait pas eu d'histoire" :mrgreen:
Il n'y a pas de raison pour que les ados dans la fiction soient représentatifs des ados en général (si Katniss Everdeen était allée au lycée Pierre de Coubertin, elle aurait sans doute eu un destin bien plus tranquille).

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Re: Les héros jeunesse

Message par Milora » dim. févr. 26, 2017 6:52 pm

Je suis pas du tout d'accord ^^ Pour deux raisons :
1- y a une différence entre créer un personnage vraisemblable et créer un personnage tel qu'il serait dans la réalité. Katniss Everdeen n'est pas représentative d'un ado standard, mais Katniss Everdeen est vraisemblable parce que cohérente avec elle-même et son univers (le "elle-même" incluant son âge et son vécu). Peu importe si elle ressemble ou non à un ado qui aurait vraiment existé. Là n'est pas la question. Katniss Everdeen ne fait pas partie d'une représentation des ados qui donnerait une lecture de comment il est normal d'être à 16 ans. Elle ne se veut pas un reflet de la société.
Les ados américains d'une série teenage, en revanche, beaucoup plus.
"pourquoi l'héroïne quitte-t-elle son village?"
(elle décide effectivement de quitter les siens qui ne sont pas ailleurs pas super sympas avec elle).
Réponse:
"parce que si elle ne l'avait pas fait, il n'y aurait pas eu d'histoire"
Si c'est la première réponse qui vient à l'esprit, c'est que la caractérisation du personnage est raté :mrgreen: Tout l'art d'un personnage réussi, c'est que ces ficelles sont totalement cachées et que l'histoire soit son propre moteur ^^

2- les oeuvres de fiction véhiculent toutes des représentations. On est d'accord que c'est pas parce qu'on lit un livre où le héros recueille des chiens errants qu'on va plagier son attitude et recueillir tous les chiens errants qu'on croise, juste parce qu'on l'a lu. En revanche, si plein plein de livres, de films, de pubs et de conseils des adultes te disaient qu'à ton âge, quand même, ce qui est normal, c'est de recueillir des chiens errants... Ben sans doute qu'on serait fort tentés à recueillir des chiens errants, ou à se dire qu'on est pas comme les autres si on ne le fait pas. Ça, c'est pas une question de vraisemblance ni de réalisme. C'est une question de modèle social présent dans les oeuvres de fiction, qui nous influencent inconsciemment qu'on le veuille ou non. L'exemple des chiens errants est absurde, mais remplaçons-le par le fait de fantasmer sur un Terminale quand on est en seconde. ça devient moins absurde. Or, là où l'existence de ces "modèles" est agaçantes, c'est dans les cas où une grosse partie de la production culturelle colle une même image à un groupe de gens (ici : les adolescents), parce que ça donne l'impression qu'il faut être comme ça, vu que les médias et idées reçues pensent que c'est d'être comme ça, qui est normal. À ce stade, le modèle, caricatural et fictif, a recouvert une réalité dans la vraie vie et dans la façon qu'ont les gens du groupe concerné.
Du coup, c'est pas une question d'être réaliste ou fictif, c'est la question des modèles véhiculés par les oeuvres de fiction.
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Re: Les héros jeunesse

Message par Kira » dim. févr. 26, 2017 7:06 pm

Milora a écrit :
dim. févr. 26, 2017 6:52 pm
"pourquoi l'héroïne quitte-t-elle son village?"
(elle décide effectivement de quitter les siens qui ne sont pas ailleurs pas super sympas avec elle).
Réponse:
"parce que si elle ne l'avait pas fait, il n'y aurait pas eu d'histoire"
Si c'est la première réponse qui vient à l'esprit, c'est que la caractérisation du personnage est raté :mrgreen: Tout l'art d'un personnage réussi, c'est que ces ficelles sont totalement cachées et que l'histoire soit son propre moteur ^^
J'avoue c'est de la provocation :mrgreen: C'est pour les faire réfléchir sur le fait que la différence, souvent, induit le changement (l'histoire se passe à la préhistoire, aussi, si les héros avaient eu les mêmes différences dans un cadre contemporain, les conséquences auraient été très différentes pour eux).

Sur la première partie je suis tout à fait d'accord avec toi, en fait :mage:

Sur la seconde partie, ça ne vaut que si on se trouve dans un cadre similaire à celui dans lequel vivent les lecteurs. Dans un univers fantasy ou SF, c'est moins critique. Je note par ailleurs que, notamment pour les romans 8-12 ans, même dans un cadre contemporain les jeunes héros jouissent la plupart du temps d'une liberté d'action bien supérieure à celle dont ils disposent dans la vraie vie (les parents de fiction sont laxistes :lol: ) Pour les ados américains, dixit ma fille (qui a le même âge): "de toute façon ils conduisent une voiture à 16 ans, où tu as vu que c'était réaliste?" :lol:

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Re: Les héros jeunesse

Message par Milora » dim. févr. 26, 2017 7:20 pm

Kira a écrit :
dim. févr. 26, 2017 7:06 pm


Sur la seconde partie, ça ne vaut que si on se trouve dans un cadre similaire à celui dans lequel vivent les lecteurs. Dans un univers fantasy ou SF, c'est moins critique.
Je trouve que les exemples démontrent plutôt le contraire... On s'en ferait pas pour l'image de la femme dans les films d'aventure (hyper sexualisée, victime, passive, etc.) si cette représentation n'avait aucun impact. Pourtant, Conan, c'est pas notre univers... C'est pareil pour les ados. Harry fait sa crise d'adolescence (Ron aussi) en plein monde des sorciers, et plein plein de gens s'identifient à lui. Dans Everwold, qui se passe dans un monde parallèle mythique, les quatre protagonistes se comportent en parfaits archétypes des ados américains. On pourrait avoir une histoire en Terre du Milieu qui véhicule des clichés sur les ados, pour peu que les personnages soient présentés comme des ados "typiques" ou que d'autres personnages fassent des remarques sur l'adolescence.
Je suis persuadée que ça ne tient pas au cadre dans lequel se déroule l'histoire, mais à la structure de l'histoire et à la façon dont le personnage est caractérisé : en SFFF, il y a beaucoup d'histoires qui centrent leur thématique sur la construction d'un héros pas comme la norme, qui doit prouver sa valeur alors qu'il est différent (genre, comme archétype, Harold dans Dragons). C'est pour ça qu'en SFFF, il y a beaucoup d'exemples qui y échappent ; pas parce que ça se passe pas dans un cadre réaliste.


Je trouve le débat intéressant, ceci dit, on s'éloigne un peu du sujet du fil ^^
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Re: Les héros jeunesse

Message par Kira » dim. févr. 26, 2017 7:26 pm

Milora a écrit :
dim. févr. 26, 2017 7:20 pm
Dans Everwold, qui se passe dans un monde parallèle mythique, les quatre protagonistes se comportent en parfaits archétypes des ados américains.
Oh je m'en souviens de celui-ci, j'avais adoré malgré le fait que les héros soient effectivement très caricaturaux.
Mais pour le coup, ils sont originaires du notre monde, ils n'ont pas grandi dans le monde mythique (pareil pour Harry).
C'est différent pour par exemple la série Léviathan de Scott Westerfeld où ils grandissent vraiment dans un autre monde (en général tout l'avantage de ce genre de cadre, d'ailleurs, c'est de pouvoir les affranchir plus facilement de la tutelle des parents).
Milora a écrit :
dim. févr. 26, 2017 7:20 pm
Je trouve le débat intéressant, ceci dit, on s'éloigne un peu du sujet du fil ^^
Je trouve aussi :mrgreen: :love:

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Re: Les héros jeunesse

Message par Nana » dim. févr. 26, 2017 8:30 pm

Kira a écrit :
dim. févr. 26, 2017 7:06 pm
Sur la seconde partie, ça ne vaut que si on se trouve dans un cadre similaire à celui dans lequel vivent les lecteurs. Dans un univers fantasy ou SF, c'est moins critique. Je note par ailleurs que, notamment pour les romans 8-12 ans, même dans un cadre contemporain les jeunes héros jouissent la plupart du temps d'une liberté d'action bien supérieure à celle dont ils disposent dans la vraie vie (les parents de fiction sont laxistes ) Pour les ados américains, dixit ma fille (qui a le même âge): "de toute façon ils conduisent une voiture à 16 ans, où tu as vu que c'était réaliste?"
ça doit dépendre des gens. Je connais une fille qui a été biberonnée aux séries de disney channel. Un jour, elle a regardé un épisode des Experts ou je ne sais plus quelle série policière, et elle m'a sorti : "on voit que c'est pas la vraie vie, ce garçon est bien trop beau pour faire des choses pareilles". Elle avait pris la fiction pour la réalité. Elle avait 12-14 ans, quand même. Je m'en suis toujours pas remise :lol: .
Milora a écrit :
dim. févr. 26, 2017 7:20 pm
Je suis persuadée que ça ne tient pas au cadre dans lequel se déroule l'histoire, mais à la structure de l'histoire et à la façon dont le personnage est caractérisé
tout est dit. d'ailleurs, les personnages d'ados qui m'énervent sont souvent hors SFFF. En général, c'est quand il n'y a qu'un seul ado entouré d'adultes; la crise d'adolescence devient la seule chose qui caractérise l'ado, et c'est ça qui m'énerve. Dans les oeuvre jeunesse, il y a souvent plus de personnages de cet âge, du coup on est obligé de trouver autre chose pour les caractériser, histoire qu'ils n'aient pas tous la même personnalité.

Mais c'est vrai qu'on est plus trop dans le sujet :oops:
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Re: Les héros jeunesse

Message par Jo Ann v. » dim. févr. 26, 2017 8:55 pm

Nana a écrit :
dim. févr. 26, 2017 8:30 pm
ça doit dépendre des gens. Je connais une fille qui a été biberonnée aux séries de disney channel. Un jour, elle a regardé un épisode des Experts ou je ne sais plus quelle série policière, et elle m'a sorti : "on voit que c'est pas la vraie vie, ce garçon est bien trop beau pour faire des choses pareilles". Elle avait pris la fiction pour la réalité. Elle avait 12-14 ans, quand même. Je m'en suis toujours pas remise :lol: .
Ma mère qui n'a jamais regardé un Disney de sa vie, devant les infos, est capable de sortir un « il est tellement beau, il ne peut pas être un terroriste » (je pense qu'elle parlait du Finlandais).
Je pense donc que c'est bien au-delà de la fiction, ce genre de pensées... :fatigue:
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Re: Les héros jeunesse

Message par Crazy » dim. févr. 26, 2017 9:46 pm

Milora a écrit :
dim. févr. 26, 2017 6:52 pm
2- les oeuvres de fiction véhiculent toutes des représentations. On est d'accord que c'est pas parce qu'on lit un livre où le héros recueille des chiens errants qu'on va plagier son attitude et recueillir tous les chiens errants qu'on croise, juste parce qu'on l'a lu. En revanche, si plein plein de livres, de films, de pubs et de conseils des adultes te disaient qu'à ton âge, quand même, ce qui est normal, c'est de recueillir des chiens errants... Ben sans doute qu'on serait fort tentés à recueillir des chiens errants, ou à se dire qu'on est pas comme les autres si on ne le fait pas. Ça, c'est pas une question de vraisemblance ni de réalisme. C'est une question de modèle social présent dans les oeuvres de fiction, qui nous influencent inconsciemment qu'on le veuille ou non. L'exemple des chiens errants est absurde, mais remplaçons-le par le fait de fantasmer sur un Terminale quand on est en seconde. ça devient moins absurde. Or, là où l'existence de ces "modèles" est agaçantes, c'est dans les cas où une grosse partie de la production culturelle colle une même image à un groupe de gens (ici : les adolescents), parce que ça donne l'impression qu'il faut être comme ça, vu que les médias et idées reçues pensent que c'est d'être comme ça, qui est normal. À ce stade, le modèle, caricatural et fictif, a recouvert une réalité dans la vraie vie et dans la façon qu'ont les gens du groupe concerné.
Du coup, c'est pas une question d'être réaliste ou fictif, c'est la question des modèles véhiculés par les oeuvres de fiction.
Tout à fait.
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Re: Les héros jeunesse

Message par Melalivres » dim. févr. 26, 2017 10:15 pm

Milora a écrit :
sam. févr. 25, 2017 11:00 am
(Vous avez 4h et je relève les copies ^^ )
Je suis un peu en retard mais je viens t'apporter mon expertise de libraire jeunesse/ado :wow:
C'est vrai que les héros correspondant à l'âge du lectorat sont si nombreux qu'on pourrait croire qu'il n'existe pas d'autre modèles, mais ce n'est pas le cas. Voici quelques exemples de parutions pour la plupart récentes :
A/ Des adultes pour des romans adolescents :
- Le Dernier Songe de Lord Scriven, Eric Senabre, Didier Jeunesse : roman accessible à partir du collège qui met en scène un journaliste et un enquêteur assez spécial puisqu'il résout les énigmes à partir de ses rêves. On a donc là deux adultes et un univers à la Sherlock Holmes, avec un vocabulaire plutôt soutenu et que je n'hésite pas à conseiller à des ados.
- Là où tombent les anges, Charlotte Bousquet, Gulf Stream. Celui-ci, je le conseille plutôt à des lycéens car assez dur par moments. On suit une jeune fille (19 ans quand l'histoire commence, si mes souvenirs sont bons) qui fuit un père violent et qui va épouser un homme qui l'a séduite et avec qui elle pense pouvoir se sentir bien. Pas de chance, cet homme se révèle mauvais... Mais la première guerre mondiale arrive, il est appelé au front, et c'est alors que la jeune femme va apprendre à s'émanciper et à se libérer de lui. C'est un roman puissant, comme la plupart de ceux de cette autrice, et je ne pense pas que l'âge de l'héroïne soit une frontière infranchissable.
- Louis Pasteur contre les loups-garous, Flore Vesco, Didier jeunesse. Pasteur a 19 ans et rentre à L'Institution Royale Saint-Louis pour y suivre ses études. Il va rencontrer une jeune fille de l'école d'en face, Constance, 18 ans si mes souvenirs sont bons, et une partie de l'histoire est narrée de son point de vue. C'est un roman fantastique plein d'humour et d'action que je conseille sans problème dès 12 ans.
- Déjà cité, la série La Passe-miroir de Christelle Dabos, Gallimard Jeunesse. On ne peut effectivement pas être sûrs de leur âge et c'est effectivement un bon moyen d'accrocher un public varié.
Lofarr a écrit :Je me demande quand même si ce roman n'a pas été classé jeunesse, car il avait l'étiquette SFFF et que, comme chacun sait, ce n'est pas un genre assez sérieux pour être classé adulte.
Non, il est classé jeunesse parce que Christelle Dabos a gagné le premier concours premier roman de Gallimard Jeunesse, tout simplement :hihihi:
- Marie-Aude Murail a été citée plusieurs fois pour sa série des Nils Hazard, mais elle a également commencé une nouvelle série, toujours à l'Ecole des Loisirs, Sauveur et fils, dont le personnage principal est psy et père d'un ado. Je ne l'ai pas encore lu donc je peux difficilement en dire plus.
- Déjà cité aussi, la série Les chevaliers d'émeraude. Mais je trouve que dès que ça touche à la fantasy, avec un univers totalement différent, camper des personnages adultes n'effraie pas parce que les jeunes sont habitués à ce type d'univers (à travers les films de chevalerie ou Le Seigneur des Anneaux notamment)
Lys a écrit :Personnellement j’avais pas trop aimé, mais ça a eu beaucoup de succès.
Idem, je trouve les romans d'Anne Robillard particulièrement mal écrits...
B/ Un mélange d'adulte et d'adolescents :
- Le MA-GNI-FI-QUE Quelqu'un qu'on aime, Séverine Vidal, Sarbacane coll. Exprim'. :heart: Etats-Unis. Matt a la vingtaine et prévoit avec son grand-père Gary un voyage sur les traces d'un crooner dont ce dernier est fan : ensemble, ils vont refaire la tournée que Gary avait suivie dans sa jeunesse afin de faire revivre ses souvenirs et tenter de retarder un peu l'alzheimer qui le frappe. Mais peu de temps avant le départ, Matt se découvre papa d'une petite fille d'un an et demi qu'il va devoir garder un moment et va donc embarquer dans leur voyage. Une tempête de neige va les empêcher de prendre leur avion et, pour ne pas tout annuler, ils vont louer le seul véhicule encore disponible : un van. Vont se joindre à eux pour partager les frais Antonia, une trentenaire qui doit se rendre à un rendez-vous professionnel sur leur route, et Luke, un ado en fugue. Et ces personnages d'âge varié, qui ne se ressemblent a priori en rien, vont devenir une belle famille sur la route. :heart: Celui-ci, j'en ai vendu des tonnes à des ados (et quelques-uns à des adultes aussi).
- Génération K, Marine Carteron, Rouergue coll. épik. À partir de 15 ans, un peu gore par moments, trois narrateurs : deux ados de 16 ans et un adulte de 20-21 ans d'après mes souvenirs. Georg, notre adulte du groupe, a un bon fond, mais il a traîné dans pas mal d'affaires louches et est d'ailleurs en prison au début du roman.
- La série A comme association d'Erik L'homme et Pierre Bottero : Deux narrateurs, un de 15 ans, une de 18 ans. L'ado assez libre mais parfois gêné par sa mère, la jeune adulte très indépendante et orpheline.
C/ De l'indépendance d'un héros adolescent
Là encore je vais prendre quelques exemples :
- Les parents absents/occupés/confiants : Le roman que je viens de terminer, Parmi les vivants T.1 : Abel, met en avant trois adolescents de quinze ans. C'est l'été, donc pas d'école pour les ennuyer et une très grande liberté de mouvement. Pour deux d'entre eux, les parents sont très occupés (Esther a des parents médecins à l'hôpital, ceux de Vlad tiennent un vieil hôtel). Inoke est élevée n'a plus de mère et son père, fermier, lui laisse une grande liberté, il tient à la voir profiter de sa jeunesse plutôt que de la pousser à l'aider (ce qui n'empêche pas l'adolescente de lui donner un coup de main de temps en temps). Le cadre permet aussi la liberté : ils habitent un petit village donc pas de crainte particulière des parents au niveau de la dangerosité de la ville (et à quinze ans, en général, les ados ont quand même pas mal de liberté), et le père d'Inoke ne s'inquiète même pas quand sa fille part en forêt avant l'aube pour observer les renard ou quand elle revient tard, un soir, avec ses amis, et lui demande des lampes pour aller observer les loutres.
- Les parents absents/occupés/aveugles : La saga Twilight est est un bon exemple : le père de Bella est Shérif, pas souvent à la maison, culpabilise aussi un peu de ne pas avoir été là pour sa fille lorsqu'elle était plus jeune et ne sait pas comment gérer une adolescente. Il la laisse donc plutôt libre et n'est même pas capable de voir tous les trucs bizarres autour de lui (Hé mec, tu les trouves pas un peu bizarres, les Cullen ?)
- La liberté passe parfois par le secret : j'étire un peu ici parce qu'il ne s'agit pas totalement d'indépendance, mais je trouve les personnages du roman de Marion Brunet, Frangine :heart: , très réussis : On a là un ado en terminale et sa petite sœur en seconde. Ils ont deux mères, attentives et aimantes, mais vont affronter à eux deux les problèmes de la petite sœur. Parce que quand on est ados, même si nos parents sont à l'écoute, ce n'est pas toujours facile de parler. Et c'est aussi en apprenant à les affronter seul qu'on s'émancipe.
- Comme tu l'as dit, les orphelins : Le roman Le combat d'hiver de Mourlevat commence dans un orphelinat et met en scène un groupe d'adolescent qui reprend le combat mené par leurs parents contre un pouvoir totalitaire. Leur indépendance, là, est forcée, et non recherchée.
Challenge 1er jet : Ils sont de retour. En proie aux doutes, mais déterminés.

Grande Prêtresse de la Confrérie de la Tortue, Advienne Que Pourra !

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