Faire parler les enfants

[visible par les non-inscrits] Ici, on peut poser des questions (techniques ou non) sur l'écriture, les outils qui y sont dédiés et plus largement, sur le monde du livre !

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Celia
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Faire parler les enfants

Message par Celia » jeu. mai 28, 2009 8:01 am

Je me permets d'ouvrir un fil spécifique sur ce sujet, suite à une discussion intéressante lors d'une bêta.
Ecrire des dialogues n'est pas facile. Si le personnage est quelqu'un que nous connaissons vraiment bien, d'un milieu auquel nous sommes familier, de notre âge, etc., cela ne pose a priori pas vraiment de problème. En règle générale même, notre vie sociale, notre travail (d'autant plus si nous travaillons dans un service en contact avec le public) nous permettent de rencontrer un nombre invraisemblable de personnes et de nous familiariser avec leurs façons de parler.
Mais il existe une catégorie de personnes qu'il est beaucoup plus compliquée de rendre, et de rendre par le dialogue : les enfants.
Je sais que beaucoup d'entre vous ont des enfants, ce qui leur permet d'avoir des sujets d'observation proche (ou est-ce une illusion de croire que cela facilite la tache ?)
Personnellement je n'ai pas d'enfant, et il n'y en a pas dans mon entourage proche, à part des tous petits de 13 mois tout au plus. J'ai travaillé avec des collégiens pendant plusieurs années, mais la tranche d'âge des 3-12 ans reste pour moi un grand trou noir.
Cela fait que mes dialogues d'enfants peuvent paraître, à mon insu d'ailleurs, forcés et artificiels.

Avez-vous déjà été dans le même cas ?
Avez-vous des solutions ?

J'avoue avoir des a priori par rapport aux films mettant des enfants en scène, parce que là, moi, je vois que la plupart du temps les dialogues sont forcés. Et regarder des émissions sur les enfants me paraît tout aussi artificiel car j'ai déjà remarqué que, pendant les reportages, les journalistes allaient plus facilement vers des garderie ou des écoles de milieux plutôt aisés plutôt que vers des groupes populaires. Et puis les enfants qui aiment parler devant une caméra ne représentent pas les enfants dans leur majorité (ils ont de la "tchatche", souvent un vocabulaire déjà assez soutenu, etc.)

Donc voilà, je cherche des outils de compréhension, et je ne sais pas où les trouver.
Qu'en pensez-vous ? :)
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Message par Garulfo » jeu. mai 28, 2009 8:40 am

C'est vrai que c'est plus facile d'écrire sur des enfants quand on en a ou qu'on en côtoie souvent : avant, j'avais une vague idée de comment pouvait parler un enfant de quatre ans et de ce qu'il était capable de comprendre, maintenant, je le vis tous les jours.

Mais chaque enfant est différent et son parcours, comme son éducation influence fortement sa maturité et son caractère. Un enfant qui vit des choses extrêmement difficile au niveau familial ou qui doit très tôt se débrouiller seul n'aura évidemment pas le même comportement qu'un enfant qui est trop couvé par des parents centrés sur lui, de même qu'un aîné est différent d'un cadet de sept enfants. Des enfants surstimulés ou au contraire sous-stimulés ne réagiront pas pareil, et si dans leur famille on favorise le dialogue ou qu'au contraire les coups remplacent les mots, forcément, ils parleront et se comporteront différemment. Mais ça, c'est pareil que les adultes.

Ce qu'il y a avec des personnages enfantins c'est que tu les lies souvent à des adultes autour d'eux : donc, pour moi, tu dois aussi tenir compte de qui sont ces adultes et comment ils se comportent avec les enfants. Si les enfants sont dans un système de répression, d'apprentissage, d'amour exclusif, d'épanouissement libre, etc.

Des bouquins sur l'enfance, tu en trouves des milliers (à la bibliothèque, ce n'est pas cher) qui décrivent les étapes franchies à chaque âge et ce qu'ils sont capables de faire (en tenant compte que chaque enfant est différent). Tu as pas mal de documentaires qui pourraient t'intéresser, selon le thème que tu veux aborder et tu peux en retrouver sur le site d'ARTE en téléchargement gratuit ou louer les DVD à la médiathèque.

Quelle est la tranche d'âge des enfants dans ton roman ?
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Message par blackwatch » jeu. mai 28, 2009 8:52 am

Avez-vous déjà été dans le même cas ?
J'y suis. J'ai un gosse de sept ans à faire parler. Pour l'instant, ça va, il n'est pas encore trop impliqué mais je redoute quand même pour la suite. Outre le problème du discours historique, je redoute effectivement le problème du dialogue artificiel.
Avez-vous des solutions ?
Comme le dit Garulfo, il y a l'environnement familial qui va jouer. Perso, je vais beaucoup me baser là-dessus, n'ayant pas de sujet d'expérimentation dans mon entourage!

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Message par Roanne » jeu. mai 28, 2009 9:01 am

Garulfo a raison, ce n'est pas simple car il faut vraiment ressentir ce qu'est l'enfant pour pouvoir le faire parler. Quand je vois la différence dans la façon de communiquer de mes neveux au même âge, c'est énorme ! (ils n'ont que 15 mois d'écart donc je peux facilement comparer)
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Message par Beorn » jeu. mai 28, 2009 9:04 am

Désolé de dire une évidence et tu y as sûrement déjà pensé mais... le mieux serait encore de voir des enfants et de leur parler.

Sinon, tu peux aussi essayer de te faire appel à tes propres souvenirs, des souvenirs marquants, assez précis, qui te donneront une première idée sur ce que c'est qu'un enfant.

J'ai un enfant de 5 ans, donc dans ta tranche d'âge (dernière section de maternelle), et je connais ses copains, donc j'ai un bon échantillon.

Quelques petits trucs de base en vrac et vite fait, pas spécialement sur les dialogues mais sur l'état d'esprit d'un enfant :

-Un enfant, c'est petit : ça voit ce qui est en bas (c'est tout bête, mais c'est vrai)

-Un univers d'enfant, c'est autre chose que celui d'un adulte : certaines choses qu'on trouve tout à fait banales vont le fasciner, et réciproquement (en entrant dans une pièce, un adulte remarquera la valeur des meubles, l'état de propreté, le goût du propriétaire ; un enfant remarquera les objets colorés, les motifs du tapis, un détail comme un porte-clef rigolo posé sur la table).
Si une belle Jaguar passe dans la rue, moi je me retourne. Pour mon fils, c'est juste une voiture comme les autres.

-Un enfant a une notion du temps différente : tout lui paraît plus long, ce qui peut expliquer qu'il change d'humeur plus vite qu'un adulte dans une période de temps que nous, nous trouvons courte.

-Un enfant est plus sensible qu'un adulte au manque de sommeil ou de nourriture : une mauvaise nuit et il sera ronchon le soir, une hypoglycémie et il sera complètement abattu

-Un enfant a un besoin dévorant d'être écouté, reconnu, félicité (certains adultes aussi mais bon...) : il fait un dessin, il faut qu'il aille le montrer tout de suite.


Sur les dialogues, ou plutôt sur leur façon de s'exprimer, quelques pistes :

les petits ont souvent des défauts de prononciation ou de langage, à cinq ans, ils sont rares mais il en reste. En général, ces défauts sont récurrents et ils sont différents d'un enfant à l'autre. Le zozotement, par exemple, ne concerne pas tous les enfants (et à cinq ans, en général, il a pratiquement disparu)

Le mien dit "fassent" pour "font".
Il dit "pestacle" pour "spectacle" (c'est un classique).
Beaucoup d'enfants de cet âge adorent répéter les choses qui leur plaisent : quand ils trouvent une idée, tous leurs propos peuvent être centrés dessus pendant cinq minutes, rien que pour le plaisir de l'idée (ce qui peut être fatiguant pour les adultes).
Il fait très bien la différence entre ses interlocuteurs. Entre le langage avec ses copains (les gros mots, la scatologie, les cris) et le langage avec la maîtresse ou ses parents (pas de gros mots, ton plus posé...), il y a un monde.
Il reste très auto-centré, il lui est difficile d'imaginer que le monde existe et tourne quand il n'est pas là. Par exemple, il lui est difficile d'admettre que ce qu'il dit à quelqu'un a pu être entendu par quelqu'un d'autre à côté de lui : il peut très bien le répéter à chaque personne présente si on ne l'arrête pas.

Sinon, est-ce que tu as des questions précises ? Sur un sujet en particulier, une conversation ?
Dernière modification par Beorn le jeu. mai 28, 2009 9:31 am, modifié 1 fois.
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Message par Mélanie » jeu. mai 28, 2009 9:24 am

Bravo pour la leçon ! Ca me donnerait presque envie de mettre un gamin dans mon intrigue.

Après pour les enfants plus âgés, j'ai envie d'ajouter que ça dépend énormément de l'environnement et de l'époque. Des collégiens ne parlent déjà plus comme je parlais à l'époque, et je ne parlais certainement pas comme parlaient mes parents...
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Message par Boite en carton » jeu. mai 28, 2009 9:37 am

Je soumets dans ce fil la réflexion que j'ai faite à Célia pour sa bêta :
Juste une piste de réflexion pour la toute première remarque que tu as faite concernant les dialogues d'enfants.
Dans mon oreilles tes enfants ont un discours artificiel, ils parlent différemment des adultes. Mais le langage des enfants n'est pas tellement différent des adultes. Ils font des erreurs, des approximations mais ils ont le même langage que ceux dont ils apprennent, y compris tous les tics de langages, ils sont un miroir effrayant de notre façon de parler.
Donc pour moi toute tentative de faire un langage enfant simplifié sonnera artificiel.
Les remarques de Beorn sont très pertinentes.
C'est peut-être que le contenu des dialogues des enfants est différents de celui des adultes, plus peut-être que la forme ?


Ma fille n'a que 3 ans, mais comme c'est une incroyable bavarde on nous dit souvent qu'elle a un langage très élaboré pour son êge.
Mais élaboré pour 3 ans ce n'est pas la même chose que le langage d'un enfant de 5 ans, 7 ans...

Ses principales erreurs (outre les classiques dyslexies comme "pestacle" qu'elle dit aussi) sont dans les conjugaisons. le 'ai' de la première personne du passé simple devient souvent un 'a' (ex: "j'appela"), il y a aussi des "des animals", le mauvais emploi du conditionnel dans les relatives. En ce moment elle fait des tentatives de subjonctif assez marrantes.

Par contre son vocabulaire est assez riche et ses réflexions parfois profondes.

L'autre jour, elle a fait une bêtise et m'a demandé de ne pas le dire à sa maman de peur de se faire gronder. "c'est notre secret"
On promet tous les deux, mais lorsque sa maman a soupçonné le truc et lui a demandé, elle a avoué la faute sans hésiter.
J'étais surpris, je lui demande : "je croyais que c'était secret ? (elle garde bien les secrets en général, elle adore le sentiment d'importance qu'il y a à savoir quelque chose)
Sa réponse a été : "Papa, un secret, ce n'est pas un mensonge"

Elle a aussi de grandes réflexions sur la liberté, l'amour, l'amitié etc...

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Guillaume
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Message par Guillaume » jeu. mai 28, 2009 9:37 am

Plein de bonnes idées dans le post de Beorn! Des choses logiques, mais auxquelles je ne pensais pas (plus? :D).
Mais comme le disait Melanie, le comportement des enfants varie suivant les époques. Dans un cadre plus moyenâgeux, j'aurai tendance à leur attribuer un comportement presque adulte plus rapidement : un mélange de réflexion sérieuse, teinté d'un peu de naïveté. Le monde étant plus dur, j'imagine qu'ils devenaient terre à terre plus rapidement.
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Message par ogechter » jeu. mai 28, 2009 9:41 am

Beorn a écrit :es petits ont souvent des défauts de prononciation ou de langage, à cinq ans, ils sont rares mais il en reste. En général, ces défauts sont récurrents et ils sont différents d'un enfant à l'autre. Le zozotement, par exemple, ne concerne pas tous les enfants (et à cinq ans, en général, il a pratiquement disparu)

Le mien dit "fassent" pour "font".
Il dit "pestacle" pour "spectacle" (c'est un classique).
Beaucoup d'enfants de cet âge adorent répéter les choses qui leur plaisent : quand ils trouvent une idée, tous leurs propos peuvent être centrés dessus pendant cinq minutes, rien que pour le plaisir de l'idée (ce qui peut être fatiguant pour les adultes).
Il fait très bien la différence entre ses interlocuteurs. Entre le langage avec ses copains (les gros mots, la scatologie, les cris) et le langage avec la maîtresse ou ses parents (pas de gros mots, ton plus posé...), il y a un monde.
Il reste très auto-centré, il lui est difficile d'imaginer que le monde existe et tourne quand il n'est pas là. Par exemple, il lui est difficile d'admettre que ce qu'il dit à quelqu'un a pu être entendu par quelqu'un d'autre à côté de lui : il peut très bien le répéter à chaque personne présente si on ne l'arrête pas.
Attention a ne pas abuser des défauts de prononciation. C'est lourd.
Mieux vaut se focaliser sur la conjugaison et les syntaxes approximatives.
Il ne faut pas oublier non plus qu'ils n'ont pas un vocabulaire très étendu, avec parfois des incongruité (un enfant peu n'avoir que 200 mots de vocabulaire et connaître le mot "épicentre").
Parfois, on peut avoir des dialogues surréalistes avec un jeune enfant, car ils sautent facilement d'une idée à une autre.
Ex véridique :
- Tu es un brave garçon.
- Je veux pas êt' un brave garçon.
- Qu'est ce que tu veux alors ?
- Je veux la Lune et les étoiles !

@+
O.

Kaddrik

Message par Kaddrik » jeu. mai 28, 2009 10:15 am

super fil, c'est très intéressant tout ce que vous dites, je suis entrain d'écrire un chapitre qui décrit des faux jumeaux qui vont commencer leur formation au sein d'OVO et franchement je galère un peu.
ils ont 5 ans (1 garçon et une fille) et leur faire dire ou réfléchir un peu comme des adultes et à la fois leur faire faire des erreurs d'enfants n'est pas simple.
merci en tous les cas pour toutes ces précisions.

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Message par Beorn » jeu. mai 28, 2009 10:35 am

[quote=""ogechter""]Attention a ne pas abuser des défauts de prononciation. C'est lourd. Mieux vaut se focaliser sur la conjugaison et les syntaxes approximatives.[/quote]
C'est comme pour tout, il ne faut pas en abuser. Mais ça après, c'est le boulot de l'auteur...^^

[quote=""ogechter""]Ex véridique :
- Tu es un brave garçon.
- Je veux pas êt' un brave garçon.
- Qu'est ce que tu veux alors ?
- Je veux la Lune et les étoiles ![/quote]
mdr
Oui, c'est vrai qu'ils ont parfois des réponses qui ressemblent à celles des fous.
Mais c'est juste qu'ils n'ont pas la même vision des choses et des mots : "brave garçon", pour lui, ça devait être quelque chose de très concret.

[quote=""Guillaume""]Dans un cadre plus moyenâgeux, j'aurai tendance à leur attribuer un comportement presque adulte plus rapidement : un mélange de réflexion sérieuse, teinté d'un peu de naïveté. Le monde étant plus dur, j'imagine qu'ils devenaient terre à terre plus rapidement.[/quote]
C'est probable (mais difficile à vérifier sur place !^^)
Je suppose que les enfants étaient mis très tôt à contribution dans les travaux ménagers.

Le regard des adultes sur les enfants était aussi très différent : l'enfant-roi, c'est un concept moderne.
Les enfants mouraient comme des mouches, les parents étaient résignés au fait d'en perdre plusieurs avant l'âge adulte. Les femmes mouraient aussi très fréquemment en couches, et donc les enfants n'étaient pas toujours élevés par leur mère.
Il y avait un nombre de veufs jeunes dont on n'a pas idée.
Dernière modification par Beorn le jeu. mai 28, 2009 1:45 pm, modifié 1 fois.
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Message par Celia » jeu. mai 28, 2009 1:51 pm

@Garulfo : Merci pour le filon Arte ! J'oublie tout le temps qu'ils ont des doc très intéressants en streaming. Sinon dans la nouvelle les enfants ont entre 7 et 12 ans, mais le contexte est très particulier : époque post-pandémie, mortalité infantile extrêmement élevée, désespoir latent. Donc ils ne seront pas forcément aussi éveillé que des petits loupiots bien nouris :) Mais il ne sont pas complètement désespérés non plus. C'est plus... entre-deux-eaux...

@Beorn : Merci ! Tu es une super source d'information ! Bon, rencontrer des enfants ce n'est pas forcément facile (d'autant que si personnellement je m'entends très bien avec des tous petits, je suis nettement plus froide inconsciemment avec des enfants plus âgés, donc ça complique un peu l'affaire)
Mais je vais revoir tout ça selon tes bonnes paroles :)

En ce qui concerne le mythe de l'enfant-roi, effectivement c'est un concept hyper récent. Je me souviens de mes cours sur le XIXème siècle : l'enfant n'existe pas en tant que personne. En bas âge il est dans les jupes de sa mère ou de sa nourrice, et après (très tôt), c'est le travail pour les gamins du peuple et l'internat pour les autres (mon père même est parti en pensionnat à 12 ans et cela n'avait rien à voir avec les internats d'aujourd'hui)
Cela a forcément une grande répercussion sur leurs façons de parler : une part d'enfance peut-être encore, mais des manières et des langages d'adulte : le petit bourgeois ou aristocrate qui voudra imiter les belles paroles de son instructeur ou de son père, et le petit ouvriers qui parlera comme un homme, avec tous les argots salaces que ça peut impliquer.
N'oublions pas qu'au Moyen-Age même, les fils de nobles commençaient leurs exercices de combat dès 7 ou 8 ans.
Donc effectivement le contexte social mais aussi historique joue énormément.
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Message par tsahel » jeu. mai 28, 2009 3:51 pm

C'est un fil vraimet très intéressant. Merci à vous tous pour vos exemples.
Voilà un autre exemple :
moi gamine : - Les petites ont les cheveux blonds, les mamans les cheveux bruns et les mamies les cheveux blanc.
Ma tata qui avait les cheveux tout blancs suite à un problème lors d'une coloration en était toute triste. Alors, je lui ai pris le bras et je l'ai examiné avec beaucoup d'attention pour conclure :
- Non, tu n'es pas vieille. Tu n'as pas la peau chiffonnée.

je plussoie pour le fait que le contexte joue beaucoup. Dans les cultures où les filles sont mariées dès leurs premières règles, elles savent en général tenir leur ménage et s'occuper des bébés à ce moment-là.

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Message par NB » jeu. mai 28, 2009 5:12 pm

Outre les mots d'enfants troooop mignons (je sais, j'en ai deux, dont un qui m'a dit que quand on mange un poisson il faut faire attention aux cigarettes), pour les dialogues "quotidiens", la seule nuance avec un adulte peut être l'hésitation (même ma fille qui parle comme un livre parle plus doucement qu'un adulte, laisse du temps entre les mots pour chercher le suivant...). Et les changements de ton brusque (boude / explose de joie / pleure / fais une blague... le tout en 1min30 chrono).

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Luani
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Message par Luani » jeu. mai 28, 2009 5:23 pm

Je pense aussi à leur manière très particulière de tout prendre au premier degré.

Je me souviens de mon fils en pleurs dans la cuisine.
- Papa est moooort !
- Quoi ?!!?
- Il vient de dire "J'suis mort" !
Et moi, mère indigne, qui pique un fou rire...

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