Jardinier ou architecte ?

[visible par les non-inscrits] Ici, on peut poser des questions (techniques ou non) sur l'écriture, les outils qui y sont dédiés et plus largement, sur le monde du livre !

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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Alaëlle » jeu. déc. 14, 2017 4:12 pm

C'est fort intéressant, tout ça... :wow:

Pour ma part, je serais plutôt architecte : au début d'un projet, je fais mon ours des cavernes (faut pas me déranger à ce moment-là ! :psycho: :hihihi: ), j'ai l'impression d'être en mode créatif à fond, c'est là où je pose les bases de toute mon intrigue (à l'aide de toutes ces idées jetées sur des bouts de papiers en amont). Je fais un déroulé de l'histoire écrit à la main, chapitre après chapitre (un syno de travail, quoi). Ça me rassure, j'avance avec des filets de sécurité. Au bout de 3 à 4 jours, j'ai tout mon plan :lect: :stylo: . Et après, je déroule mon histoire, dans l'ordre.

Le truc, c'est que je ne suis pas toujours très bien mon plan :sifflote: . D'autres idées "géniales" peuvent apparaître et chambouler la donne. :hihihi: Je me laisse donc une grosse marge de manoeuvre. Et mon syno de départ devient un vaste gribouillis raturé de partout, mais tant pis, je m'y retrouve, et j'aime même la pseudo liberté que ça me procure.
Donc j'aime être rassurée au départ, puis je m'autorise à jardiner un peu. :mouahaha: C'est fun aussi !
Pour la fin, j'ai souvent une idée, mais j'avoue que ça peut bouger si je trouve une issue plus percutante.
Par contre, j'ai une bonne idée des persos et de l'univers avant de démarrer.
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Iluinar » jeu. déc. 14, 2017 7:14 pm

Je dois dire que je ne comprends pas du tout comment fonctionnent les jardiniers ! C'est un truc qui m'épate !

Moi, même pour une nouvelle, j'ai besoin d'un plan, de savoir où je vais, d'avoir une chute. Si je laisse mes persos n'en faire qu'à leur tête, eh bien, ils ne font rien... Quelque part j'envie ceux qui peuvent se laisser guider ainsi par leur écriture. Moi, ça ne marche jamais tout seul. Il faut vraiment que je me force, sinon ça ne coule pas. D'ailleurs, en ce moment, même en me forçant, ça ne marche plus.

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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Crazy » jeu. déc. 14, 2017 7:42 pm

Iluinar a écrit :
jeu. déc. 14, 2017 7:14 pm
Si je laisse mes persos n'en faire qu'à leur tête, eh bien, ils ne font rien...
Ce n'est pas juste "laisser faire les persos", c'est "créer un élément perturbateur ET laisser faire les persos" ;)
:mouahaha: Grenouille vampire :wamp:, Mith :jedi: et sadique :fouet:
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par pitikoala » jeu. déc. 14, 2017 7:44 pm

Crazy a écrit :
jeu. déc. 14, 2017 7:42 pm
Iluinar a écrit :
jeu. déc. 14, 2017 7:14 pm
Si je laisse mes persos n'en faire qu'à leur tête, eh bien, ils ne font rien...
Ce n'est pas juste "laisser faire les persos", c'est "créer un élément perturbateur ET laisser faire les persos" ;)
Exactement ! Moi par exemple je me dis "bon là il va y avoir une attaque de bandit". Je les mets là, et je laisse faire le reste :mouahaha:
Mais c'est vrai que mes scènes ont une fâcheuse tendance à traîner en longueur du coup
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Melalivres » jeu. déc. 14, 2017 11:33 pm

Je suis jardinière. Quand je me lance, j'ai pris le temps de réfléchir un minimum à mes personnages, j'ai potentiellement une ou deux scènes que je voudrais placer, une idée de la fin à atteindre, mais rien d'assez précis pour me définir comme paysagiste : je sais quelle graine je plante, je suppose qu'elle va me sortir tel fruit ou telle fleur, mais je n'ai aucune idée de la taille ou de la forme de l'arbre qui va en sortir.
De toute façon, mes personnages vont évoluer, mûrir, et je ne peux donc pas deviner à l'avance leurs réactions et où elles vont me mener. Je me laisse guider, j'essaie de rester ferme quand ils risquent de tout faire dérailler (tu te souviens, Axel, la fois où tu as failli gifler Justine ? Oui, bon, je n'avais pas prévu qu'elle serait aussi insolente. Quand je dis que vous n'en faites qu'à votre tête !)

Pour mon texte actuel, par contre, c'est un tout petit peu différent ; ma fin est fixe puisqu'elle est liée à la fin de mon texte précédent. Les caractères de mes protagonistes sont donc fixés à l'avance, et je dois réussir à comprendre ce qui les a menés à cette fin. J'ai donc une ligne directrice liée à leurs caractères, mais une fois de plus, pas de réel plan.
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Mouton » ven. déc. 15, 2017 8:24 am

Pour moi, ce sera la randonnée. :þ
Je prépare mon sac à dos avec le background et les infos sur les personnages, je planifie le parcours avec les grandes étapes, mais surtout le point de départ et le point d'arrivée, mais après... je me laisse porter par le voyage.
Si les personnages me suggèrent de prendre à droite plutôt qu'à gauche, je les écoute.
Si j'ai envie d'explorer la grotte devant laquelle je passe et en apprendre plus sur le background, je le fais.
Si je veux modifier certaines grandes étapes, allons-y !
Je suis totalement libre. Mais je ne pars pas sans mon sac à dos, un plan et ma boussole. :mrgreen:
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Alaëlle » ven. déc. 15, 2017 9:00 am

C'est une belle image, la randonnée, Mouton ! :wow:
C'est drôle, chaque personne fonctionne différemment en fait. Le tout, c'est d'être à l'aise avec sa façon d'écrire, au final. On peut aussi être très "architecte" sur un passage à caler au millimètre près (genre... une scène d'action hyper importante :sifflote: ), et puis laisser flotter les rubans pour d'autres chapitres.
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Amaryan » ven. déc. 15, 2017 1:50 pm

C'est intéressant de lire toutes vos visions condensées ici même si on en a déjà discuté à maintes reprises. :wow:

En ce qui me concerne j'ai tendance à me qualifier pour rire de 'chasseur cueilleur'. Je n'en suis pas encore rendue au stade d'organisation de l'agriculture qu'implique le jardinage. :mouahaha:

En gros, j'écris sans aucune construction et sans avoir d'idée de la direction que prendra le récit. Un peu comme Macada, je suis guidée par des thématiques qui me sont chères, des points que j'ai envie d'aborder ou quelques scènes qui me viennent spontanément, et à partir de ça je glane et ramasse ce qui se présente au fur et à mesure de l'écriture, en me laissant guider par les volontés des personnages. Je prends des notes à ce moment-là selon les points de précision que la rédaction m'inspire mais c'est vraiment l'écriture qui est la base de la construction du récit. Ces derniers temps, j'essaie de donner une forme un peu plus cohérente à ces notes en les datant et les organisant mais le principe reste le même. Liberté totale, pas de syno, et s'il m'arrive d'avoir une idée de la fin, bien souvent elle change en cours de route. ^^

Mon mouton part avec son sac à dos, moi avec mon panier vide en partant du principe que je trouverai graines et fruits sur le chemin. :love:

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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Jo Ann v. » ven. déc. 15, 2017 2:25 pm

Jardinière devant l'Éternel.

J'ai une idée, la situation de départ, et je sais comment je veux terminer. Entre les deux, rien. :sifflote:
Dans la foulée, mes héros se créent / se forment. Je n'ai jamais un héros et après l'histoire (la seule exception dont je m'en souvienne, c'est Léon des Yeux de Léon. C'est parce que je voulais ce héros que j'ai créé cette histoire). Du coup, j'ai des personnages parfaits pour écrire même s'ils ne sont pas parfaits pour l'environnement (quand tu as un héros qui ne se sent pas à sa place, par exemple).
J'écris comme ça vient et je me laisse guider par mes personnages. Ils sont très réels dans mon esprit, donc je sais à quel moment une attitude est forcée. Et comme je n'ai pas de plan, je les laisse me guider sans peur.

Bien sûr, quand on est jardinier, il y a des idées qui viennent en cours de route, qui approfondissent certaines matières, certains propos, qui rendent le tout "mieux", plus cohérent. Alors à la première relecture, ce que j'ai appris au milieu ou à la fin, je l'applique au début, je gomme les différences, je rends le tout plus fluide. À la fin, on a l'impression que j'ai pensé à tout, alors que non. Ça m'a été servi sur un plateau, en quelque sorte ! :mouahaha:
Les premiers jets sont là pour être retravaillés, après tout. :hihihi:
:wow:
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Nana » ven. déc. 15, 2017 9:10 pm

Mouton a écrit :
ven. déc. 15, 2017 8:24 am
Pour moi, ce sera la randonnée. :þ
J'adore cette métaphore, ça décrit exactement comment je fonctionne! Je mets mes fiches dans mon sac, je prends ma carte, et c'est parti pour l'exploration.
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Lady Célia » sam. déc. 16, 2017 4:50 pm

Jardinier ? Architecte ? Moi, je suis au-delà de tout ça, j'ai réussi à transcender la dichotomie, j'ai atteint le... Ouais non, architecte. Ahem.

J'ai beau parfaitement comprendre comment fonctionnent les jardiniers et être capable de le faire moi-même (à moindre mesure), parce que j'ai lancé un challenge en tentant la méthode (et si j'avais eu plus de temps cette année, je l'aurais grave continué ! Grrrr, mort aux journées de 24h, je passe aux journées de 32h !). N'empêche que je peux pas m'empêcher, au final, d'être architecte et à un niveau monstrueux. A tel point que... je prévois ma phase de jardinage dans mon plan de travail.

Alors voilà comment ça fonctionne pour moi.
D'abord j'ai une idée. Sauf que bon, comme j'en ai 40 000 par jour, je me précipite pas du tout dessus. Je la laisse mariner. Et si jamais elle revient encore et encore, qu'elle me reste en tête, qu'elle se développe de plus en plus et qu'elle me plaît de plus en plus, bref, que l'écriture commence à me démanger, bah je m'y mets.
Mais je commence pas en me disant : je veux aller là, je veux que ça ressemble à ça ou quoi. Nan, je commence par... jardiner. En gros, je prends, une feuille, un doc, un truc pour écrire, et je balance l'histoire de A à Z, telle qu'elle me vient et selon la forme qui me vient au moment de la rédaction. En général, c'est un genre de synopsis. Mais des fois, j'ai tellement le projet en tête qu'au milieu du synopsis vous avez des scènes quasiment déjà toutes écrites et tout, avec les dialogues etc. Des fois, c'est même juste des "événementiels", c'est-à-dire une suite d'événements principaux (genre 1. le personnage fait ça, 2. le personnage va là etc).
Pourquoi cette phase de jardinage ? Tout simplement pour débrider l'imagination, faire sortir les idées les plus "inspirantes", celles qui me touchent le plus naturellement... et puis, pour avoir une base de travail.
Ouais, nan, parce que c'est bien beau de vouloir tout prévoir à l'avance, mais ça marche pas comme ça. On prévoit pas à partir de rien. Faut avoir un projet en tête, une idée générale de ce qu'on veut faire, de ce qu'on va raconter. On ne commence jamais une histoire en se disant, bon : j'écris sur tel sujet, il me faut donc un personnage comme-ci et comme ça, qui rencontrera tel obstacle, se remettra en question à tel moment etc. Pour ceux qui, comme moi, étudient beaucoup les techniques de narration etc, il y a deux trois trucs à savoir :
1- Les règles/principes/théories/techniques sont des outils, pas des canons à respecter. Il y a même des tas de règles qui sont contradictoires, incompatibles les unes avec les autres, mais toutes mènent à de bonnes histoires. Donc déjà, il n'y a pas de "schéma type" de la bonne histoire parfaite. A partir de là, impossible de se baser sur un canon pour arriver à ses fins.
2- Si tu crois qu'on a tout inventé en matière de narration, beaucoup à apprendre tu as.

Bref, il est très important, à mon sens, même lorsqu'on est un pur architecte comme moi, de laisser le jardinage faire son office à un moment ou à un autre. Non seulement, ça permet généralement d'avoir une base solide avec laquelle travailler ses plans etc. Mais surtout, c'est le meilleur moyen de transcender un peu ce qu'on connait déjà en termes de narration et de proposer quelque chose de réellement personnel/novateur/fort émotionnellement.

Une fois que ça c'est fait, c'est là que le travail commence pour moi. Pour reprendre la métaphore du voyageur dans l'article, moi, je pars plutôt en campagne militaire pour venir à bout d'un projet :p

1. D'abord, je me demande : et pourquoi donc que je veux envahir ce pays ? Qu'est-ce qu'il a de particulier ? Et en gros, je pitche pour déterminer quel est le coeur du projet, je rédige une note d'intention sur ce qui me plait dans le roman, ce qui m'inspire le plus, ce à quoi je veux que ça ressemble. Bref, quel est l'objectif réel de la campagne ?

2. Ensuite, je me renseigne. Il faut que je connaisse le pays que je vais investir de A à Z, que je sache tout, de ses règles intrinsèques, de sa population, de ses meours, de sa géographie etc, etc, etc. Et à la fin, je me retrouve avec un dossier de recherche quasiment aussi long que le roman lui-même (si ce n'est carrément plus long d'ailleurs).

3. Après, j'établis une stratégie en fonction de tout ça et en me basant sur l'idée que j'avais eu à la base (la phase de jardinage). J'élimine tout ce qui n'appartient finalement pas au projet, je construit une trame qui tient la route etc. Bref, je fais un synopsis.

4. Puis, une fois que la stratégie est bonne, je passe à la mise en place. D'abord dans un schéma général avec un séquencier (un scène à scène). Comment retranscrire concrètement les idées (souvent très vagues) du synopsis. Toujours dans la métophore de la campagne militaire. Vous avez besoin de prendre tel ville pour que la stratégie fonctionne, il faut donc prévoir tant de canons, tant d'hommes, tant de chevaux, de passer par telle porte plutôt que telle autre etc.

5. Une fois que la logistique est prête, on entre dans le détail avec une version dialoguée du projet. Ouais, je fais une version dialoguée de mes romans, je suis fou comme ça. En gros, il y a tout dedans, sauf le style en lui-même. J'ai les dialogues, les actions exactes de chacun des personnages, voire-même leurs réflexions internes lorsqu'il y a lieu. Mais je n'ai pas les descriptions poétiques, les petites phrases sympa, les incises, les paragraphes etc. Faire cette version intermédiaire me permet en fait d'avoir quelque chose d'assez complet pour qu'on puisse le lire, sans toutefois me perdre dans le choix des mots, l'élimination des répétitions ou d'autres choses comme ça. Etrangement, ça se lit très bien. Et ça permet vraiment de régler tous les derniers détails avant la bataille finale : la rédaction du roman.

6. Enfin, la bataille finale, donc. ça y est, plus qu'à y aller, à donner l'ordre de marche. A voir si, finalement, tout va fonctionner comme prévu (ouais parce qu'on a beau être bien préparé, des fois, il y a un rouage de travers qui fout tout en l'air quand même). Il y a des milliers et des milliers de sec à coucher sur le papier, mais bon, bataille après bataille, on finit par arriver au bout. En théorie, comme tout a été super bien millimétré à l'avance, il n'y a plus trop de soucis si ce n'est deux ou trois passages récalcitrants.

7. Ouais, parce que c'est pas tout à fait fini. Même après avoir tout rédigé comme il faut, après, faut voir si tout est bon quand même. Relire, corriger les fautes, éventuellement supprimer un ou deux passages qui n'ont plus lieu d'être... Bref, faut compter les morts ;)

Et voilà, en gros, comment ça fonctionne. Je fais systématiquement relire mes synopsis et mes versions dialoguées. Les séquenciers, c'est rare de trouver des personnes formées pour juger (c'est quand même spécial comme document, faut y être habitué). Et puis, c'est pas le plus dur à refaire non plus à partir de la version dialoguée.
En théorie, le roman n'a pas franchement besoin d'être retravaillé une fois que je l'ai rédigé, puisque j'ai quasiment corrigé tout ce que je pouvais en amont. Faut juste que je fasse gaffe à deux ou trois éléments de style qui peuvent encore être un peu maladroits. Mais en gros, il n'y a plus grand chose à faire.

En fait, si j'applique cette méthode, c'est parce qu'au début, j'étais un bon jardinier. Sauf que petit à petit, je me suis rendu compte que les problèmes étaient trop énormes à régler. Même en corrigeant uniquement les passages qui devaient l'être, ça finissait par créer des incohérence dans le style (le passage écrit à tel moment était trop différent de celui écrit un an plus tard). Et comme je suis un grand flemmard, je fais à chaque fois tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter d'avoir à trop travailler. Donc on règle les problèmes un à un, avec le synopsis, le séquencier, la version dialoguée et après seulement, on s'autorise à rédiger le roman, parce que c'est le plus long et le plus fastidieux le truc le plus chiant à corriger. Donc, le moins de corrections à faire sur ça, le mieux on se porte.

Les avantages :
> Il y a la phase de jardinage au début qui permet d'avoir des trucs qui me plaisent vraiment, d'avoir quelque chose de vraiment personnel.
> Il y a de la création à chaque étape du parcours. Ce qui est très plaisant.
> Il n'y a jamais "trop de travail" à faire d'un seul coup. C'est étrangement assez facile de passer de l'une à l'autre des étapes. Dès qu'on a l'étape précédente, on peut en tirer assez aisément la suivante sans trop d'effort d'un coup.
> En théorie, peu de corrections et des romans qui sont beaucoup plus maîtrisé (du moins par rapport à ceux que je produisais avant).

Les désavantages :
> On "écrit" finalement très peu. Et c'est un manque. En tant qu'auteur, c'est un réflexe de vouloir coucher directement les mots sur le papier tel qu'on voudrait les lire, il faut combattre ça.
> Chaque étape est un combat à part, avec des enjeux particuliers. Aucune n'est réellement simple.
> ça prend plus de temps d'aboutir, parfois, à une résultat pas forcément meilleur.
> Il y a tout de même un risque de faire quelque chose de trop formaté si l'on y prend pas garde.
> Très difficile de trouver des bêtas pour les différentes étapes. Or, à l'exception des deux premières, elles en toutes besoin en théorie.

Voilà, voilà. Vous devriez essayer, juste une fois, pour voir :p Ecrivez un premier jet, quel qu'en soit la forme, et lancez vous dans toutes ces étapes ;) On verra combien de vos scènes originales vous avez conservées. Après tout, je me suis bien lancé dans le jardinage moi ! :p
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par EliG » sam. déc. 16, 2017 6:09 pm

J'étais jardinier pour mon premier roman, mais je suis devenu architecte.

Comme d'autres l'ont mentionné, c'est excitant d'inventer l'histoire au fur et à mesure, mais trop souvent (pour moi) ça crée des culs de sac.

Je fini par devoir déconstruire et reconstruire plusieurs fois et je perd trop de temps.

Maintenant, je fais un plan avant de me lancer (qui en gros) :

1. Es un braintorm de scènes qui se bousculent dans ma tête tous les jours;
2. Classées par chapitres hypothétiques;
3. Entrecoupées de 3 « game changer » clé.

Ça me permet de voir rapidement si mon histoire va dans un mur (pour X raison).

Les personnages et l'histoire change beaucoup en cours d'écriture, mais en suivant le fil, je suis sûr de ne pas m'égarer.

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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Agathe Flore » sam. déc. 16, 2017 6:41 pm

Au début, j'étais jardinière et c'est comme ça que je me suis retrouvée avec un pavé d'1,5 million de secs, coupé en 2 tomes (mes personnages étaient épris d'aventures et des peuples nouveaux se sont révélés à moi en plein milieu du roman) :hihihi:
Maintenant, je m'efforce de savoir où je vais et de préparer un syno chapitre par chapitre avant de commencer à écrire. Le début et la fin restent à peu près pareils, mais je m'autorise des explorations inédites au milieu, en gardant le compteur de secs à l'oeil et en modifiant le syno au fur et à mesure pour rester cohérente.
Autant je suis rapide dans l'écriture proprement dite, autant les synos mûrissent pendant trèèèès longtemps. Je note des idées en vrac dans une première phase, je me laisse inspirer et quand il y en a suffisamment à mon sens, j'organise tout ça en chapitres. Par exemple, j'ai commencé à noter des idées de personnages et de contexte pour un one-shot il y a 2 ou 3 mois et le syno n'est toujours pas sorti. Par contre, pendant l'écriture, je peux me laisser absorber jusqu'à en oublier de manger ou d'aller dormir !
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Beorn » mer. déc. 20, 2017 5:22 pm

Je suis soit l'un, soit l'autre, en fonction de la façon dont me vient le roman.
Mais même quand je suis architecte, je me rends compte, après avoir écrit le point final, que mon roman n'a pas grand chose à voir avec mon plan de départ en général... :mrgreen:

Les avantages selon moi, de préparer un plan, même vague, c'est qu'il est :
1) plus facile de faire des "préparations" c'est à dire d'annoncer à travers des indices ou des thèmes, une scène importante qui tomberait comme un cheveu sur la soupe sans ces préparations.
2) plus facile, aussi, de faire lentement monter une tension quand je prépare un point d'acmé très haut, en commençant tout bas et en allant lentement crescendo.
Il en résulte souvent un texte plus "organique", pour moi, c'est à dire plus "logique", plus "cohérent" dans ses thèmes, ses personnages, son intrigue.

Si je ne connais rien de la suite, je n'arrive pas à faire ça (d'ailleurs quand je suis trop jardinier, je dois faire énormément de corrections après coup pour "injecter" ces préparations dans le texte déjà écrit, ça me demande deux fois plus de travail)

En revanche, quand j'écris, je trouve essentiel de dire ciao à mon plan ou à ma scène préparée quand une meilleure idée arrive. Les bonnes idées viennent souvent en écrivant, pour moi.
Je trouve aussi très important de m'écarter de ce que j'avais prévu si mon instinct me dit que ça ne va pas coller.
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Re: Jardinier ou architecte ?

Message par Nankin » jeu. déc. 21, 2017 11:16 am

Je me reconnais beaucoup dans la première partie de ce que décris Lady Celia sur un début jardinier puis un plan de guerre (même si les miens sont beaucoup plus courts).

Quand une idée commence à s'ancrer dans ma tête, elle génère des scènes et des bouts d'intrigue à la pelle. Inconsciemment ça travaille dur. Pour peu que je ne me concentre pas cinq secondes je me fais happer par l'histoire.
Je note simplement tout ce qui vient : scènes, dialogues, idées, atmosphère. Puis quand le filon s'est tari je mets tout ca en forme dans un synopsis et dans un plan de scènes plus ou moins détaillé. Le fait de devoir combler des trous réenclenche la machine à idées.
Ensuite je passe à la rédaction.

En théorie ça marche comme sur des baguettes à roulettes mais comme j'ai toujours hâte de finir le premier jet, ils sont généralement horribles et c'est ainsi que je mets la palme dans un cercle infini et infernal corrections. :mrgreen:
Sous-fifre de :tetard:

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