[A] Créer un monde vivant

Sujets inactifs depuis un an ou plus

Modérateur : Crazy

Avatar de l’utilisateur
Trino
Batracien
Messages : 29
Inscription : mar. mars 11, 2014 4:09 pm
Rang special : 42
Localisation : / :noitasilacoL (oui, je suis dans un miroir)

[A] Créer un monde vivant

Message par Trino » sam. mars 15, 2014 3:40 pm

Le monde vivant selon Trino :
J'en ai déjà parlé sur mon fil de challenge, mais je voulais en parler plus précisément pour vous convaincre. Un monde vivant est au roman, ce qu'un open-world est aux jeux vidéo. C'est-à-dire un monde qui existe indépendamment de l'histoire racontée. Il ne doit pas être un simple prétexte à l'histoire. Monde vivant est un terme que j'ai inventé, donc ne chercher pas sur internet ça ne parlera pas forcément de la même chose.

Comment faire un monde vivant :
La plupart des romans se passent dans le monde réel, il n'y a donc pas besoin de créer un monde à proprement parler, mais il doit exister des sous-mondes. Par exemple, votre Héros, est un employé de bureau, on doit donc créé l'univers de cette entreprise. Lui donner un nom, dire à quoi elle sert, que font les employés, définir la hiérarchie, et tout ça sur une fiche ou dans votre tête. Puis une fois votre "fiche: monde bureau" finie, vous pouvez commencer à écrire la partie de l'intrigue qui se déroule dans le bureau. Il faut être conscient du "monde bureau" et c'est ça qui changera tout. Car en effet, vous serez toute suite plus enclins à décrire tous les petits détails de l'entreprise quand votre protagoniste se rendra à son travail. Vous allez voir les gens bouger autour de votre personnage, vous allez entendre sonner les téléphones, etc. Vous aurez donc conscience de ce "sous-monde vivant" de l'histoire qui fait sa petite vie en dehors de l'intrigue.
La conséquence, c'est que vous n'écrirez plus, "nom de votre héros" tapotait sur son clavier, mais "Nom de votre héros" reçu le dossier de germaine Dupont, une vielle dame en phase terminale de cancer dont les enfants se battaient déjà pour se partager l'héritage.
Et c'est là que vous ferrez la différence par rapport à ceux qui n'ont pas de monde vivant. Vous serez plus enclin à créer des micros histoires, dans votre histoire, le lecteur s'imaginera la pauvre Germaine Dupont, et n'aura plus des œillères sur votre histoire. Et il pourra regarder ce qu'il se passe autour de votre intrigue, et même se balader dans votre univers (élément très important dans un livre de fantasy). Il sera : sur la scène ; il ne sera plus : spectateur d'une pièce de théâtre ! Il se passionnera plus facilement pour le livre, il sera dans le livre ! Et cela va booster votre créativité au passage.

Mais le plus important, c'est que ça donne vie à votre intrigue, que ça la rende plus intéressante ! En effet parfois vous vous rendrez compte que un de vos sous monde/histoire devrait revenir pour faire avancer l'intrigue général. Imaginons, nous sommes en plein milieu de l'intrigue, et votre employé de bureau et devenu entre-temps un inspecteur de police en herbe. Il essaye de comprendre pourquoi ils ont tué Henry Smith, car il n'avait pas de rapport direct avec Jack Sparto contrairement à tous les autres meurtres !. Et là pendant qu'il réfléchit, deux personnages un peu inutiles, que vous aurez définis pour rendre votre "monde bureau" vivant seront en train de discuter et de blaguer à la machine à café : -tu as vu elle est finalement morte la germaine Dupont, ses enfants ont couper la chimio pour toucher l'héritage plus vite ah ah ! Et là, eurêka chez notre héros, c'était pour l'héritage qu'il a été assassiné, car il était très riche ! ET la vôtre héros pourra continuer ces recherches en se rendant chez Laura Smith, fille unique de henry smith, qui elle aura un rapport avec Jack Sparto. Le lecteur se passionnera plus facilement pour l'intrigue.

Les différents genres.

Les romans d'anticipation : c'est pareil, sauf qu'il faut faire évoluer le monde, avant de faire vos sous-mondes.
Les romans fantastiques : c'est exactement pareil pour le début, vous créé vos petits mondes, jusqu'au moment où ça part dans le fantastique et la vous faites évoluer le monde, ou en créer un nouveau, avec tout les petits sous mondes qui vont avec.
Les romans de fantasy : nouveau monde de toutes pièces, avec des ressemblances avec le nôtre, des petits détails, pour passionner le lecteur, et une tripoté de sous-mondes.

À partir de ici, c'est plus à propos des mondes qui sont entièrement différents ou qui ont évolué par rapport au monde normal
Star wars est un exemple évidant de monde vivant. Typiquement le fait qu'il y a plein de planètes...
En effet, il y a plein de planètes avec des histoires, que l'on mentionne partiellement, ou pas du tout.

Mes techniques, et le film démolition man
On va prendre un exemple pratique : le film Démolition man, je vous conseille de le voir car c'est l'exemple le plus flagrant de monde vivant, enfin des techniques pour faire un monde vivant, elles sont toutes présentes (ou presque), et l'univers déjanté du film fait qu'elles sont toutes bien visible !
Commencer en plein milieu de l'intrigue :
C'est aussi le cas de star wars, le vaisseau rebelle se fait prendre par l'empire. C'est un peu moins le cas dans démolition man. Le fait de commencer au milieu va surtout montrer que votre monde existait déjà avant l'intrigue. Indiana Jones est un très bonne exemple de film qui commence en plein milieu. les James Bond commencent toujours à la fin d'une mission.
Justifier pourquoi on explique l'histoire et le fonctionnement du monde au lecteur :
C'est un problème majeur du monde vivant, si le monde existe de lui-même pourquoi l'expliquer dans l'intrigue ? Mais il est assez facile à résoudre ! Il suffit que le personnage soit étranger à se monde, et le découvre avec le lecteur. Dans démolition man tout est basé sur cela. Dans les jeux comme final fantasy, les personnages ont souvent perdu la mémoire et doivent tout réapprendre. On peut aussi raconter sans justifier.
L'Omission partiel :
Je me suis rendu compte que c'était un terme impropre (merci tibz). En réalité, c'est ça le sens que j'entendais :
Ne pas tout dire sur un détail qui est lui-même déjà un ajout ! Ne pas tout dire sur un détail qui n'a pas beaucoup d'intérêt, genre ne pas dire l'age ou quel type de cancer a germaine Dupont ! Je parle uniquement du monde autour de l'intrigue. Pas de l'intrigue, il ne faut pas omettre des choses sur l'intrigue !
Le meilleur exemple : les 3 coquillages. On ne sait pas comment on les utilise au final :D. Regarder le film, vous comprendrez.
Les petits détails qui tuent :
Dans démolition man, une crise alimentaire a fait que tous les restaurants sont devenus des pizza-hut. Et on apprend à Stallone ( qui viens du passé, il était en cryogénisation) qu'Arnold Schwarzenegger est devenu Président des États-Unis malgré sa nationalité autrichienne à cause d'un nouvel amendement. Rien d'autre à ajouter.

Sortons du film:
Le livre dans le livre :
C'est très très pratique, voyer ce livre comme un pokedex pour les plus jeunes. Et une recherche Google pour les plus vieux, et le Quid pour les très vieux (je vous taquine)
Un des plus célèbres livres dans un livre est, bien sûr, le guide du voyager intergalactique. Dans une de mes histoires (que je vais reprendre après la pensée unique) le héros avait un livre qui évoluait, et qui donnait des conseils en magie, il lui faisait apprendre ses sorts via des énigmes, tout en lui expliquant l'histoire du monde.
Créer des points d'attache pour l'intrigue :
C'est après avoir écrit le point d'attache que vous allez penser à l'utiliser, alors autant en faire plein. Par point d'attache, j'entends les petites histoires ou objets. Typiquement, Germaine Dupont est un point d'attache.
faire des croquis, musique, multiplier les supports de votre monde
Les auteurs fantasy le savent très bien. Faire une carte de son monde est très immersif, alors pourquoi s'en priver. On peut aussi faire des croquis, je vais en faire un pour mieux décrire les colonies des scientifiques de mon challenge pensée unique, je sais que ça va ressembler à quelque chose comme dans The island, je vais donc regarder à nouveau le film, et peut être faire des croquis, pour l'organisation, puis je vais créé des sous-monde dans les sous-monde de la colonie scientifique avant de la décrire.

Je rajouterai d'autres techniques si ça vous intéresse vraiment
:yata: J'ai fait une correction orthographique partielle. :yata:
Dernière modification par Trino le dim. mars 16, 2014 8:19 am, modifié 17 fois.

thibz
Batracien
Messages : 6
Inscription : mar. mars 04, 2014 7:31 am
Rang special : écrivain

Re: l'univers d'un livre : un monde vivant.

Message par thibz » sam. mars 15, 2014 4:20 pm

Analyse intéressante Trino. J'ai tout particulièrement apprécié la notion de "sous-monde" qui est incroyablement vraie et sur laquelle repose en effet une part énorme de l'immersion du lecteur dans l'univers :) .

Maintenant, concernant la notion d'omission, j'émet quelques réserves. J'ignore si tu parles d'omission dans le sens "dissimuler une information au lecteur ou au spectateur". Si tel est le cas, personnellement j'ai horreur de cette méthode. Dans le pire des cas, ça me fait décrocher du livre, dans le meilleur des cas, je suis suffisamment absorbé pour simplement regretter que l'auteur se soit contenté d'utiliser cette technique très simpliste.

Selon moi, pour qu'une intrigue et une chute soit réussies, il faut que le lecteur dispose de tous les éléments. Le jeu pour l'auteur réside alors dans sa capacité à imaginer, créer des situations, des entrelacements suffisamment élaborés pour que le lecteur ne pense plus à certaines choses, ou bien pour qu'il puisse imaginer différentes solutions.

Si le lecteur possède un esprit suffisamment aiguisé, il devinera peut-être où l'auteur veut en venir. Je ne pense pas que cela soit un problème en temps que soit. Le lecteur se sent ainsi pleinement dans le récit: il connais l'univers, parvient à s'y retrouver parfaitement malgré les nombreuses intrigues et doutes que l'auteur peut semer çà et là. Dans le cas contraire, le lecteur ne pense plus du tout à cet élément, à cette possibilité, et l'intrigue, la chute se révèle d'autant plus palpitante que l'auteur ne s'y attendait pas alors qu'il avait tous les éléments entre ses mains.

Ensuite, c'est un avis personnel et, comme je le disais, je ne suis pas certain que par "omission" tu entendais "dissimulation". :hihihi:

Avatar de l’utilisateur
Trino
Batracien
Messages : 29
Inscription : mar. mars 11, 2014 4:09 pm
Rang special : 42
Localisation : / :noitasilacoL (oui, je suis dans un miroir)

Re: l'univers d'un livre : un monde vivant.

Message par Trino » sam. mars 15, 2014 4:26 pm

les deux en faite, par omission j'entend ne pas tout révéler à l'instant T, pour le faire à la fin, ou petit à petit, ou jamais.
l'omission, c'est à une dose homéopathique, comme les 3 coquillages.
tu as raison je vais modifier omission je ne le voyais pas comme sa merci.
par omission voila se que j'entendais:
-dire le nom de l'objet, sa fonction et son but, mais omettre comment on l'utilise, ou une information.
-Ne pas tout dire sur le monde vivant, ne pas écrire toute la fiche bureau par exemple.

thibz
Batracien
Messages : 6
Inscription : mar. mars 04, 2014 7:31 am
Rang special : écrivain

Re: l'univers d'un livre : un monde vivant.

Message par thibz » sam. mars 15, 2014 5:15 pm

Ah oui, je comprends mieux alors!

Les petits détails comptent effectivement beaucoup, et j'adhère également au concept des "points d'attaches".

Un bon sujet de conversation qui méritera d'être enrichi je pense ;)

Avatar de l’utilisateur
Trino
Batracien
Messages : 29
Inscription : mar. mars 11, 2014 4:09 pm
Rang special : 42
Localisation : / :noitasilacoL (oui, je suis dans un miroir)

Re: l'univers d'un livre : un monde vivant.

Message par Trino » sam. mars 15, 2014 6:59 pm

oui les points d'attaches sont important aussi :) faut vraiment voir l'intrigue comme une corde, et le monde comme des points d'attaches
j'ai amélioré et ajouter des choses au post, bonne lecture.

Répondre