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Cédric
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Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Cédric » ven. janv. 01, 2010 9:04 pm

Bonjour à tous :)

Le Challenge 2010 commencera sur ce forum le 1er février, et à cette occasion, j'aurais aimé savoir, moi qui ne me suis jamais vraiment essayé à l'écriture de roman, quel travail vous effectuiez avant de vous lancer dans la rédaction de votre texte.

Je sais que certaines personnes partent d'un personnage, d'un événement, d'une idée d'univers ou d'une situation pour se lancer, mais à ce niveau, on parlera plutôt d'inspiration que de réel travail de pré-écriture.

Ce qui m'intéresserait, ce serait de savoir comment vous procédez une fois votre idée en tête : faites-vous un plan type schéma mental de votre intrigue ? Via l'utilisation de certains logiciels, peut-être ? Vous concentrez-vous sur l'écriture d'un synopsis précis ? Connaissez-vous seulement la fin de votre histoire ?

En résumé : comment préparez-vous l'écriture de vos romans ?
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Mélanie
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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Mélanie » ven. janv. 01, 2010 9:27 pm

C'est l'histoire de ma vie ça, Cédric...
Tu t'engages sur une réflexion qui peut te tuer des années. Méfiance.

Je dirais qu'il ne faut rien avoir d'autres qu'une idée que l'on aime, suffisamment pour que tu consentes à te battre toutes les années que la rédaction durera. Pour cela il faut du temps aussi et de l'attention.

On peut travailler (c'est ce que j'ai essayé de faire) en approfondissant dans la connaissance de l'intrigue. D'abord le thème, le suc, l'argument général. Ensuite, le synopsis, l'histoire sous sa forme la plus simple et la plus épurée sans rien perdre dans la cohérence. Enfin le scénario, l'histoire comme il faudra la raconter.

On peut aussi parler des fiches de personnages (moi, ça ne me plaît pas). Cependant il est vrai que travailler les personnages est important. En fait ce qu'il l'est, c'est de les maîtriser. Pour cela tout fonctionne qui peut nous les familiariser. Quand l'on se sent assez proche d'eux, le travail a de bonnes chances de partir.

Les personnages secondaires et les intrigues annexes se dessinent d'eux-mêmes durant tout ce temps de préparation, voire pendant l'écriture.

Parlant de préparation, j'ai aussi essayé le coup de : "je vais laisser mûrir une année ou deux, voir ce que ça arrange". Niente ! Niet ! Nichts ! Nada ! Nothing ! Rien ! Pire, tu en perds le magique contact.
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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Boite en carton » ven. janv. 01, 2010 10:45 pm

Je pense qu'il y a autant de façon de procéder que d'auteur, voire que d'oeuvre.
J'ai bossé avec un syno précis, j'ai bossé avec un fil conducteur, sachant en gros où j'allais, j'ai mêmem bossé sans filet, mais ça, je sais maintenant que ça m'entraine dans le mur.
Des fiches de personnage, des études préparatoires sur le contexte, ça m'est nécessaire. Notamment les personnages principaux que j'ai besoin de maitriser à la perfection pour que leurs réactions et leur caractère, leur passé soient cohérent du début à la fin.
Je note aussi les idées, des ébauches de scène, des bouts de dialogue, ça sert pas forcément, mais je m'en inspire pas mal. Je prépare les cartes des lieux pour mettre bien en place les actions, ce genre de chose. De toute façon on n'est jamais exhaustif et il y a toujours des choses à revoir en cours d'écriture, mais si on y a pensé avant ça évite d'avoir tout à recommencer ensuite.

Partir sans rien, je ne le conseille pas du tout, partir sans savoir où l'on va, c'est à mon avis la meilleure façon de se planter. Pour le reste, ça va dépendre de ta façon de travailler et du besoin que tu ressens à être accompagné dans la rédaction. Entre un syno très rassurant mais contraignant ou un fil conducteur très fluide mais qui craint les trou scénaristique.

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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Feldo » sam. janv. 02, 2010 2:18 am

Vu que je teste une méthode d'écriture différente celle utilisée pour le roman sur lequel je travaillais il y a encore peu, j'ai dû mal à donner de vrais conseils sur tout ce que l'on doit faire.

Toutefois, je pense qu'il faut tout de même bien connaître ses personnages avant de se lancer, et d'avoir une idée de l'orientation de la fin en elle-même, même si ce n'est pas. car comme disait BeC, si on ne sait pas où on va, on a encore plus de risques de foncer droit dans le mur.
Il faut se créer ses propres règles dans l'histoire (untel ne peut pas faire cela parce que) même si elles peuvent évoluer au fur et à mesure du récit,et même si on laisse son imagination un peu prendre les reines, car elles influenceront tout de même l'histoire finale.

Je ne sais pas si j'ai été très clair... :abus:

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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par blackwatch » sam. janv. 02, 2010 10:41 am

Perso, j'ai appris la leçon de "s'engager-dans-un-roman-dont-on-ne-connaît-pas-la-fin". Donc, si je n'ai qu'un seul conseil à te donner, c'est de savoir où tu vas.
Après, c'est à ta libre appréciation : syno détaillé ou non, fiche de persos ou début écrit sur un coup de tête, sans plus d'inspiration... Il ne faut pas obligatoirement tout planifier à l'avance pour obtenir de la bonne matière.

anonymetrois

Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par anonymetrois » sam. janv. 02, 2010 11:01 am

Je te donne mon approche personnelle pour ce qu'elle vaut ; une parmi d'autres.

En général, je me donne un cadre bien défini. Ce qui revient à définir un univers, au moins à grands traits. Je préfère, avant de partir, décider quelles règles s'appliquent aux phénomènes surnaturels ; cela m'évite d'utiliser la magie comme une facilité de scénario. De plus, je peux prévenir le lecteur d'entrée de jeu, lui donner suffisamment d'informations pour que les comportements des personnages par rapport aux éléments fantastiques soient lisibles.

En général également, je définis les grandes forces en présence ; la forme du gouvernement, les grands intérêts qui agissent, leurs objectifs, leurs moyens, leurs méthodes, leurs valeurs... Encore une fois, l'intérêt est de poser une cohérence d'entrée de jeu.

Ensuite, je décide des grandes lignes de l'histoire. Ce qui vient avec les "grandes forces en présence", en fait. Et là, je commence à me demander quel genre de personnage conviendrait pour jouer tel rôle dans l'histoire. Ce qui revient à dire que je construis les personnages autour de l'histoire, pas l'inverse.

Puis je lance l'action. Et là, les personnages sont libres, même si des événements extérieurs (le cadre que j'ai déterminé) vont s'assurer que le scénario se déroulera de façon à peu près prévisible.

En fait, cela ressemble à l'écriture d'un scénario de JdR sur table, où les PJs, une fois lancés, sont libres de faire ce qu'ils veulent... Dans la mesure où le MJ les ramène dans le rang avec ses préparations scénaristiques quand il en a besoin (JdR = Jeu de Rôle, désolé à ceux qui trouvent la référence obscure).

Cette construction m'a bien servi pour mes feuilletons, des textes longs, par nature, mais je suppose que des nouvelles profiteraient mieux d'un angle d'attaque différent. En tout cas, j'ai l'intention d'essayer autre chose.

Voilà...

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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par celtic » sam. janv. 02, 2010 12:49 pm

Salut Cédric,
Ta question est légitime, mais je pense que tu risques de recevoir beaucoup de réponses différentes! Il n'y a sûrement pas de bonnes ou de mauvaises façons de procéder, mais chacun a celle qui lui est propre, qui lui convient.
Je n'ai que peu d'expérience car je n ai que deux romans achevés et un troisieme en cours (environ un quart d'écrit).
Personnellement je me lance avec une idée somme toute assez vague en tête. Puis j'avance au fil des idées qui naissent à mesure que j'écris. Moi les syno brident mon imagination. J'aime avancer, sans savoir précisément où je vais une phrase en entraînant une autre. L'avantage de procéder ainsi, à mon sens, est de ne pas perdre trop de temps en travail préparatoire, qui pourrait être prétexte à ne jamais commencer le roman. Se trouver de fausses excuses pour ne jamais se lancer: mon syno n 'est pas assez détaillé, mes persos pas assez travaillés...
Mais l'inconvénient, que j'ai découvert en ayant la chance de pouvoir travailler avec un éditeur depuis 6 mois maintenant, c'est que le retravail sur mes textes est assez important. Malgré tout je préfère procéder ainsi, meme s'il reste du travail apres le point final car, même imparfait le roman est achevé, et cela me rassure.
Donc voila, mon conseil serait ouvre Word et lance-toi, tu verras où cela t'emmène. Bonne année 2010 pleine de réussite!
Publication de mon second roman "L'héritière du temps" en spetembre 2011 aux éditions BAAM!

Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.
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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Luani » sam. janv. 02, 2010 5:05 pm

En ce qui me concerne, j'ai ajouté une phase de documentation intensive.
Comme le monde de mon roman est du style "antique", j'ai longuement fouiné dans les bibilothèques : descriptions d'arènes, de trirèmes, de "domus", de pratiques religieuses, de croyances...
En plus de permettre d'avoir un monde bien décrit et cohérent, cela booste l'imagination. Certaines de mes scènes me sont venues en voyant des images de bouquins.

C'est l'approche opposée des fois où j'invente le monde. Là, il faut plutôt passer du temps à imaginer le tout (comment sont les habitants, les maisons, la géopolitique etc...)

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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Cédric » sam. janv. 02, 2010 7:23 pm

Bonjour et merci à tous !
Boite en carton a écrit :Je pense qu'il y a autant de façon de procéder que d'auteur, voire que d'oeuvre.
Bélier a écrit :Je te donne mon approche personnelle pour ce qu'elle vaut ; une parmi d'autres.
celtic a écrit :Ta question est légitime, mais je pense que tu risques de recevoir beaucoup de réponses différentes!
Je tiens à dire que le but du message, plus que de chercher des réponses à une problématique personnelle, était de recenser un peu les façons de faire. Vos messages à tous sont donc également intéressants et précieux :)
Peut-être n'ai-je pas été clair dans mon premier post, mais je voulais plus lancer une discussion générale que lancer un SOS :)

Quoi qu'il en soit, je vois déjà différentes tendances se dessiner, et je trouve ça assez intéressant.

Personnellement, je pense que je ne pourrais pas me lancer dans l'écriture d'un roman sans savoir où je vais. Sans parler de synopsis détaillé, j'imagine tout même poser sur papier un squelette d'intrigue au moins (par chapitre, peut-être). Sans cela, j'aurais trop peur de produire une oeuvre décousue et surtout incohérente.

Pour ma part (et pour le défi 2010 qu'il me plairait de relever), je pense étoffer un contexte de départ pour l'instant assez pauvre. En fait, en y pensant un peu, je me suis rendu compte à quel point une idée seule était insuffisante pour se lancer dans l'écriture d'un texte intéressant (une nouvelle aussi bien qu'un roman, d'ailleurs). Cela peut paraître naïf (ça l'ai probablement, à vrai dire), mais il m'a fallu un peu de temps pour m'en rendre compte.

Par extension, je me suis aperçu que pour moi, le plus difficile était probablement de construire une histoire intéressante : une histoire à la fois cohérente et originale, si ce n'est dans le fond, au moins dans son traitement. Au final, je pense que c'est ce vers quoi tendra mon travail préliminaire.

Maintenant, j'ignore comment je vais bien pouvoir l'organiser, ce travail...
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Kaddrik

Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Kaddrik » sam. janv. 02, 2010 9:12 pm

si je puis me permettre...

une histoire c'est avant tout une idée, une petite chose qui dans ton esprit prend corps,
peut-être sous forme d'image, de scène, et pas forcément d'un personnage ou d'un monde en particulier.
pour ma part, je laisse avant tout mes doigts parcourir le clavier (ou le stylo la page)... puis une fois que j'ai quelques chose qui me semble valoir la peine, je m'y penche un peu plus.
là quand j'ai un début ou une fin ou un milieu, je peux partir à la recherche d'infos, de précisions, de caracteres, d'envergure...

partir vers l'inconnu n'est sans doute pas une recette qu'il faut suivre. mais on part toujours de l'inconnu quoiqu'il en soit.
on imagine, on developpe, on donne corps à un texte.
Un scenario, un synopsis, un 1er chapitre ou le dernier, etc... c'est en cela que tu pourras deja imaginer la suite ou le debut, ou tout ce qui va aller dedans.
Mais il faut écrire pour réaliser un roman, c'est la seule méthode. (dixit un auteur connu du moment)

des méthodes, il y en a sans doute des milliers, autant que d'auteurs, c'est vrai. certains auront l'imagination fertile et d'autres la prose prolifique, certains tableront sur la formulation et l'agencement du récit avant d'écrire... peu importe ce qui compte c'est de ne pas se perdre en cours de route.. ne pas perdre l'envie ou la joie d'ecrire.
trop travailler sur la structure fait qu'on a tendance à laisser filer quelques temps avant de se coller à l'écriture... alors qu'au contraire écrire au tout venant fait qu'on a du mal à se remettre sur l'ouvrage pour corriger les details qui ne collent pas ou rendre tel personage moins gentil, ou plus gentil...

perso je pense qu'il faut un savant dosage de tout pour prendre du plaisir, faire ressentir ce plaisir au lecteur et ensuite adviendra que pourra de ce roman ou texte.

si j'en parle c'est bien avec l'expérience de celui qui a avancé tête baissée trop de fois, travaillant, retravaillant le texte et qui a fini par user son désir d'écrire et de raconter l'histoire, de la rendre encore plus belle.

écrire un roman, c'est avant tout une chose réservée à ceux qui ont l'envie, la patience de se relire, de se corriger, d'affronter les critiques... de recommencer encore et encore, jusqu'à que que ta soif de perfectionniste soit étanchée.
Se mettre à en écrire un n'est pas en soi le plus compliqué, c'est plutôt avoir un œil critique dessus, son propre oeil qui est plus compliqué.

cela dit, bon courage pour le challenge 2010 !

Amibe_R Nard

Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Amibe_R Nard » dim. janv. 03, 2010 1:55 am

Salut Cédric
Boite en carton a écrit :Je pense qu'il y a autant de façon de procéder que d'auteur, voire que d'oeuvre.
Oui, à première vue, je dirais bien que "d'oeuvres".

Reste que j'ai l'impression d'une certaine confusion ici, d'un mélange entre divers éléments.
Comme si tenir une idée pouvait suffire à bâtir un roman, quitte à l'en-synopsiser.


Y a-t-il vraiment mille et une façons de procéder ?

Je vais, une fois de plus, paraître insolent, mais la réponse est NON.


Cédric, je vais t'expliquer pourquoi.


Dans l'approche d'un roman (d'un texte), il te faut au moins trois ingrédients.

Une fin... Qui tient la fin, tient les moyens.

Tant que tu n'as pas la fin, tu n'as pas les moyens... Ce qui ne veut pas dire qu'il est impossible de commencer sans une "finale", mais cette fin doit pointer le bout de son nez très vite.
Le début conditionne la fin.

Quelqu'un a dit très justement une idée de la fin (Feldo)


On dit toujours aux (jeunes ?) auteurs de raconter : et ensuite, et ensuite...
Alors qu'il faudrait dire : et avant, et avant ? (Que s'est-il passé... avant ? )

Quand tu tiens la fin, tu peux dire : et avant, et avant.
Sans la fin, tu ne sais pas où tu vas.


Je précise cependant que, pour moi, la "fin" c'est le climax.
Le climax : le moment suprême où l'aventure explose, où l'univers est transformé par l'action du héros.
Où le héros ne peut plus revenir en arrière, tout est enclenché jusqu'à l'explosion finale.


Le premier bon ingrédient d'un roman (et d'une histoire) c'est la fin.
C'est là où le lecteur achève sa course (même si le texte se poursuit un peu plus loin, pour que l'histoire revienne au repos)


Le deuxième bon ingrédient (non, ce n'est pas le début ;-) )

Le deuxième bon ingrédient, c'est une montée en puissance.

Un roman, c'est comme un escalier à trois marches.
1) Une première marche de mise en condition. (de compréhension du monde, des enjeux, pour le lecteur)
2) Une deuxième marche d'échauffement et de tests, où la marmite bouillonne, où les premiers coups entre héros/méchants/obstacles s'échangent.
3) La troisième et dernière marche où on se bagarre pour de vrai, où les enjeux posés sur les deux premières marches arrivent à ébullition, à l'explosion volcanique. Le climax.

Le deuxième ingrédient du roman, c'est une progression.
Et dans chaque partie 1), 2), 3), tu as ces étapes à trois marches.
Ce qui te donne un escalier qui monte crescendo vers le climax.

Tout ça pour dire que si, à un moment ou à un autre, tu redescends, c'est tout ton roman - comme le soufflé - qui en subit le contrecoup. Au mieux, tu ne dois avoir que des plateaux.
On monte vers la finale. On y est aspiré.

Ce qui oblige à avoir une finale maximale.
On est dans un système d'enchères. Fort, plus fort, de plus en plus fort.

Si la tension se relâche en cours de route, ou si elle monte trop fort avant d'arriver à la fin, on tombe dans un trou d'air... ou alors - plus juste - le roman ne tient pas ses promesses.

Tu essaies, de cette manière, en cuisine : tu rates ta recette.
C'est toute la différence entre pas assez cuit, bien cuit, trop cuit, voire cramé parce que four trop chaud au milieu du temps de cuisson ! :mrgreen:


Le troisième ingrédient. Du matériel, des choses à dire.

Beaucoup plus que tu ne vas en mettre dans ton récit.
Des scènes, des images, des idées, des idées et leur contraire.
Des contraintes,
Des conflits, des obstacles,
Des résolutions (des scènes où certains éléments de l'histoire vont se trouver résolus), des scènes invisibles (pour le lecteur, pour le héros)
Et des trous, des espaces vides, pour laisser de la place aux héros (et pour te laisser les moyens de relier les éléments entre eux, voire d'en introduire de nouveaux qui vont - peut-être, sans doute - s'imposer d'eux-mêmes en cour d'écriture.)


Bref, du charbon pour la locomotive écriture.

C'est ce que certains créent en se lançant aussitôt dans l'écriture. S'ils ne confondent pas cette phase de remplissage de la locomotive avec le début du voyage.

Des héros ?
Pas encore. :-)


Comme tu le constates, si tu n'as pas la fin.
Tu ne sais pas à quelle hauteur tu dois monter.
Tu ne sais pas non plus quels ingrédients utiliser.

Si tu pars pour confectionner une salade de fruits, et que tu n'arrives pas à trouver de fruits. Tu échoues.

Si tu assembles, en désespoir de cause, une pâte sablée... et que soudain tu trouves des fruits, il te faudra une énorme force de caractère pour jeter ta pâte et repartir sur ta salade de fruits. Au lieu de quoi, tu vas tenter l'improbable gloubi-boulga.


Quand tu sais que tu as trois marches à franchir, tu comprends sans difficulté qu'il te faut au moins trois bonnes idées, avec deux mini-climax. Ces moments où les héros ne peuvent plus faire machine arrière, ni aller se coucher la conscience tranquille, sans y perdre le sommeil, l'honneur ou d'autres choses à déterminer.
Dans ces trois moments tes héros vont apprendre quelque chose, l'aventure est une montée en puissance, une progression... et une évolution des héros.

Quand tu as la fin, tu sais jusqu'où le héros va aller, combien il va changer.
S'il n'évolue pas, l'histoire ne bouillonnera pas, la pâte ne montera pas. Tu auras soit un héros trop fort pour sa "mission", soit pas assez fort (et l'auteur poussera au cul avec sa "magie" du lapin sorti du chapeau) ce qui va rendre l'histoire peu crédible. Alors que les héros peuvent apprendre, chercher les moyens de gravir chaque échelon, chaque obstacle. (les héros = le lecteur ? à ne pas perdre de vue non plus)

Le climax est un contraste entre le début et l'endroit où "finit" le héros dans sa quête. Un noir et blanc, une teinte de gris. Ce qui permet, alors, d'avoir un héros qui cherche quelque chose, et trouve (ou non) réponse à son questionnement, à son ambition, à ses buts et aspirations.

Et là, tu poses la "morale" de ton histoire, un autre ingrédient à prendre en compte.
Le second degré. (Je veux grandir dans telle direction, mais à quel prix ? dit le héros)


Sans la fin,
Sans les trois marches de progression,
Comment obtenir les bons ingrédients de départ ?


Maintenant, tu peux choisir ton héros.
Sauf que...

Sauf que tu l'as déjà créé dans le climax. Dans cet affrontement final. ;-)
Et que tu vas enrichir les protagonistes, avant, pour que ce climax soit unique.
Ce qui va engendrer des scènes visibles (du côté des héros) et invisibles (ou moins visibles) du côté des méchants.

On monte une pyramide.
2 côtés pour les héros & méchants
un côté pour le monde
un côté pour le genre

On est en haut, on regarde de chaque côté, jusqu'en bas.

Oui, je sais, ça paraît toujours étrange, presque fou de dire : commencez par la fin.

En effet, la fin conditionne tout. La fin, c'est un mal nécessaire.

En cuisine, c'est toujours de cette façon qu'on pratique.
On veut préparer un cake au chocolat (c'est le but, le climax, la finalité), on sort les bons ingrédients, on calcule les bonnes proportions et les temps de cuissons suivant la quantité envisagée.
Celui qui sort la viande et le chorizo est plutôt mal barré pour préparer son cake au chocolat.

Et pourtant, combien joue au gloubi-boulga dans l'écriture ?

Avec l'espoir de trouver le met suprême.


Perso, je veux bien qu'on me dise que dans l'écriture tout est permis, tout est possible. Que chacun peut trouver sa voix et sa voie, sans rien connaître. Qu'il existe plusieurs manières de faire... Je peux dire qu'en cuisine aussi. Sur un plan absolu, c'est exact.

Dans la réalité, ce n'est pas du tout vrai.
Certains mélanges sont même mortels ! :-)

Après, que le cuisinier ou la cuisinière mettent un tablier, (ou pas de tablier, soient à poils ou à plumes dessous), qu'il/elle utilisent un couteau de boucher, un canif ou un couteau en céramique, qu'il/elle choisissent différents ingrédients supplémentaires pour préparer la recette du cake au chocolat. Qu'en plus on trouve la touche du chef à la sortie, dans la forme, dans le moelleux.
Okay, pas de problème !


Sauf qu'il y a le mot recette. Ce qui signifie déjà quelque chose en soi.
Sauf que, sauf que, il y a le but visé : le cake au chocolat.
Et ce but justifie, à lui seul, les ingrédients utilisés.

Un cake au chocolat, ça reste un cake au chocolat.
Existe-t-il mille moyens d'obtenir un cake au chocolat. Non.
Mille ustensiles, certainement.
Mille moyens, non.

A quelques variantes près, il n'en existe qu'un seul. Obtenir un cake au chocolat.

Ce qui répond à ceci
"Connaissez-vous seulement la fin de votre histoire ?"

A ça :
"Quand l'on se sent assez proche d'eux, le travail a de bonnes chances de partir." (Melanie)
"...partir sans savoir où l'on va, c'est à mon avis la meilleure façon de se planter." (Bec, élément repris par Feldo )
"Perso, j'ai appris la leçon de "s'engager-dans-un-roman-dont-on-ne-connaît-pas-la-fin". Donc, si je n'ai qu'un seul conseil à te donner, c'est de savoir où tu vas." BlackWatch
La réponse globale de Bélier.
"Mais l'inconvénient, que j'ai découvert en ayant la chance de pouvoir travailler avec un éditeur depuis 6 mois maintenant, c'est que le retravail sur mes textes est assez important." (Celtic, qui dit aussi : Personnellement je me lance avec une idée somme toute assez vague en tête.)


On a l'impression de lire différentes façons de faire.
Là où il n'en est qu'une.

Savoir où l'on va.
Se fixer un but... et voir si on a les moyens de l'atteindre.
Quitte à commencer une première course, pour voir combien d'ingrédients on utilise sur un premier tiers, s'il en reste assez pour tenir la route.

Savoir où l'on va, c'est 50 % du travail accompli.
Et c'est encore plus vrai quand tu as terminé le premier jet : mon cake au chocolat est-il un cake au chocolat, ou bien des frites enrobées de chocolat ? La cuisson du lecteur est-elle progressive ? Le héros évolue-t-il (est-il vivant), apprend-il quelque chose...

Mon idée tient-elle la route aussi loin ? Quelles sont les petites soeurs qui vont la porter plus haut et plus loin ? Se nouer autour d'elle comme des serpents.

Comment construire efficace si tu ne vises rien de précis ? :-)
Pour ma part (et pour le défi 2010 qu'il me plairait de relever), je pense étoffer un contexte de départ pour l'instant assez pauvre. En fait, en y pensant un peu, je me suis rendu compte à quel point une idée seule était insuffisante pour se lancer dans l'écriture d'un texte intéressant (une nouvelle aussi bien qu'un roman, d'ailleurs). Cela peut paraître naïf (ça l'ai probablement, à vrai dire), mais il m'a fallu un peu de temps pour m'en rendre compte.

Par extension, je me suis aperçu que pour moi, le plus difficile était probablement de construire une histoire intéressante : une histoire à la fois cohérente et originale, si ce n'est dans le fond, au moins dans son traitement. Au final, je pense que c'est ce vers quoi tendra mon travail préliminaire.
Ce n'est pas naïf, c'est une progression.
Si tu pars à l'aventure juste avec une barre chocolatée dans ta poche, tu n'iras pas très loin.

Parce que tu ne peux pas te préparer.
Ni envisager un but, la fin de ton parcours.
Deux tours du pâté de maisons, ou le sommet de l'Himalaya ?



A présent, vas-tu "étoffer un contexte de départ" ou alimenter ta finale ?

Maintenant, j'ignore comment je vais bien pouvoir l'organiser, ce travail...
Hum, suppose un instant que tu es au bout de ce travail.
Raconte-toi comme tu y es arrivé.

C'est un procédé de visualisation créatrice. On s'imagine arrivé, et on regarde le chemin parcouru.

Quand on sait où on va, on est déjà à moitié rendu. :-)
C'est aussi un principe de vie.

L'Himalaya, ce n'est jamais qu'à X euros, et X heures d'entraînement en haute altitude.
Tant que tu ne sais pas où tu vas, tu ne peux rien poser, rien calculer, rien organiser.

Une fois que tu sais, tu peux tout envisager, même emmener ta belle-mère, ta femme, ou ton/ta gosse de six mois. (qui aura peut-être douze... ans, le jour où tu partiras, mais c'est là un point de détail sur ton planning. ;-) )

Bon challenge 2010.
Il te reste 363 jours.
L'Amibe_R Nard

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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Mélanie » dim. janv. 03, 2010 12:55 pm

Amibe_R Nard a écrit :Y a-t-il vraiment mille et une façons de procéder ?

Je vais, une fois de plus, paraître insolent, mais la réponse est NON.
Ce que tu décris, c'est le développement idéal et scolaire d'un roman d'aventure. Il existe foule de littératures, autant que d'intérêts à la lecture. L'acheminement graduel vers un climax est un genre très précis qui joue sur la tension du lecteur. C'est un avantage pour garder l'attention, mais j'en connais qui ne peuvent pas s'y plaire (j'en suis).

Je ne crois pas qu'il existe une sorte de roman ultime, à la construction idéale. Encore moins de recette. Si c'est vers où le livre se dirige, le plus bel effet à mes yeux sera de rompre le classique de cette marche. Parce que c'est un fil narratif assez trivial de faire mousser les intrigues jusqu'à rupture et dénouement final.

Dans les faits, une histoire comporte ses périples et ses plages. C'est indéniable. Courir vers une fin qui explose, ce n'est absolument pas une obligation ; c'est une façon très particulière de conclure qui ne convient pas à tous les romans.
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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Macada » dim. janv. 03, 2010 1:15 pm

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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par anonymetrois » dim. janv. 03, 2010 1:21 pm

Et pourtant, la lecture du Lavandier est en train de me convaincre qu'une certaine montée en puissance est, sinon absolument nécessaire, du moins une structure très répandue pour de bonnes raisons (elle fonctionne ! ^^ ).

D'une façon générale, je tenterais de mitiger le "y'a pas de règles chacun fait à sa façon" ; il me semble qu'apprendre à écrire, c'est aussi reconnaître les formes très générales qui se distinguent et qui paraissent judicieuses.

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Re: Travail préalable à l'écriture d'un roman

Message par Mélanie » dim. janv. 03, 2010 2:42 pm

Bélier a écrit :Et pourtant, la lecture du Lavandier est en train de me convaincre qu'une certaine montée en puissance est, sinon absolument nécessaire, du moins une structure très répandue pour de bonnes raisons (elle fonctionne ! ^^ ).
Ce n'est pas parce qu'elle fonctionne que le reste non. Et, je m'avance sur les arguments, ce n'est pas parce qu'elle fonctionne mieux, que le reste est moins intéressant. C'est la variété qui fait la santé de la littérature.
Bélier a écrit :D'une façon générale, je tenterais de mitiger le "y'a pas de règles chacun fait à sa façon" ; il me semble qu'apprendre à écrire, c'est aussi reconnaître les formes très générales qui se distinguent et qui paraissent judicieuses.
Parfaitement d'accord. Ces "formes très générales qui se distinguent" ont effectivement leur intérêt dans l'apprentissage de l'écriture. Mais pas en tant que règles à appliquer, plutôt comme un cadre sur lequel il faut savoir jouer.
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