Vivre de sa plume

[visible par les non-inscrits] Ici, on peut poser des questions (techniques ou non) sur l'écriture, les outils qui y sont dédiés et plus largement, sur le monde du livre !

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Grenouille_Bleue
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Vivre de sa plume

Message par Grenouille_Bleue » sam. sept. 24, 2011 12:34 pm

Bonjour,

Un petit sujet pour se demander si, à votre avis, quelqu'un peut encore vivre de sa plume aujourd'hui en France - notamment dans les domaines couverts ici (SF/Fantasy...). Je parle ici de vivre vraiment d'une activité d'écrivain et non de travaux annexes comme la traduction, la correction ou la pige.

J'ai l'impression que le marché français est très limité et par conséquent les tirages aussi. Un livre de fantasy française qui vend plus de mille exemplaires, c'est une réussite. Plus de deux mille, c'est un succès. Plus de cinq mille, c'est un best-seller.

Compte tenu des droits d'auteur qu'on peut espérer sur un roman (disons pour être très optimistes 2 euros par bouquin), ça veut dire qu'il faudrait réussir à écrire un best-seller ou trois-quatre bouquins qui marchent bien par an pour envisager de gagner un SMIC.

Est-ce que je me trompe ? Est-ce que la réalité est différente ? Existe-t-il des écrivains en France, dans le domaine de la SF/F, qui vivent de leur plume ? Est-ce que même les auteurs les plus "célèbres", comme Grimbert, Colin, Brussolo & co, parviennent à vivre correctement de leur écriture ?

Mon rêve (comme celui de beaucoup, je suppose) a toujours été de pouvoir un jour abandonner mon métier pour me consacrer à 100% à l'écriture. Est-ce complètement irréaliste ?

Merci de vos réponses :rha:
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Asia M
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Re: Vivre de sa plume

Message par Asia M » sam. sept. 24, 2011 2:03 pm

Salut,

la réponse est sûrement nuancée, et je ne connais pas assez le milieu pour l'apporter... Ce qui me semble sûr, c'est que le marché littéraire français en général ne me semble pas des plus dynamiques, mais qu'il serait dommage de s'arrêter à cet état de fait.

Je veux dire qu'à un moment, ce marché, c'est quand même nous qui le faisons. Que dans tous les cas, le marché bouge et change, aussi on ne peut pas le définir absolument en disant "c'est ça". Peut-être que c'est ça aujourd'hui, mais que ce sera autre chose demain. Même si tu es déjà dans le système, mettons, il est certain que la suite de ta carrière ne ressemblera pas à son début.

Pourquoi le marché change? Déjà, parce que le monde ne veut pas lire la même chose aujourd'hui qu'hier. N'en déplaise aux amateurs de classiques du XIXème, c'est là une réalité globale que leur résistance individuelle aura de la peine à contredire. Je cite Sabrina Jeffries, auteure de nombreux bestsellers, à propos du pourquoi elle doit réviser ses premiers romans que son éditeur veut rééditer:
the world has changed in terms of what readers want in their stories. People want a faster pace, deeper interaction with the characters... a bit less sweeping description of every gown that shows up.
De même, qu'est-ce que je vois hier sur l'un des blogs que je suis: http://letthewordsflow.wordpress.com/20 ... ainstream/ Nous serions arrivés dans l'âge d'or de la fantasy, qui de genre obscur est devenu à la mode? Les lecteurs ne lisent plus la même chose, ni dans la forme, ni dans le fond.

Ensuite il y a l'édition et la distribution qui changent aussi. Vente par Internet, livres électroniques... ce sont les exemples auxquels on pense le plus spontanément. Mais même la commercialisation, le marketing ne sont plus ce qu'ils étaient il y a dix, quinze ans.

Ma conclusion, c'est qu'il n'y a pas de raisons que les contrats qui fixent les droits d'auteur d'une part, et l'accessibilité des oeuvres d'autre part, ne subissent pas de changement dans les années à venir. C'est déjà là, ça s'en vient, ça va continuer. Je pense qu'à un moment, si on veut gagner sa vie, il faut s'en donner les moyens. Que si les règles du jeu sont contre nous, il faut les changer. (Car je ne crois pas à la main invisible du marché, c'est bien nous qui devons le construire et le contrôler.)
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Re: Vivre de sa plume

Message par tigrette » sam. sept. 24, 2011 2:12 pm

Cela me semble difficile, notamment en SF. En fantasy, je ne sais pas trop, je connais mal cet univers.
C'est peut-être plus facile en littérature jeunesse (si ton livre devient un succés (bottero, tara duncan, ect)) ou alors si tu as écrit un polar ultra bien ficelé, ou best seller consensuel à la Levy ou encore un roman primé.
Mais il ne faut pas se décourager, je crois que la condition pour réussir à vivre de ta plume, c'est d'écrire beaucoup de livres (1 par an au moins), dans le tas il y aura p't un best seller !
Et il ne faut pas tout lâcher à coté au cas où.

edité suite au post de Asia M
Dernière modification par tigrette le dim. sept. 25, 2011 12:08 am, modifié 3 fois.

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Re: Vivre de sa plume

Message par Kira » sam. sept. 24, 2011 3:33 pm

Hypothèse : ton livre se vend 20 euros.
Là-dessus, tu touches, mettons, 8%.
Donc, ça te fait 1,6 euros par livre.
Sachant que le SMIC se monte à 1070 euros, cela signifie que tu dois vendre 670 livres par mois (j'arrondis) tous les mois, tous les ans, pour toucher un revenu minimum.
Sachant que les ventes diminuent au bout de la première année, ça veut aussi dire écrire (et trouver un éditeur pour) un livre par an.
Cet article explique qu'il faut vendre au moins 30000 exemplaires pour en tirer un revenu suffisant, chiffre rarement atteint dans les genres de l'imaginaire. Et aussi qu'en France, seuls 40 écrivains vivent uniquement de leur plume.
Celui-ci, outre des chiffres précis, dit que 98% des auteurs publiés ont une activité annexe...
Pour rappel, Pierre Boterro était instituteur. Quant à l'auteur de Tara Ducan, elle est femme au foyer. Et JK Rowling a écrit Harry Potter alors qu'elle était au chômage.

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Re: Vivre de sa plume

Message par Macada » sam. sept. 24, 2011 4:41 pm

J'aime bien ton analyse, Kira (et merci pour les articles).
J'ajouterai que dans tes calculs il faudrait peut-être ajouter le passage en "poche" : on gagne moins par exemplaire mais ça rebooste sacrément les ventes. A mon avis, ça pèse souvent plus que la 1ère édition.

Sinon, j'ai tendance à penser que Pelot, Bordage vivent quasiment que de leur plume. Gudule, c'est sûr, mais c'est grâce à ses livres jeunesse.

Et puis je me demande si les interventions payées du genre conférences, rencontres avec des élèves, voire ateliers d'écriture, doivent ou non être considérées comme faisant partie du métier d'écrivain. En tout cas, il me semble que ça peut mettre pas mal de beurre dans les épinards.

Bref, je dirais, Grenouille Bleue, que si, si, l'espoir est permis. ^^
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Message par Elyna » sam. sept. 24, 2011 4:45 pm

Je pense que c'est une question que tous les écrivains se posent un jour, ne serait-ce que pour rêver.

Merci pour ces deux articles, ces précisions et ces chiffres Kira ! :merci:
C'est vrai que la réédition poche aide pas mal, mais encore faut-il être réédité...

Je ne suis pas sûre que ce soit plus facile en blanche vu le nombre de livre édité chaque année. En revanche, je pense que pour se faire connaître, c'est moins compliqué si tu es édité par une grande maison d'édition puisque leur livre sont en vente partout et qu'ils ont les moyens pour faire de la pub et une large distribution. Et encore, je me demande s'il n'y a pas le risque que tu te trouves noyé sous tous les autres auteurs publiés par cette même maison.

Et je n'avais pas pensé que l'auteur, en plus de vivre de ses recettes de livres vendus touchait un petit quelque chose pour les conférences, les rencontres avec des élèves etc. Ça rajoute toujours un peu.

En tout cas, une chose est sûre, mieux vaut ne pas arrêter les études en se disant que l'on deviendra la prochaine Rowling/le prochain Bottero, mais s'assurer d'avoir quelque chose à côté au cas où.
Mais comme le dit Macada, "l'espoir est permis".

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Re: Vivre de sa plume

Message par Asia M » sam. sept. 24, 2011 5:42 pm

tigrette a écrit :en blanche (polar ultra bien ficelé, ou best seller consensuel à la Levy ou encore roman primé).
Corrige-moi si tu penses que je me trompe, mais la littérature dite "blanche" s'oppose à la littérature dite "de genre", dont font clairement partie, outre la SFFF, le policier, et les romans d'amour auxquels il paraît que Levy s'apparente (je ne l'ai jamais lu, mais je suis curieuse à ce niveau-là justement).

@Macada: Les conférences et ateliers font totalement partie du métier selon moi! Reste à voir combien de sous on peut véritablement se faire avec ça, j'avoue que je n'en ai aucune idée... Mais encore une fois cela a rapport avec la notoriété, et donc avec le chiffre de vente: plus on est connu, plus on se fera inviter à divers événements et payer pour cela!
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Re: Vivre de sa plume

Message par petit_pavé » sam. sept. 24, 2011 6:01 pm

J'étends un peu le débat, mais outre la question de savoir si c'est possible, pensez-vous que ce soit réellement profitable (dans un sens personnel et non pécunier, j'entends)?

Je veux dire, vivre de sa plume est difficile, donc cela suppose un certain stress supplémentaire: obligation d'une certaine "rentabilité" de nos oeuvres, obligation d'une certaine "productivité" (relativement conséquente d'ailleurs). Est-ce que cela ne "gâche" pas un peu le plaisir d'écrire, par moments? Sans compter qu'il me paraît difficile d'avoir une productivité au top en toutes circonstances (et dans ce cas, chaque "panne d'inspiration" doit être un stress total).

Et puis on se lasse de manger des spaghettis tous les jours de sa vie.

En ce qui me concerne, autant je rêve d'être publiée, autant vivre de ma plume n'entre pas tellement dans mes aspirations. J'ai peut-être tout faux, mais j'ai un peu peur de "perdre contact" avec le monde si je me retire totalement d'une vie professionnelle "standard". Tout ingrat qu'il soit parfois, le fait d' "avoir un boulot" stimule quand même la créativité: le fait de sortir de chez soi, d'être actif, de fréquenter d'autres personnes... en ce qui me concerne cela joue un rôle, en tout cas. Même s'il y a des animations d'atelier d'écriture ou d'autres activités annexes, je ne suis pas sûre que cela compense.

Je préfère personnellement que mes activités d'écriture ne soient pas liés à de quelconques impératifs financiers. Par contre, réduire le nombre d'heures consacré à mon "boulot standard" pour en consacrer plus à l'écriture, par exemple en passant à temps partiel si un jour ma situation me le permet, j'avoue ce serait le top... :love:
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Re: Vivre de sa plume

Message par Macada » sam. sept. 24, 2011 7:21 pm

Je t'entends très bien, Petit-Pavé. D'ailleurs la question a été posé par Sycophante dans un autre fil, hier ou avant-hier, et elle est aussi dans un des articles branchés par Kira.

Personnellement, je n'aimerais pas moi non plus ne pouvoir compter que sur l'écriture pour vivre. Du moins plus de 2 ou 3 ans (j'ai l'impression que là je pourrais assumer le stress inhérent à la nécessité de produire et de produire de l'éditable).
Et je suis aussi de ceux qui ont absolument besoin de diversifier leurs activités pour se sentir "complet" et, au niveau de l'écriture, trouver matière à inspiration.

Bref, moi aussi j'aimerais bien être un écrivain pro à condition de ne pas faire que ça et de disposer de solutions financières de rechange au cas où (les économies sur mon premier best-seller ? les revenus de mon conjoint ? la retraite ? un travail à temps partiel ? rien n'est envisageable pour moi pour l'instant mais j'y crois ! ^^)

EDIT : et je plussoie Elyna : c'est du projet à moyen ou long terme que de "s'installer" écrivain ne vivant que par ses écrits. A ne pas faire avant d'avoir quelques dizaines de milliers ventes derrière soi.
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Re: Vivre de sa plume

Message par Grenouille_Bleue » sam. sept. 24, 2011 7:29 pm

C'est vrai qu'en faire son métier rajoute une certaine pression, mais je ne vois pas ça forcément de manière négative.
Après tout, on est tous d'accord pour râler sur notre procrastination. Je pense que des échéances fixes sont assez stimulantes pour la création.

Enfin bon, on verra bien. Merci beaucoup à Kira pour ces deux liens. Je n'avais pas une idée très précise de la situation de l'édition aujourd'hui. Et encore moins en SFFF.
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Re: Vivre de sa plume

Message par petit_pavé » sam. sept. 24, 2011 7:57 pm

Macada a écrit : D'ailleurs la question a été posé par Sycophante dans un autre fil, hier ou avant-hier
Arf, j'ai zappé cela. Je dois dire que la mare est très vivante et que j'ai du mal à suivre tous les fils :oops: Désolée si mon intervention était redondante du coup.
Macada a écrit :EDIT : et je plussoie Elyna : c'est du projet à moyen ou long terme que de "s'installer" écrivain ne vivant que par ses écrits. A ne pas faire avant d'avoir quelques dizaines de milliers ventes derrière soi.
Totalement d'accord ! Cela me semble un bon compromis: si on se rend compte que l'on commence à se faire un nom, que le style plaît, que le lectorat se fidélise, et que l'argent entre plus facilement... à ce moment-là, la chose devient envisageable... et à envisager.

En attendant... there is a long way to go :cruel:
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Re: Vivre de sa plume

Message par Celia » sam. sept. 24, 2011 8:00 pm

Je pense que ça dépend des situations. Je connais (par l'entremise de cousins) une auteure jeunesse SFFF qui bosse, entre autres, pour Gallimard et participe en plus de ses romans à des beaux livres sur les dragons, les fées, les sorcières, etc. Elle gagne, aujourd'hui, relativement bien ça vie avec ses droits d'auteur.
Mais, il y a 15 ans, beaucoup moins. Sauf qu'étant femme au foyer (ou mi-temps je ne sais pas trop) et ayant un mari au salaire relativement correct, le stress de payer la prochaine facture n'était peut-être pas aussi important que d'autres auteurs ne bénéficiant pas de cette situation-là. Ce cas est très particulier d'ailleurs.
Un autre auteur, plus célèbre (mais puis-je donner son nom ?) a donné publiquement, par provoc', le montant de sa déclaration de revenus annuels en tant qu'auteur vivant de sa plume. C'était moins que le Smic (qui est le montant que je déclare personnellement) Quand je vois comment moi je vis avec déjà pas beaucoup, je n'imagine pas ou difficilement vivre avec encore moins (après on peut en discuter mais c'est un autre débat)
Cela n'est pas très rassurant et peut être très stressant.
De plus, effectivement, avoir un boulot à côté, en plus d'assurer un salaire si ce n'est important mais au moins régulier, permet de sortir de sa bulle d'auteur, ce qui ne peut être que bénéfique pour son équilibre de vie et pour l'inspiration. :)

Depuis quelques mois je vis de toute façon avec le moto d'un autre auteur : les droits d'auteur, c'est génial pour faire du shopping (ou payer une facture qu'on n'attendait pas) mais pas pour payer le loyer tous les mois.
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Re: Vivre de sa plume

Message par Kira » sam. sept. 24, 2011 8:22 pm

Macada a écrit :Gudule, c'est sûr, mais c'est grâce à ses livres jeunesse.
J'ai lu une interview de Gudule, dans un magazine jeunesse de mes enfants, dans lequel elle racontait qu'elle sortait 20 livres par an :shock: (dont une moitié de rééditions et il doit bien y avoir un ou deux albums dans le lot, mais quand même).

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Message par NB » sam. sept. 24, 2011 11:40 pm

La base, c'est de gagner peu dans son activité de tout les jours. Comme ça, ça fait moins d'écart de niveau de vie :ugeek:

(ceci est une réflexion à deux balles liée à un message de blog de Laurent Gidon / Don Lorenjy, où il expliquait que son niveau de vie avait sacrément baissé... vu qu'avant il bossait dans la pub pour un salaire de 3 000 euros par mois [je cite de mémoire, mes excuses si je déforme]. Là, moi je me suis dit qu'avec mon salaire de misère, au moins, la barre a atteindre est moins haute pour garder le même niveau de vie).

Bref.

Je reviens juste sur quelques petits points :
Grenouille_Bleue a écrit :J'ai l'impression que le marché français est très limité et par conséquent les tirages aussi. Un livre de fantasy française qui vend plus de mille exemplaires, c'est une réussite. Plus de deux mille, c'est un succès. Plus de cinq mille, c'est un best-seller.
Pour info, un best-seller, c'est toujours plus de 5 000 exemplaires, quel que soit le domaine (c'est à dire que ce n'est pas lié qu'à la fantasy : ça fait relativiser les bandeaux "best-seller" qu'on voit parfois... pas vraiment dans les mêmes notions chiffrées qu'un disque d'or, par exemple !).
Macada a écrit :Et puis je me demande si les interventions payées du genre conférences, rencontres avec des élèves, voire ateliers d'écriture, doivent ou non être considérées comme faisant partie du métier d'écrivain. En tout cas, il me semble que ça peut mettre pas mal de beurre dans les épinards.
C'est clair que, de ce que j'en sais, se sont les interventions qui permettent de faire vivre les auteurs.
Pour ceux qui veulent des infos sur les tarifs, il y a cette page de la charte des auteurs pour la jeunesse qui est bien faite et donne une idée : http://www.la-charte.fr/rencontres/tarifs.html
petit_pavé a écrit :Je veux dire, vivre de sa plume est difficile, donc cela suppose un certain stress supplémentaire: obligation d'une certaine "rentabilité" de nos oeuvres, obligation d'une certaine "productivité" (relativement conséquente d'ailleurs). Est-ce que cela ne "gâche" pas un peu le plaisir d'écrire, par moments? Sans compter qu'il me paraît difficile d'avoir une productivité au top en toutes circonstances (et dans ce cas, chaque "panne d'inspiration" doit être un stress total).
De ma petite expérience, si, ça change un peu les choses. Et oui, parfois, ça stresse. Mais après, on se remet à faire ce qu'on aime (écrire) et donc ça va.
Maintenant, c'est un peu comme le théâtre (par exemple) : il y en a qui en font en amateur, comme un loisir, dans une association, et qui sont très heureux comme ça. Et puis ceux qui veulent passer professionnels, et galèrent quelques années. Ce n'est pas impossible de gagner sa vie avec ça, mais c'est quand même plutôt mieux de savoir où on veut aller, quel but se fixer.

Ecrivez-vous comme un loisir ou comme un travail ?

Perso, je considère l'écriture comme mon "vrai" travail, même s'il ne me fait pas (encore) manger.

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Re: Vivre de sa plume

Message par Sycophante » sam. sept. 24, 2011 11:58 pm

"D'ailleurs la question a été posé par Sycophante dans un autre fil, hier ou avant-hier".

C'était dans "Écrire et se motiver" ;)

Je pense qu'effectivement le travail à mi-temps me semble une bonne alternative si on voit le verre à moitié plein, ou la moins mauvaise des solutions si on considère les choses de manière plus pessimiste... Sans vouloir avoir un discours défaitiste, il faut aussi ne pas perdre de vue que l'on écrit sur le long terme : j'ai lu une fois sur le blog de Paul Beorn un article très juste à ce propos : il disait que la publication d'un livre n'était pas un aboutissement en soi, et qu'il existait un nombre non négligeable d'auteurs qui disparaissaient de la circulation après une première œuvre. Cela signifie qu'avant même de penser à être rentable, il faut aussi se dire qu'il est fort possible que tous nos livres ne soient pas tous accueillis de la même façon (traduction : on peut très bien faire des bides ou être en panne, c'est bien arrivé au prolifique Stephen King...). Tout ça pour dire qu'il n'est pas interdit de rêver, je vous rassure ça m'arrive aussi, mais qu'une carrière artistique est, je trouve, trop incertaine pour pouvoir mettre tous ses œufs dans le même panier. Macada a très bien résumer l'idée en parlant de "dizaine de milliers de bouquins derrière soi"... Sans parler du fait que vous avez quasiment autant de chances de gagner au loto que d'écrire un best-seller (snif).

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