[A] Vocabulaire imaginé ?

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Astrayel
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[A] Vocabulaire imaginé ?

Message par Astrayel » lun. déc. 02, 2013 4:51 pm

Bonjour à tous,

Je viens à vous, grenouilles, crapauds et autres batraciens afin d'avoir un avis éclairé sur un problème inextricable pour moi. Comme vous pouvez le voir dans ma signature, j'ai une saga en cours d'écriture. Elle est actuellement composée d'un tome et demi, et devrait en contenir dix. Afin de rendre le récit un peu original, et dans un souci de crédibilité, j'ai inventé beaucoup de chose pour ce monde très loin de la terre. Sur cette planète, les notions sont différentes des nôtres, les animaux sont différents, et les langues sont différentes. Pour donner un simple exemple, le chiffre 3 est très important puisque la planète possède trois lunes, trois astres lumineux, trois continents, etc. Par conséquent, il est logique que la culture des habitants tourne autour de 3. Il y a ainsi trois points cardinaux, trois périodes dans la journée, etc. Mais je m'égare peut-être un peu... Pour les besoins du récit, j'ai donc inventé plusieurs langues. L'une d'elle est largement présente dans le récit car c'est celle de la majorité de mes personnages. Dans tous le récit j'égrène ces termes un peu étranges comme ekter, irmak, Lîcharama, Umic, Amguen Omen, etc. Au total, sans compter les noms propres, il y a plus de deux cents mots de vocabulaire dans le premier tome.
Plusieurs lecteurs m'ont dit qu'ils avaient eu beaucoup de mal à rentrer dans le livre à cause de ces nombreux termes. J'ai donc tenté de faire du Harry Potter ou du Tolkien, c'est-à-dire de transformer mes termes en dérivés de mots existants. Puis, j'ai fait relire. Et là, à ma grande surprise, les mêmes lecteurs ont été limite outrés car ils s'étaient habitués à mes mots. Du coup, je ne sais pas ce qu'il vaut mieux faire !
Je n'ai pas envie que mes livres soient inaccessibles, mais je ne veux pas faire de compromis inutiles non plus, car je risque de perdre un peu l'âme de mes récits.

Avez-vous un avis sur la question ?

Merci beaucoup.

Anonyme_Quatre

Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Anonyme_Quatre » lun. déc. 02, 2013 5:43 pm

Déjà, tes mots ont-ils une traduction en français ou sont-ils spécifiques à ton monde, à ses concepts ? Si tu peux les traduire, alors il est fort probable qu'ils n'aient pas de réelle utilité sinon de faire "exotique", ce qui n'est pas très original :?

Par contre, ne te base peut-être pas sur les mêmes lecteurs pour faire la comparaison, ou croise avec des gens qui ne l'avaient pas lu avant...

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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Saile » lun. déc. 02, 2013 5:51 pm

Tu peux peut-être réduire le nombre de mots, en essayant de trouver des mots semblables dans notre langue. Effectivement, pour décrire des animaux particuliers, c'est compliqué. Dans ce cas, mieux vaut garder le vocabulaire que tu as inventé (une poule est une poule, hein). Après, si c'est juste pour décorer le texte et, comme le dit Nariel, si tu peux les traduire dans notre langue, autant garder le mot français.
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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Syven » lun. déc. 02, 2013 6:18 pm

200, ça me paraît énorme. Je plussoie mes camarades: je te conseille de remplacer par leur traduction tout ce qui existe dans notre langue. Il vaut mieux appeler un chat un chat, ça simplifie beaucoup le récit.

Les termes inventés rebutent beaucoup de lecteurs (et d'éditeurs). J'avais écrémé au maximum sur mon roman, je n'en ai pas laissé beaucoup et ça pose quand même problème entre les noms des peuples, les magies, les bestioles pour une partie des lecteurs. (Pas la plus grosse, mais bon).
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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Francis Ash » lun. déc. 02, 2013 6:43 pm

Je crois que c'est Isaac Asimov qui expliquait qu'il ne fallait pas abuser des termes exotiques.

Concrètement, j'ai également commencé depuis de longues années une saga de Fantasy, dans laquelle je voulais revoir les concepts d'heures et d'années. J'avais donc inventé de nouveaux mots pour ces deux notions.
Et même s'il ne s'agissait que de deux mots, ça n'a jamais pris!

Autre point : ça ne servait pas mon histoire. Que les "heures" sur mon monde durent 60 ou 70 ou 40 minutes, ça ne changeait absolument rien à l'histoire que je voulais raconter.

Quand tu parles de 200 termes, effectivement, je comprends que tes lecteurs aient eu quelques difficultés d'assimilation... Tout comme je comprends qu'après avoir fait l'effort d'apprendre leur leçon, ils s'indignent de te voir en abandonner tout ou partie.

Toutefois je rejoins les avis précédents, et je te conseille d'alléger. Que les noms de tes lieux ou de tes personnages soient exotiques, ma foi, c'est la moindre des choses :) La fantasy porterait mal son nom si les personnages s'appelaient Dupont ou Smith!
Quant à inventer de nouvelles notions fondamentales comme le langage, demande toi si cela apporte quelque chose de fondamental à ton oeuvre, si ça sert ton histoire en somme. Il me semble que c'est la meilleure façon de faire le tri :)
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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Jo Ann v. » lun. déc. 02, 2013 6:47 pm

Je crois que j'ai un glossaire de plus de trois cents mots pour ma saga fantasy, mais j'ai essayé de réduire au maximum pour le premier tome. Je trouve que les noms inventés sont plus durs à mémoriser, mais une fois pris l'habitude, ça passe mieux. Aujourd'hui, on parle de quidditch avec naturel, par exemple. Le grand souci, c'est quand tu te rends compte que tu lis le catalogue d'Ikea. L'auteur connaît ses termes par cœur, mais le lecteur qui débarque a l'impression de lire du chinois.
Une façon de contourner ça, à mon avis, c'est de franciser les mots. En regardant A Game of Thrones, par exemple, on s'habitue facilement aux King's Landing, Winterfell, etc., parce que ce sont des mots qui pourraient faire partie du vocabulaire quotidien (pour les anglophones). Si tout était dothraki, on aurait eu plus de mal.
Mes villes avaient quasiment toutes des noms en français (puisés dans l'héraldique comme Angemme, Chantepleure, Broyes, Aquilon, Alérion, etc., ou juste des compositions, comme Alberoc...). Mais quand j'ai décidé d'appeler une capitale Châteauneuf, là, c'est mon éditrice qui a dit « non ». Au moins pour celui-là, elle n'avait pas envie de penser à un vignoble ! :hihihi: Au lieu de Châteauneuf, la ville s'appelle Kovar, mais dans le premier tome, c'est la seule ville au nom pas francisé (les autres sont toutes des dérivés).
Pour les animaux, j'ai laissé cheval (parce que cheval est un cheval, et que c'est beau, un cheval), mais j'ai d'autres animaux comme les tarandes (cousins des caribous mais avec des très très grands bois), les oiseaux-rois... La majorité de mes héros est végétarienne (mais ceux qui ne le sont pas mangent du cheval, j'ai pas de vaches).
Pour les fleurs et plantes, je me suis donnée à cœur joie parce que mon héroïne est guérisseuse. J'ai des fleurs-mauves, des épines-blanches, des mille-fleurs, etc.

Dans ma toute première version en français, je m'étais laissée dépasser par le catalogue Ikea. Heureusement que la sagesse est passée par là. :hihihi: Et a priori, ceux qui m'ont lu n'ont pas détesté ces petits mots... :wow:
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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Crazy » lun. déc. 02, 2013 8:05 pm

Francis Ash a écrit :j'ai également commencé depuis de longues années une saga de Fantasy, dans laquelle je voulais revoir les concepts d'heures et d'années. J'avais donc inventé de nouveaux mots pour ces deux notions.
Et même s'il ne s'agissait que de deux mots, ça n'a jamais pris!

Autre point : ça ne servait pas mon histoire. Que les "heures" sur mon monde durent 60 ou 70 ou 40 minutes, ça ne changeait absolument rien à l'histoire que je voulais raconter.
Ca me rappelle "le secret de Ji" et ses suites, avec leur système décimal pour le temps :argh:
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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Ardawal » lun. déc. 02, 2013 8:21 pm

Bonjour Astrayel,
Je comprends très bien ce que tu ressens car j'ai eu le même problème avec mon roman. Dans ma tête, mes personnages parlaient LEUR langue (et pour moi c'était difficile d'écrire en français une histoire qui, dans mon esprit, se déroulaits dans une langue propre à mon univers). Donc j'ai essayé de réduire les mots étrangers: j'ai gardé quelques expressions "proverbiales", ou à tonalité émotionnelle forte, ou alors les éléments qui avaient une portée culturelle importante dans mon monde (par exemple, la forêt qui a une place centrale dans la civilisation Vanuatl était appelée Ovaya)
200 + noms de personnages pour le seul premier tome me paraît un peu beaucoup (quoi que... Tout dépend de la taille du livre, de si les mots reviennent souvent - ce qui facilite leur mémorisation - etc.). Ce d'autant plus que la langue inventée déroute pas mal de lecteurs... :fatigue: (pour mon roman publié, jusqu'à aujourd'hui je n'ai eu qu'un seul retour de quelqu'un qui n'a pas réussi à rentrer dans le livre, sans doute en partie à cause du langage :? . Donc comme je n'ai que cet avis, j'ignore si les autres lecteurs ont eu le même problème, si toutefois il y a eu d'autres lecteurs :lol: :lol: )
Toutefois une minorité de fous dans mon genre qui ont toutes les peines du monde à ar-ti-cu-ler correctement la langue de Molière et préfèrent encore l'hébreu certaines personnes adorent les langues inventées - puisque j'ai trouvé un éditeur et que d'autres éditeurs, qui m'avaient envoyé un refus argumenté, avaient aussi beaucoup apprécié la langue inventée).
Donc c'est une histoire de goût. Mais avec un langue (ou plusieurs) inventé(es), je pense que tu ne peux pas toucher TOUT le lectorat, seulement une petite partie...
Personnellement, je te conseillerais de garder ta langue comme tu le sens, car elle contient une grande partie de l'âme du livre (et je ne sais pas si tu aurais toujours autant de plaisir à l'écrire sans ces mots inventés :? . Mais après, tout dépend de tes objectifs: si tu veux toucher le plus de lecteurs possible, alors je pense qu'il faudra enlever certains mots "exotiques" qui ne sont pas indispensables...)

En outre, si ta langue peut rebuter des locuteurs francophones, peut-être se rapprochera-t-elle plus de celles d'autres cultures (et donc les lecteurs qui parlent des langues qui ressemblent un peu à la tienne seront moins perdus ;). Personnellement j'ai été familiarisée à plusieurs langues étrangères donc la tienne ne me pose aucun souci, dans tout ce que j'ai pu lire de ton projet... Mais beaucoup de personnes ont du mal avec les langues :?
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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Guy Le Heaume » mar. déc. 03, 2013 9:18 am

En fait, si tu pars du principe que ces mots fictions sont simplement là pour faire jolis, enlève-les. Ils doivent avoir une utilité au récit ou, au contraire, complètement saturer le récit.

Je m'explique et, pour ce faire, il faut comprendre la notion d'encyclopédie (Umberto Eco) et de Xenoencyclopédie (Saint Gelais). Le principe sert ici à expliquer un phénomène que l'on retrouve dans les romans de science-fiction mais aussi dans la fantasy, je me cite moi-même :
Le terme d’encyclopédie désigne l’ensemble des connaissances partagées par les personnages et relatives à l’univers dans lequel ils vivent : géographique, histoire, langues parlées, sciences, progrès technique… Dans le roman historique, le roman policier etc., ces connaissances sont à la fois relatives aux personnages et aux lecteurs, si bien que le lecteur fait appel à ses propres connaissances pour recréer le monde décrit par le livre. En reprenant l’exemple de Nana, même si les personnages ne sont pas réels, le Paris qui est décrit est relativement bien connu de notre époque.

Le cas de la science-fiction est tout à fait différent puisqu’elle présente un monde autre, qu’il s’agisse d’une réécriture de l’histoire ou d’une toute autre planète qui possède ses propres notions d’histoire, de géographie etc. Dans le cas de l’anticipation, les références communes aux personnages se font souvent dans le gouffre historique qui sépare le moment de l’écriture de celui où les personnages vivent. Ces univers font appel à des connaissances inconnues du lecteur, et c’est alors à lui de démarcher, d’enquêter, sur ce monde qui peut lui paraître si semblable et pourtant inconnu. En se basant sur l’exemple de Fahrenheit 451, le lecteur doit notamment se demander quelles sont les causes qui ont mené le métier de pompier vers la destruction de l’objet livre. L’encyclopédie telle qu’Umberto Eco la propose ne convient plus dans le cadre d’une lecture science-fictive, car il s’agit de différencier une ville fictive dont les références nous sont connues d’une ville fictive dont les références nous sont partiellement ou entièrement inconnues. Richard Saint-Gelais propose la notion de xenoencyclopédie.

Il en va autrement en science-fiction où le lecteur n’a d’autre choix que de procéder à des réajustements encyclopédiques : ajouts, retraits ou altérations rendent alors impossible une identification stricte de l’encyclopédie préalable du lecteur et de celle posée ou présupposée par le texte, c’est-à-dire ce qu’on appellera la xenoencyclopédie.
De fait, Richard Saint Gelais dit :
Un lecteur n'est frustré par à un texte qu'à lui appliquer un réglage que celui-ci récuse ou subvertit. [...] La cohérence du monde fictif n'est pas en amont de la lecture mais en aval. La science fiction se prête le plus souvent à une lecture qui croit recouvrer (aussitôt ou en terme d'opérations patentes) une cohérence en quelque sorte tapie dans le texte ; au-delà de son effet de frustration, " the four colour problem " rappelle que les mondes fictifs ne sont que de précaires constructions textuelles et lecturales.
C'est toujours le cas, quoique la plupart des textes n'insistent guère dessus. La plupart confortent plutôt l'impression que la langue extraterrestre (ou l'état futur d'une langue connue) existe, et qu'il revient au lecteur de l'acquérir à travers sa fréquentation du texte. La science-fiction place alors le lecteur dans une situation semblable à celle du locuteur qui maîtrise imparfaitement une langue étrangère, et qui lui aussi peut inférer le sens des termes inconnus à partir d'indices environnants, à cette différence près que [...] le lecteur de science-fiction n'emmagasine pas le terme élucidé pour usage ultérieur face à d'autres textes, mais traite le sens nouvellement acquis comme un savoir de travail, étroitement lié au texte qu'il est à parcourir : implicitement donné comme indépendant de ce dernier, généré en fait par ce dernier.
Bref, si le sujet t'intéresse, tu trouveras une bonne dizaine de pages dans l'Empire du pseudo de Richard Saint Gelais à ce propos. Comment résumer l'affaire ? Je vais prendre la première phrase du roman Le Monde inverti : J'avais atteint l'âge de mille kilomètres. Vocabulaire imaginaire, donc. Qu'est-ce que cela implique pour toi ? Pour ce personnage, son mode de vie, à partir de cette seule phrase ? Si dans ton roman ce vocabulaire imaginaire est nécessaire , utilise-le. Si tu veux saturer ton texte à la William Gibson, où parfois le sens des mots n'est jamais donné, fais-le, mais cela recouvre d'une certaine esthétique. Si, finalement, tu penses que tes mots-fictions ne rentrent pas dans ces cases, enlève-les.

Par ailleurs :
Sur cette planète, les notions sont différentes des nôtres, les animaux sont différents, et les langues sont différentes. Pour donner un simple exemple, le chiffre 3 est très important puisque la planète possède trois lunes, trois astres lumineux, trois continents, etc. Par conséquent, il est logique que la culture des habitants tourne autour de 3. Il y a ainsi trois points cardinaux, trois périodes dans la journée, etc. Mais je m'égare peut-être un peu...


Le chiffre trois est l'un des plus importants de nos civilisations, qu'il s'agisse de la Chine ou de l'Europe. Raté ;)
Chaque monde a ses lois, le tout est de les découvrir.
L'œil dans le ciel, Philip Dick.

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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Gaël » mar. déc. 03, 2013 11:34 am

Le fait que tu es axé ton imaginaire autour du chiffre trois, je trouve cela intérressant et original, personnellement.

Après pour ce qui est des néologismes, moi je pense que tu peux les utiliser dans toutes les histoires. C'est une question d'harmonie et de dosage.

Par exemple tu peux donner un nouveau nom à un arbre, une fleur, car ils existent uniquement dans ton monde et ils ont leur propre particularité, moi je pense que ce sera un plus ! (et puis appelé un arbre "un chêne", sur une nouvelle étoile, dans un nouveau monde, ca le fait pas trop je trouve :))... si je lis ça y a un souci ! :) ou sinon il faut que tu mélanges les deux alors !

Pour ce qui est de la langue construite, tu peux mettre des phrases en fin de dialogues, et donner les explications (entre guillemets), après a toi de trouver là aussi l'harmonie de le raconter pour que ca fasse pas definition...

Moi par exemple pour l'utilisation de certain pouvoir, mes personnages utilisent une langue construite et en italique (le texte a une version en francaise mais que je ne met pas, car j'ai crée de vrais langues, c'est mon passe-temps) ce qui fait que c'est cohérent c'est que j'ai expliquer pourquoi elle allait utiliser ce pouvoir (par le récit, la narration, l'environnement, l'intrigue), j'ai crée un cadre avant, et après le texte en italique, pour que la cohérence soit au rendez-vous.

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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Beorn » mar. déc. 03, 2013 12:09 pm

En premier lieu, je vais faire mon vieux grincheux et je sais que cela peut-être agaçant, donc je te demande pardon de le dire, mais... une sage en 10 tomes, je trouve cela extrêmement ambitieux.
En général, je pose toujours la même question dans ces cas-là : pourquoi ne pas commencer par une histoire plus courte et essayer de la maîtriser déjà de bout en bout ?
Pour citer RR Martin dans cette interview traduite ici : http://ecrire-un-roman.blogspot.fr/2013 ... ucces.html
Ces derniers jours, je rencontre beaucoup trop de jeunes écrivains qui tentent de démarrer avec un roman tout de suite, ou une trilogie, ou même une série de neuf livres. C’est escalader l’Everest sans expérience.
Mais bien évidemment, je sais que d'autres l'ont fait et ça peut fort bien marcher. Donc si c'est vraiment ce que tu veux faire, alors vas-y. ;)

En second lieu, personnellement, je suis extrêmement prudent avec les mots de vocabulaire inventé. Je sais que dans un univers qui n'existe pas, ils sont utiles, ils peuvent aider à s'immerger, à créer un sentiment d'étrangeté et d'émerveillement. Donc oui, c'est une bonne chose d'en mettre, je crois.
Mais attention à deux choses :

1) il ne faut pas les choisir n'importe comment, à mon avis.
-Si tu as affaire à un peuple qui a sa propre langue, les mots de cette langue devraient avoir des consonances reconnaissables ou cohérentes. On n'imagine pas un peuple parlant l'arabe et inventant un mot tel que "Kobayachi". Ni un peuple parlant le Norois inventer un Dieu qui s'appellerait "N'Dolo".
-Il vaut mieux éviter les consonances imprononçables, qui rendent difficiles l'"appropriation" du mot par le lecteur, ainsi que les noms inventés qui ressemblent trop à du déjà-vu comme ceux de Tolkien, ce qui risque de "parasiter" l'image que tu cherches à créer avec les images d'autres univers (ou alors, tu fais exprès de rappeler l'ambiance d'un autre univers, mais alors, il faut en être conscient)
-Ne pas inventer un mot juste pour désigner quelque chose qui existe déjà (cela a déjà été dit). Si tu es dans une forêt, il sera beaucoup plus facile d'appeler les arbres des chênes que des "Gudruk" tout en expliquant longuement que les Gudruks sont des arbres à feuilles dentelés et caduques, à la croissance lente et au bois très solide (ben, c'est un chêne alors, tout ça pour ça ?). Ou alors, tu inventes un nouvel arbre qui apporte quelque chose d'utile à l'histoire, une espèce qui a vraiment quelque chose de particulier.

2) chaque mot que tu introduis, au moment où tu l'introduis, crée une gêne pour le lecteur. Il faut en avoir conscience. Peut-être qu'au fil des pages, cette étrangeté deviendra une force, mais la première rencontre avec le mot sera toujours un obstacle à passer.
-Donc, à mon avis, il vaut mieux faire en sorte que ce "saut d'obstacle" soit le plus facile possible. Il vaut mieux éviter d'en mettre plusieurs à la fois, par exemple, et attendre que chaque mot soit déjà bien compris et plusieurs fois utilisé avant d'en introduire un nouveau. Et il s'agit aussi de les insérer dans le texte de manière à ce que, à chaque fois, on sache de quoi on parle avec le contexte - ou du moins, qu'on en ait déjà une idée assez précise.
-Je pense aussi que chaque mot inventé est un investissement pour l'avenir : si tu l'introduis, alors il faut l'utiliser plusieurs fois. Il faut que le lecteur l'intègre à son vocabulaire connu, qu'il en arrive à ne plus le lire avec gêne. Donc il faut l'utiliser souvent.
-Ce qui est très mauvais, je pense, c'est de créer une image mentale erronée dans l'esprit du lecteur. Soit il conservera cette image et tes scènes lui paraîtront incohérentes (par exemple, si dans ton idée, la monture du personnage est grande comme un éléphant, mais que, du fait du manque de précision du texte, le lecteur s'imagine qu'il est grand comme un cheval, il ne comprendra pas comment cette monture peut démolir une maison) soit il sera obligé de modifier son image mentale, de corriger a posteriori toutes les scènes qu'il a déjà lues.
C'est un coup à éjecter le lecteur hors de sa lecture...

Il y avait un billet assez drôle de Boulet à ce sujet (même si je n'aime pas qu'on caricature la fantasy, de manière générale :wamp: mais là, c'est drôle :mrgreen: )
http://www.bouletcorp.com/blog/2010/05/21/fantasy/
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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Francis Ash » mar. déc. 03, 2013 12:19 pm

Ca me rappelle "le secret de Ji" et ses suites, avec leur système décimal pour le temps
Ah, je ne connaissais pas cette oeuvre... Système décimal pour le temps, oui, belle torture mentale :)
Clairement dès qu'on essaye de toucher à des notions trop fondamentales, on perd tout le monde. Je crois que les lecteurs de Fantasy n'ont pas envie de ça, et surtout, ils n'en ont pas besoin.
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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Xavier » mer. déc. 04, 2013 5:24 pm

Comme personne ne l'a fait avant moi, je vais te renvoyer vers deux dessinateurs qui en quelques traits dressent bien l'idée que j'ai du vocabulaire inventé :
* XKCD - Fiction rule of thumb
* Boulet - Et si je lisais un peu de fantasy ?

Après, je crois que tout a déjà été dit et redit par ceux qui m'ont précédé.

Juste une chose que je n'ai que peu vue dans les posts précédents : un mot est à la fois signifiant et signifié, sa graphie a donc autant un impact sur le lecteur sur son sens.
Un vocabulaire inédit peut donc être pertinent car il véhicule par sa graphie et son étymologie (supposée) une imagerie qui peut être forte, mais il le fait souvent au détriment d'une perte de sens que le lecteur doit combler - et quand un lecteur doit faire un travail volontaire, c'est toujours mauvais signe.

L'exemple habituel sans passer par un vocabulaire nouveau est celui des prénoms ou des toponymes.
Si je commence une histoire en disant "Osha et Mirakuma sont venus chez moi", on s'imagine de suite une ambiance asiatique, mais si je les appelle Adélaïde et Ferdinand, on se projette plutôt dans la France du XIXe siècle. Pourtant, je n'ai fait que changer des consonances. De même, si je situe mon histoire dans la charmante bourgade de Brachenflütenburg, on s'imagine plutôt un manoir bavarois qu'une pagode. Ça reste valable pour les armes (si mes protagonistes ont des épées, que je dise "rapière", "cimeterre" ou "Zweihänder", je n'évoque pas le même bout de métal).
Je conseille donc plutôt l'usage de mots réels ou proches du réel, avec des consonances suggestives. J'ai par exemple un village qui s'appelle Milracines ; ça n'existe pas, mais on s'imagine tout de suite le truc plus rural que citadin.

Aussi, autre chose : si ton histoire se déroule sur une autre planète, pourquoi le roman est-il en français à l'exception de certains mots ? Si Karakuktchi veut dire chez toi "les trois lunes", je préfère lire un truc comme Tiercelune ou Triselenite ou que sais-je, car c'est comme ça que l'entendent tes personnages, eux.

Anonyme_Quatre

Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Anonyme_Quatre » mer. déc. 04, 2013 5:32 pm

Aussi, autre chose : si ton histoire se déroule sur une autre planète, pourquoi le roman est-il en français à l'exception de certains mots ? Si Karakuktchi veut dire chez toi "les trois lunes", je préfère lire un truc comme Tiercelune ou Triselenite ou que sais-je, car c'est comme ça que l'entendent tes personnages, eux.
Là, je suis d'accord et pas d'accord x) c'est comme si on allait en Chine et qu'on traduisait tous les noms.

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Re: Vocabulaire imaginaire

Message par Xavier » mer. déc. 04, 2013 5:44 pm

Nariel Limbaear a écrit :
Aussi, autre chose : si ton histoire se déroule sur une autre planète, pourquoi le roman est-il en français à l'exception de certains mots ? Si Karakuktchi veut dire chez toi "les trois lunes", je préfère lire un truc comme Tiercelune ou Triselenite ou que sais-je, car c'est comme ça que l'entendent tes personnages, eux.
Là, je suis d'accord et pas d'accord x) c'est comme si on allait en Chine et qu'on traduisait tous les noms.
Et on ne le fait pas pour conserver la phonétique d'origine, et tout ce qu'elle véhicule :) ce qui rejoint mon exemple des prénoms et des toponymes, qui sont typiquement les trucs qu'on ne traduit que peu pour en conserver les origines.

J'avoue ne pas avoir été clair, mais ma dernière phrase visait en fait les 190 mots de trop du lexique de 200. Ainsi, on garde les noms chinois, mais on ne garde pas tous les termes : on dira bien "un service à thé" et non "Chájù" (merci google translate).
En gros, je voulais dire : pourquoi avoir 200 mots non traduits et pas 20 ou 2000 ? Pourquoi ce choix médian ?

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