La Ligue des auteurs professionnels

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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par Macada » mar. oct. 23, 2018 5:12 pm

Je considère moi aussi cette ligue - à laquelle je viens d'adhérer - comme l'équivalent d'un syndicat, autrement dit un interlocuteur qui sera reconnu comme tel (en tout cas bien plus que moi-même, simple autrice) dans le monde socio-économique du livre.
Quant aux côtés manichéens, je n'ai pas trouvé que les exposés exagéraient en quoi que ce soit une réalité effective et/ou répandue, et ils précisent bien que cette réalité ne touche pas tout le monde, ni dans la problématique ni dans l'intention ni dans la perception (des aspects négatifs ou positifs que cela induit pour les auteurs).

Perso, si j'ai adhéré, c'est parce que je suis en plein dans le sentiment d'injustice de devoir céder mes droits jusqu'à 70 ans après ma mort - y compris des droits qui ne seront jamais exploités -, si je veux que mes bouquins aient une vraie chance d'être vendu à plusieurs milliers d'exemplaires (quasi tous les éditeurs avec un réseau de vente autorisant cela refuseront de négocier à ces niveaux).
Je suis aussi en plein dans la problématique où je ne gagne pas assez de DA pour être affiliée à l'Agessa (il faut 8 900 euros par an, ça fait beaucouuuup de milliers d'exemplaires vendus, vus les DA que l'on touche, surtout en jeunesse) mais que si on me laissait la possibilité de compléter avec des ateliers et des actions autour de l'écriture, je pourrais l'être. Et je n'ai pas non plus la possibilité de prendre un statut d'entrepreneur - celui qu'il faudrait pour les dits ateliers/actions - et de faire déclarer mes DA dans ce cadre, histoire que ces revenus (non négligeables quand même) soient reconnus pour que les cotisations sociales et de retraite que je paie dessus me servent à quelque chose.
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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par Stef- » mar. oct. 23, 2018 8:13 pm

Anaïs a écrit :
mar. oct. 23, 2018 1:23 pm
Mais libre à chacun d'envisager son activité d'écriture comme il l'entend, loisir-et-rien-de-plus ou deuxième activité professionnelle :)
En fait, je ne le dis pas souvent par ici, mais je suis comme beaucoup d'entre vous. Je voudrais que ça marche vraiment, pour mes écrits. Pour moi, c'est bien plus qu'un loisir. J'y mets énormément de temps et d'énergie. Le fait que j'ai un "vrai" salaire en dehors ne doit pas minimiser ou décrédibiliser cela. En tout cas, je ne le considère pas de la sorte.

Or, souvent, il y a une frontière invisible entre ceux "qui en vivent vraiment" (tant bien que mal et comme ils peuvent, on est d'accord), et ceux qui ne le pourraient pas (ou n'osent pas). On pourra dire ce que l'on veut (malgré le bon article récent de Blackwatch, ou ceux de Lionel Davoust ou d'autres auteurs que j'apprécient), mais les premiers, le plus souvent, ne considèrent pas les seconds comme des auteurs. C'est triste, mais c'est ainsi. Perso, j'écris tous les jours dans les transports. Je me considère comme un auteur. Point. Et c'est aussi sérieux que si je restais à la maison pour écrire et en vivre en touchant des DA (si cela était possible).
Arya a écrit :
mar. oct. 23, 2018 3:59 pm
En fait, c'est quelque chose qui me frappe ces derniers temps : à quel point il a de l'incompréhension mutuelle entre les auteurs, les éditeurs et les libraires. En réalité, tous ces acteurs du livre sont très pauvres, très précaires, et il n'y a pas de solutions faciles ou évidentes, d'où les tensions récentes (et tu as raison, le côté réseau social peut donner de la froideur a des discours qui passeraient plus chaleureusement de visu).
Mais oui ! :love: Et j'ai même ressenti aux Imaginales, pour y avoir été deux fois en "simple soldat" c.a.d pas invité par l'organisation, qu'il y avait une réelle différence entre pas mal d'invités dans la bulle du livre et ceux qui essaient d'attirer des visiteurs à leur tente à l'extérieur. C'est vraiment dommage. On fait pourtant tous la même chose quelque part, et on partage la même passion, non ? Aux Aventuriales, je me suis battu pour écouler un stock (forcément, quand on paie ses ex.), mais avec plaisir, car ça me plaît de discuter avec les gens, essayer de les convaincre, quand je constatais que des auteurs invités attendaient tout simplement que ça se passe, car pour eux, tous frais payés, cela ne changeait rien ?
Alors, ce syndicat, il est là pour défendre qui, là dedans ? Moi, je ne dirais pas non être invité à un salon (ou même une conférence sans être payé, disons-le), et m'efforcer de le mériter ?
Jo Ann v. a écrit :
mar. oct. 23, 2018 4:20 pm
Ils luttent pour *toute* la profession. Et toutes les avancées, aussi modestes soient-elles, nous profite(ron)t à tous.
On devrait avoir le droit de choisir si oui ou non on aimerait faire de l'écriture de notre profession alors que dans les faits, c'est « par défaut, tu ne peux pas en faire ta profession ».

Je ne suis pas française, je ne vis pas en France, mais je suis publiée en France. Je dois bien accompagner le mouvement. :croise:
Ah mais je veux bien croiser les palmes aussi, mais là, on est dans l'utopie ! :(

Il y a sans doute un peu d'amertume et de frustration dans mes propos, mais c'est bien la preuve que je suis passionné par cette activité (quand tout le monde ne l'est pas). Et dans les syndicats, il peut y avoir des gens formidables, dévoués, qui ne comptent pas les heures, mais aussi un grand nombre de personnes, malheureusement, qui sont juste là pour tirer la couverture pour elles (je bosse avec des syndicats, justement, depuis des années).

En résumé, tout cela, ça part de bonnes intentions, mais de dire aux auteurs : "vous n'êtes pas assez payés ou considérés", alors payez nous un peu pour qu'on avance, ça a du mal à passer...

C'est sûr que 5 EUR / personne, ce n'est vraiment pas grand chose. Mais si tous les auteurs qui publient des livres, à compte d'éditeur ou en auto-édition donnaient 5 EUR, cela ferait une somme d'argent énorme. Qu'en feraient-ils vraiment ? Cela ne m'a pas paru clair...

Bien à vous !

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Message par Anaïs » mer. oct. 24, 2018 8:16 am

Stef- a écrit :
mar. oct. 23, 2018 8:13 pm
Or, souvent, il y a une frontière invisible entre ceux "qui en vivent vraiment" (tant bien que mal et comme ils peuvent, on est d'accord), et ceux qui ne le pourraient pas (ou n'osent pas). On pourra dire ce que l'on veut (malgré le bon article récent de Blackwatch, ou ceux de Lionel Davoust ou d'autres auteurs que j'apprécient), mais les premiers, le plus souvent, ne considèrent pas les seconds comme des auteurs. C'est triste, mais c'est ainsi. Perso, j'écris tous les jours dans les transports. Je me considère comme un auteur. Point. Et c'est aussi sérieux que si je restais à la maison pour écrire et en vivre en touchant des DA (si cela était possible).
Je comprends mieux ta réaction, merci d'avoir pris le temps d'expliciter tout ça :love:
Je rebondis juste sur ce que tu dis ci-dessus. Personnellement, j'avais aussi cette appréhension, quand j'ai commencé à aller en salon, à côtoyer d'autres auteurs à la salle des dédicaces ou au déjeuner.
Et je me suis rendu compte de plusieurs choses :
- d'une, on ne sait pas vraiment à qui on a affaire en face, sauf quand il s'agit des "têtes d'affiches" ; qui peut dire qui vit de quoi ?
- de deux, beaucoup de ceux qui sont arrivés au point qu'on vise, toi comme moi, sont passés par les mêmes étapes que nous et sont plutôt dans une attitude bienveillante, faite de compréhension, d'encouragement
- de trois, je n'ai pas (ou à la marge) ressenti cette attitude un peu condescendante chez les autres
Par contre, je me suis longtemps considérée comme une amatrice. Syndrome de l'imposteur, tout ça. Et je crois que c'est ça qu'on doit combattre, quand on est au stade où on jongle entre plusieurs vies, tout en étant encore un ou une auteur(e) débutant(e) (par là, j'entends avec peu de publications à notre actif) (je table sur l'hypothèse qu'au bout de dix romans publiés, je n'aurai plus l'impression de débuter ^^ ).
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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par Crazy » mer. oct. 24, 2018 8:49 am

Juste pour dire : à chaque fois que le vois le nom/le titre du post, je me dis "ils auraient mieux fait de s'appeler La ligue des auteurs extraordinaires" :rougit:
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Message par Têtard potté » mer. oct. 24, 2018 9:05 am

Crazy a écrit :
mer. oct. 24, 2018 8:49 am
Juste pour dire : à chaque fois que le vois le nom/le titre du post, je me dis "ils auraient mieux fait de s'appeler La ligue des auteurs extraordinaires" :rougit:
Mais tellement ! :wow:
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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par Macada » mer. oct. 24, 2018 9:10 am

Ce que tu décris, Stef, c'est un milieu professionnel, avec ses dents longues, ses moutons noirs, ceux qui pensent que la hauteur s'acquiert en marchant sur les autres, ceux qui se croient petits,... Cependant j'ai la même perception qu'Anaïs, ce milieu pro (du moins en littérature de l'Imaginaire) me paraît bien moins agressif, plus compréhensif que bien des milieux pro où les gens sont constamment en concurrence. Ceci certainement pour les raisons invoquées par Anaïs.
Et malgré ses raisons, j'ai envie de dire aussi. Car l'immense majorité des auteurs aux Aventuriales par exemple (115 ou plus sur les 120 ?) ne vivent absolument pas de leur plume : ils ont un travail à côté, le chômage, le RSA, un conjoint, des parents-mécènes... Une telle précarité pourrait engendrer une sacré empoignade pour les quelques os (lecteurs) qu'ils doivent se partager. Mais non, c'est plutôt bon enfant... et même ! les auteurs les plus mal considérés socialement - les auto-édités notamment, mais aussi les auteurs de romance, de jeunesse, numériques, par exemple - me paraissent être en voie d'intégration (reconnu comme auteurs de qualité) relativement à il y a quelques années.
Cette tendance est confirmée selon moi par cette ligue qui les acceptent, et par une partie du milieu (de l'Imaginaire toujours) qui y voient même de possibles modèles à suivre ou à défendre.

Certes, c'est très loin d'un milieu idéal (est-ce possible quand il s'agit d'humains ?) mais je trouve que les choses avancent à grands pas en ce moment.

Go, go, go, dans tes projets, Stef ! Tu as la chance d'avoir des compétences annexes au boulot d'auteur (la vente, par exemple) : fonce ! :pompom:
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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par Arya » mer. oct. 24, 2018 9:49 am

Merci d'avoir pris le temps d'exprimer ton avis, Stef. C'est important qu'on puisse échanger sur nos ressentis.
Or, souvent, il y a une frontière invisible entre ceux "qui en vivent vraiment" (tant bien que mal et comme ils peuvent, on est d'accord), et ceux qui ne le pourraient pas (ou n'osent pas). On pourra dire ce que l'on veut (malgré le bon article récent de Blackwatch, ou ceux de Lionel Davoust ou d'autres auteurs que j'apprécient), mais les premiers, le plus souvent, ne considèrent pas les seconds comme des auteurs. C'est triste, mais c'est ainsi. Perso, j'écris tous les jours dans les transports. Je me considère comme un auteur. Point. Et c'est aussi sérieux que si je restais à la maison pour écrire et en vivre en touchant des DA (si cela était possible).
Tu as parfaitement raison ! Etre auteur, c'est écrire un texte et peu importe la réception derrière, que ce soit un best seller ou pas. C'est important de valoriser son travail, de repousser le syndrome de l'imposteur. Comment pourrait-on être un imposteur dès lors qu'on écrit avec ses tripes ?
Par contre, comme le disent Anaïs et Macada, en réalité, personne ne vit de l'écriture. Personne. Les quelques auteurs qui vivent de DA (et ils sont fort peu nombreux) ont des revenus connexes comme des ateliers d'écriture ou le scénar de BD, etc etc. Prenons des auteurs comme Manon Fargetton (Bragelonne, Rageot, Gallimard...) ou Steffan Platteau, ils ont un travail à côté. Ils n'écrivent pas à plein temps. Ils se battent pour trouver des créneaux dans leur planning pour écrire ou se déplacer en salon. Perso, ça fait un mois que j'arrête pas : la semaine je suis à l'hosto, le week-end je suis en salon, le soir j'écris. Beaucoup font comme ça.

Par ailleurs, comme Anaïs et Macada, je n'ai pas l'impression qu'il y ait de condescendance dans le milieu de l'imaginaire, c'est même un milieu assez sain où il y a de l'entraide. On le voit bien ici. Notre système de Cocy est assez exceptionnel !
Et j'ai même ressenti aux Imaginales, pour y avoir été deux fois en "simple soldat" c.a.d pas invité par l'organisation, qu'il y avait une réelle différence entre pas mal d'invités dans la bulle du livre et ceux qui essaient d'attirer des visiteurs à leur tente à l'extérieur. C'est vraiment dommage. On fait pourtant tous la même chose quelque part, et on partage la même passion, non ? Aux Aventuriales, je me suis battu pour écouler un stock (forcément, quand on paie ses ex.), mais avec plaisir, car ça me plaît de discuter avec les gens, essayer de les convaincre, quand je constatais que des auteurs invités attendaient tout simplement que ça se passe, car pour eux, tous frais payés, cela ne changeait rien ?
Les auteurs invités que tu observes plutôt passifs ne sont pas indifférents à ce qui se passe. Je ne veux pas généraliser bien sûr, mais je le pense sincèrement. Ce n'est pas parce que tu es invité tout frais payés que tu ne ressens pas de pression. Les invendus seront pilonnés (parce que ça coute plus cher de les re-stocker) quand tu quittes un salon en sachant que les exemplaires qui restent vont partir à la poubelle, ça fait mal au coeur. Et au-delà de ça, si par malheur tu fais un four, tu te ronges les ongles : est-ce que mon prochain bouquin sera édité ? est-ce que le salon me réinvitera ? etc, etc. On est en permanence en équilibre. Cela dit, pour tempérer cela, je crois qu'il faut essayer de se débarrasser de ça mais c'est humain, on est toujours dans la course en avant et on ne profite pas suffisamment du présent (Arya la philosophe ^^)
Alors, ce syndicat, il est là pour défendre qui, là dedans ? Moi, je ne dirais pas non être invité à un salon (ou même une conférence sans être payé, disons-le), et m'efforcer de le mériter ?
Mais c'est très important de revendiquer le droit à être payé. C'est grâce à nos augustes prédécesseurs de la Charte qu'aujourd'hui un auteur jeunesse, quand il est invité à parler au collège ou au lycée, peut tranquillement affirmer "mon tarif, c'est 419 euros" et que cela soit accepté ! Sans le combat des chartistes, on se ferait plumer. Pour les salons, on assiste à la même métamorphose : quand un salon obtient des subventions du CNL, il doit payer les conférenciers selon la grille établie. Faisons-en une règle puuisque c'est ce qui est prévu.

Mais au-delà de ça, la Ligue, c'est surtout les questions sociales et fiscales (retraite, congés mater, maladie, CSG non compensée, prélèvement à la source etc). C'est exprimé clairement dans les statuts :
L’association a notamment pour but de :

Défendre le droit d’auteur en France et à l’étranger,
Représenter et défendre les auteurs professionnels auprès des pouvoirs publics, des autres organisations d’auteurs, des organisations d’éditeurs, de libraires, ainsi qu’auprès de l’ensemble de la société,
Défendre la professionnalisation des auteurs,
Aider à la professionnalisation des auteurs,
Améliorer les conditions de vie des auteurs,
Nourrir la réflexion autour du statut légal, social, fiscal, économique des auteurs, de le défendre et de proposer des réformes de ce statut favorables à la fois aux auteurs professionnels et à la professionnalisation des autres auteurs,
Informer les auteurs et les étudiants, les médias, les élus et les pouvoirs publics ainsi que l’ensemble de la société de tout ce qui concerne les auteurs professionnels et la professionnalisation des auteurs.

ed. Pocket : Le roi des fauves / Les loups chantants / La mort du temps
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ed. Gulfstream : Blé noir
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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par Stef- » mer. oct. 24, 2018 11:31 am

Merci pour les encouragements, Macada ! :love:
Macada a écrit :
mer. oct. 24, 2018 9:10 am
Ce que tu décris, Stef, c'est un milieu professionnel, avec ses dents longues, ses moutons noirs, ceux qui pensent que la hauteur s'acquiert en marchant sur les autres, ceux qui se croient petits,... Cependant j'ai la même perception qu'Anaïs, ce milieu pro (du moins en littérature de l'Imaginaire) me paraît bien moins agressif, plus compréhensif que bien des milieux pro où les gens sont constamment en concurrence.
Hum... Pour le peu que j'en voie, franchement, non. Pourtant il me plaît à moi aussi, ce milieu, et il ressemble fortement à mon activité pro (même si les produits en bout de ligne sont forts différents). C'est comme partout, il faut jouer des coudes pour se faire sa place, et quand on rentre par la petite porte, on est regardé bizaremment (je faisais un peu l'animation aux Aventuriales :oops: , moi aussi j'adore ce salon).

Cela dit, je n'ai aucun souci avec ça, bien au contraire. D'ailleurs, je ne pense pas qu'aux jeunes auteurs (jeunes dans l'activité), mais aussi aux ME ou libraires qui galèrent, et sont passionnés.

Je suis retourné voir plus en détail le site de la ligue des auteurs pro. L'organigramme est impressionnant. D'un côté, on se dit que c'est bien, que cela va dans le bon sens. Mais de l'autre, plein de ME (à part les gros regroupements qui se comptent sur les doigts d'une main) ne peuvent se vanter d'avoir une telle armée !
Et si tous ces gens fondaient plutôt une ME ouverte aux jeunes auteurs, à la littérature jeunesse, aux littératures de l'imaginaire ? Ou un distributeur avec des conditions qui puissent être remplies par de petites ou moyennes ME ? Est-ce que cela n'aurait-il pas au final plus d'impact sur le marché ? :please:
Arya a écrit :
mer. oct. 24, 2018 9:49 am
Merci d'avoir pris le temps d'exprimer ton avis, Stef. C'est important qu'on puisse échanger sur nos ressentis.
C'est vrai, je le fais rarement, et merci à vous tous de participer à ce débat intéressant !
Arya a écrit :
mer. oct. 24, 2018 9:49 am
Par ailleurs, comme Anaïs et Macada, je n'ai pas l'impression qu'il y ait de condescendance dans le milieu de l'imaginaire, c'est même un milieu assez sain où il y a de l'entraide. On le voit bien ici. Notre système de Cocy est assez exceptionnel !
Cocy, cela reste à part.

Si, il y a (un peu) de condescendance. En tout cas pour ceux qui rentrent par la petite porte, comme évoqué plus haut. Sans être envieux (un tout petit peu quand même !), tu as la chance d'avoir démarré sur des romans avec des éditeurs reconnus et des prix, mais un auteur avec un micro-éditeur ou un auteur auto-édité (car il y en a sur les salons), pour eux, ils subissent un regard très différent. Je ne parle pas du regard du public (en effet plutôt bienveillant), mais plus de celui des pairs/confrères. Et je le sais pour en avoir discuté à de rares occasions en off. Même de petits éditeurs le ressentent. En général, les gens ne veulent pas trop/n'osent pas en parler. Aux Imas, il y a clairement une organisation à deux vitesses (pour prendre un exemple). C'est bien normal, c'est un festival, avant d'être un salon du livre.

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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par Agathe Flore » mer. oct. 24, 2018 11:47 am

Merci pour toutes ces réflexions qui m'aident à élargir mon point de vue. :)
Tout le monde peut ressentir un jour le syndrome de l'imposteur face aux autres auteurs, à part la poignée de stars qui n'ont plus rien à prouver à personne. Lire que certains d'entre vous le vivent parfois face à des écrivains qui se consacrent entièrement à l'écriture m'a étonnée. Dans l'autre sens, je complexe souvent face aux "warriors" de l'agenda qui assurent dans un job, avec une famille et qui arrivent à produire des romans publiables.
Au début, c'était un choix assumé : prendre une période sabbatique pour écrire pendant une longue convalescence puis cumuler avec un boulot classique après. J'étais très bien accueillie partout, mais aujourd'hui, ce n'est plus pareil. Je ressens cette fameuse condescendance, justement à cause de la difficulté de se réintégrer au marché de l'emploi après une maladie. Les employeurs craignent a tort que je retombe malade, il y a tellement de candidats qu'ils préfèrent choisir celui qui a un cv sans tâche. Il reste heureusement des gens ouverts et charmants dans le monde du livre, mais j'ai le sentiment d'être mal jugée par de plus en plus d'autres personnes à cause du chômage, comme si j'étais devenue socialement inférieure .
J'ai lu une bonne partie du dossier de cette ligue et il m'a paru qu'une des plaintes principales est que le statut hybride des auteurs français ne leur donne pas droit au chômage. En Belgique, tous les artistes (auteurs, intermittents du spectacle, tous) sont assimilés à des chômeurs, avec des formulaires spéciaux à remplir quand ils touchent des revenus. Jusqu'à environ 4000 euros par an, c'est cumulable avec un chômage complet, au delà, les allocations sont diminuées en fonction. On reste un chômeur sur papier tant quon n'en vit pas. Cela peut sembler bien pour la sécurité financière, mais les effets pervers sont nombreux : stigmatisation due au statut peu reluisant, contraintes inadaptées à la vie d'auteur et appliquées par des fonctionnaires hostiles aux artistes, qui les traitent comme des demandeurs d'emploi ordinaires, quand leur mauvaise foi ou leur ignorance des particularités de statut pour les artistes ne conduit pas à des sanctions arbitraires...
Relier le statut des auteurs au chômage n'est peut-être pas une bonne idée ! Si certains parmi vous veulent s' impliquer dans cette ligue et sont interpellés par la question, je veux bien donner plus d'infos en mp.
Perso, je viens d'entamer les démarches pour m'affilier à la société belges des auteurs, la scam, pour toucher mes droits secondaires et le cas échéant, obtenir de l'aide juridique. Malgré l'ouverture annoncée, cette ligue me paraît très franco-française. J'avais écrit à Samantha Bailly il y a quelques mois en lien avec tout ça et elle ne m'a jamais répondu...
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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par Arya » mer. oct. 24, 2018 2:01 pm

Ah oui, en effet, tu as raison, c'est ciblé sur le système français. J'espère que la Scam pourra t'apporter du soutien. De façon générale, je pense que c'est bien de rejoindre des associations d'auteurs.
tu as la chance d'avoir démarré sur des romans avec des éditeurs reconnus et des prix, mais un auteur avec un micro-éditeur ou un auteur auto-édité (car il y en a sur les salons), pour eux, ils subissent un regard très différent. Je ne parle pas du regard du public (en effet plutôt bienveillant), mais plus de celui des pairs/confrères.
J'ai commencé en micro-édition moi aussi. Déjà, j'ai publié beaucoup de nouvelles éparpillées sur des supports multiples, puis mon premier roman chez Sortilèges, édité à 300 exemplaires. La maison a fait faillite deux mois après la sortie de mon roman. L'année d'après, j'ai publié un recueil de nouvelles chez Présences d'esprit. Tirage : 100 exemplaires. J'ai fait mes premières Imaginales en tant qu'auteur sur le stand de Présence d'esprit. J'y ai dédicacé 9 exemplaires sur 4 jours. En plus, j'allais très mal à cette époque. Je pleurais dans les bras d'Isa S et de Siècle. Ce fut un festival assez mémorable lol...
Pour le Roi des fauves, je voulais un éditeur avec diffuseur. C'était ma priorité. J'ai mis 15 mois à le trouver. A plusieurs reprises, j'ai cru que je n'y arriverais jamais. J'étais désespérée. Et puis un jour, ça s'est débloqué, j'ai signé en même temps chez Magnard et chez Scrineo. Aujourd'hui le Roi des fauves fait son quatrième tirage, il est réédité chez Pocket, il a été sélectionné à 7 prix dont le GPI... et je pense à tous les éditeurs qui l'ont refusé et je ricane :mrgreen:
Tout ça pour te dire que les choses peuvent aller très vite. Un jour t'es au fond du trou, le lendemain, tu signes avec une grosse boite et tout s'enchaine.
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Message par Anaïs » mer. oct. 24, 2018 2:29 pm

@agathe : je comprends mieux tes difficultés :love: J'espère que ta demande à la Scam sera acceptée. Tu nous tiens au courant :croise:

@arya : parfois j'ai envie de faire des câlins aux grenouilles, on a tous de tels parcours du combattant... Heureusement qu'on a la Mare.

Et pour revenir au sujet de ce fil, on a aussi cette chance de vivre une période encourageante, avec les actions en cours, menées par toutes ces associations et ces gens qui mouillent la chemise pour tout le monde. Je ne sais pas si ça aboutira mais comme disait un de mes collègues (syndiqué !) : 100 % des gagnants au loto ont acheté un billet. Autrement dit, peut être qu'on n'obtiendra rien en faisant entendre nos revendications, mais c'est sûr qu'on n'aura rien du tout si on ne l'ouvre pas...
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Message par Jo Ann v. » mer. oct. 24, 2018 2:53 pm

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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par Stef- » mer. oct. 24, 2018 3:01 pm

Arya a écrit :
mer. oct. 24, 2018 2:01 pm
Tout ça pour te dire que les choses peuvent aller très vite. Un jour t'es au fond du trou, le lendemain, tu signes avec une grosse boite et tout s'enchaine.
Il ne faut rien lâcher :pompom:
Je connaissais l'histoire pour le Roi des fauves :love: J'espère bientôt connaître une meilleure situation (c'est sûr que l'actualité de NL ne m'a pas aidé à positiver...), et pouvoir te dire, qu'est-ce que j'étais c** :croise:

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Edel-Weiss
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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par Edel-Weiss » mer. oct. 24, 2018 3:19 pm

Ton parcours est très inspirant, Arya :love: Il ne faut pas se laisser décourager :yata: Courage Stef, Agathe et les autres !
(j'ai pas grand chose à dire sur le sujet, mais j'avais quand même envie de partager mon ressenti ^^ )
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Re: La Ligue des auteurs professionnels

Message par LaPlume » mer. oct. 24, 2018 5:24 pm

Intéressant cette "nouvelle" structure. Je suis, comme les autres, curieux de voir le cap qu'ils auront en tête et de quelle manière ça pourrait s'inscrire d'une part dans les relations globales "Auteurs-Editeurs-Etat" et d'autre part où pourrait conduire ces mouvements de la nouvelle "revalorisation" de l'Auteur dans la chaîne du livre.

J'espère surtout que la Ligue ne partira pas sur un constat, potentiellement simpliste, de "Auteurs pauvres VS méchants Éditeurs riches"; Non pas qu'ils n'existent pas de dérives sur ce sujet (je suppose), mais s'y consacrer ferait surtout les affaires de quelques-uns (par exemple les "pros" qui aujourd'hui en vivent et pour lesquels plus de DA/exposition/ventes aurait un impact direct sur leur niveau de vie, qui n'est en effet pas forcément mirobolant) versus une plus grande multitude (les "no-pros"/"semi-pros" qui aspireraient à passer "pros" à 100% de leur temps. J'imagine que sur la mare on serait un certain nombre à se reconnaître là-dedans ;) ).

Bref de quoi dire et échanger... et maintenant de quoi lire ! :viva:

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