Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématique

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Swald
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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par Swald » jeu. oct. 27, 2011 8:34 am

Swald a écrit :Je ne suis pas sûre du tout qu'Antidote puisse repérer une répétition du genre de celles évoquées par Flaubert. Quand je lis "100 à 200 pages plus haut", j'imagine qu'on est dans une répétition structurelle, que Flaubert traquait les infos données à plusieurs endroits, où qu'il réorganisait l'enchaînement des scènes. Sinon quoi d'autre ?
Tigrette a écrit :Je ne comprend pas très bien le sens de ton "Sinon quoi d'autre".
Sans prétendre savoir à quoi fait référence exactement Flaubert dans cet extrait, il semble clair à la lecture que certaines parties du processus d'écriture lui semblaient fastidieuses, et que tout ne coulait pas de source.
Pour moi, l'utilité des logiciels d'aide à la rédaction se situe là [...] Le recherche de répétitions est l'une des fonctions, et je crois qu'en repérant et en évitant certaines d'entre elles, on enrichit son style.
Je ne peux qu'être d'accord avec toi sur ce fait hyper connu : Flaubert trouvait l'écriture difficile, raturait, réécrivait, et n'était en définitive jamais satisfait.
Ce que je remettais en cause, c'est l'utilité d'Antidote pour repérer les répétitions structurelles (ce qu'Isa S explique et illustre mieux que moi).
Parce que la citation que tu utilisais pour illustrer ton propos parlait bien de répétitions espacées de 100 à 200 pages et, non, je ne vois pas de quel genre de répétition il peut s'agir à part de répétitions structurelles.

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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par tigrette » jeu. oct. 27, 2011 9:44 am

Pour appuyer mon idée, et j'en resterai là parceque comme le dit le NB, la voix de la sagesse, on ne peut pas faire parler les morts, voilà un autre extrait de la correspondance de Flaubert :


Croisset, nuit de mardi,14-15 juin 1853.
Me sentant ce matin en grande humeur de style, j'ai, après ma leçon de géographie à ma nièce, empoigné ma Bovary et j'ai esquissé trois pages dans mon après-midi, que je viens de récrire ce soir. Le mouvement en est furieux et plein. J'y découvrirai sans doute mille répétitions de mots qu'il faudra ôter. À l'heure qu'il est, j'en vois peu.


extrait d'une lettre de Flaubert à Louise Collet

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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par alaric » jeu. oct. 27, 2011 10:49 am

Ce qui ressort clairement de toutes ces remarques pour moi, c'est que même les grands auteurs passés étaient obligés de reprendre leur premier jet pour les retravailler.

Ainsi, même à l'époque la chasse aux synonymes était déjà ouverte.
Peu importe les armes dont on se fourbit, tant que l'on rentre la musette pleine suite à ce dur labeur.

Répétitions structurelle, répétitions de vocabulaire, répétitions de style... comme lors de la taille d'un arbre, tout n'est pas forcément bon à enlever. Il faut simplement le faire en utilisant notre bon sens pour en laisser pourquoi pas un peu ici ou là. Si cela apporte une plus-value conséquente, il n'y a pas forcément de raison de s'en priver (dans une moindre mesure). ;)
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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par Swald » jeu. oct. 27, 2011 10:50 am

Tigrette a écrit :Pour appuyer mon idée, et j'en resterai là parceque comme le dit le NB, la voix de la sagesse, on ne peut pas faire parler les morts,
+1 avec NB :1010:
Sinon, ton exemple parle encore des répétitions de mots dans un extrait court.
Quel est ton avis sur Antidote et les répétitions structurelles ?

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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par Ayaquina » jeu. oct. 27, 2011 11:09 am

Pour ma part, je suis totalement d'accord avec Behra sur le fait que très souvent on corrige les phrases longues (mais c'est valable pour d'autres choses sur le plan stylistique) sans se préoccuper de l'effet de style qu'à cherché à produire l'auteur. J'adore les phrases longues dans lesquelles on ne se perd pas, mais il faut effectivement, que ça coule de source, que ça reste compréhensible et que l'on arrive à reprendre son souffle. C'est dur ce faire des belles envolées si on se prive à chaque fois de longueur. Le tout est d'être exigeant avec soi-même et ne pas le faire juste parce qu'on a la flemme de faire deux phrases. C'est très beau également quant on alterne les rythmes, phrase longue puis très courte, voire dans verbe. Bref toutes les astuces littéraires qui permettent d'éviter l'ennui et la routine qui peuvent s'installer à la lecture d'un texte. Le tout, c'est de comprendre si c'est maîtrisé, si ça a un bénéfice quelconque pour le texte et si c'est compréhensible. Et je rajouterai sans m'étaler pour ne pas sortir du sujet, que c'est le cas pour plein d'autres usages de la langue qui doivent être tolérés à mon sens, tant qu'ils sont possibles et apportent quelque chose au style. Et pour cela, il faut être à l'écoute de l'intention de l'auteur et évaluer la plus ou moins bonne réussite de cette intention ^^
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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par tigrette » jeu. oct. 27, 2011 11:28 am

Swald a écrit :
Tigrette a écrit :Pour appuyer mon idée, et j'en resterai là parceque comme le dit le NB, la voix de la sagesse, on ne peut pas faire parler les morts,
+1 avec NB :1010:
Sinon, ton exemple parle encore des répétitions de mots dans un extrait court.
Quel est ton avis sur Antidote et les répétitions structurelles ?
Je ne comprend pas où tu veux en venir.

C'est un fait avéré que Flaubert était un obsessionnel du style et de la phrase parfaite (comme peut l'être un Garcia Marquez qui lui aussi chasse les répétions à l’extrême dans ses livres.). D'autres auteurs, comme Proust ou Kundera sont au contraire de ceux qui disent que les répétitions ne doivent pas être chassées pour ne pas annuler la voix de l'auteur.

Ce que je cherche à dire, c'est que le fait de traquer ou nom les répétitions n'est pas lié à une bonne ou une mauvaise écriture ou style. Chaque auteur est différent, et le fait d'utiliser un outil tel qu'antidote ou d'autres ne détermine pas le talent ou le manque de talent d'un écrivain. C'est un outil que l'on choisit d'utiliser ou non.

Pour moi, il y a deux types de répétitions structurelles. Il peut s'agir de scènes similaires dans un roman placées consciemment ou inconsciemment par l'auteur (j'en ai plusieurs dans le mien) qui mettent en relief les changements du (des) héros en le (les) plaçant dans des circonstances similaires. Dans ce cas, à la relecture, l'auteur ne peut que s'en apercevoir, et décider de garder l'effet ou non.
Il peut s'agir également de scènes construites sur le même modèle, avec des tournures de phrases similaires, une progression identique dans l'action etc. Dans ce cas, Antidote peut être utile parce qu'on peut lui faire rechercher des phrases construites de manière semblable et pister ainsi d'éventuelles répétions de structure.

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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par Ayaquina » jeu. oct. 27, 2011 11:59 am

Ce que je cherche à dire, c'est que le fait de traquer ou nom les répétitions n'est pas lié à une bonne ou une mauvaise écriture ou style. Chaque auteur est différent, et le fait d'utiliser un outil tel qu'antidote ou d'autres ne détermine pas le talent ou le manque de talent d'un écrivain. C'est un outil que l'on choisit d'utiliser ou non.

Pour moi, il y a deux types de répétitions structurelles. Il peut s'agir de scènes similaires dans un roman placées consciemment ou inconsciemment par l'auteur (j'en ai plusieurs dans le mien) qui mettent en relief les changements du (des) héros en le (les) plaçant dans des circonstances similaires. Dans ce cas, à la relecture, l'auteur ne peut que s'en apercevoir, et décider de garder l'effet ou non.
Il peut s'agir également de scènes construites sur le même modèle, avec des tournures de phrases similaires, une progression identique dans l'action etc. Dans ce cas, Antidote peut être utile parce qu'on peut lui faire rechercher des phrases construites de manière semblable et pister ainsi d'éventuelles répétions de structure.
Je me permet d'intervenir juste pour replacer cette réflexion dans le contexte du sujet initial: Lorsqu'il s'agit de notre propre texte, nous avons effectivement le choix d'utiliser des logiciels ou pas et de décider en fonction si ça colle avec ce qu'on voulait en faire. Mais la question posée au départ, et que je trouve très pertinente est le fait que les bêta lecteurs ont parfois la tentation de s'enfermer dans des évaluations rassurantes, en fonction de règles stylistiques recommandées, bien vues ou conseillées, et qui pourraient avoir comme dérive d'uniformiser les styles et finalement d'appauvrir la spontanéité et l'originalité des auteurs. Or, en tant que Bêta lecteur nous sommes là pour aider l'auteur à améliorer son texte et non pas à le normaliser. On peut lui conseiller des choses en lui expliquant notre objectif, mais le pousser systématiquement à corriger sans s'interroger sur l'émotion ou la musicalité (par exemple) que sa phrase a pu produire, c'est dommage. Et bien sûr, si les grands écrivains l'étaient c'est parce qu'ils arrivaient à jouer avec la langue en la poussant dans ses retranchements, parfois même à la limite de ce qui pouvait être considéré comme académique. Le tout c'est de le faire avec rigueur et maîtrise.
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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par Swald » jeu. oct. 27, 2011 12:18 pm

Tigrette a écrit :Je ne comprend pas où tu veux en venir.
Où je veux en venir ? Je l'avais indiqué dans mon premier post
Swald a écrit :Je ne suis pas sûre du tout qu'Antidote puisse repérer une répétition du genre de celles évoquées par Flaubert. Quand je lis "100 à 200 pages plus haut", j'imagine qu'on est dans une répétition structurelle, que Flaubert traquait les infos données à plusieurs endroits, où qu'il réorganisait l'enchaînement des scènes. Sinon quoi d'autre ?
Mais tu réponds à ma question :yata:
Tigrette a écrit :IPour moi, il y a deux types de répétitions structurelles. Il peut s'agir de scènes similaires dans un roman placées consciemment ou inconsciemment par l'auteur (j'en ai plusieurs dans le mien) qui mettent en relief les changements du (des) héros en le (les) plaçant dans des circonstances similaires. Dans ce cas, à la relecture, l'auteur ne peut que s'en apercevoir, et décider de garder l'effet ou non.
Il peut s'agir également de scènes construites sur le même modèle, avec des tournures de phrases similaires, une progression identique dans l'action etc. Dans ce cas, Antidote peut être utile parce qu'on peut lui faire rechercher des phrases construites de manière semblable et pister ainsi d'éventuelles répétions de structure.
Antidote peut repérer les phrases à construction identique et des scènes construites sur le même modèle :shock:

(un jour j'essaierai Antidote)

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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par tigrette » jeu. oct. 27, 2011 1:00 pm

Je ne comprends toujours pas.
Tu sembles être certaine que Flaubert parlait de répétitions structurelles dans le premier extrait concernant Salammbô. Je n'en suis pas si sûre. Certains mots répétés au début et à la fin d'un livre se "voient". Garcia Marquez dans son Cent ans de solitude s'est refusé à répéter le mot diaphane qu'il a utilisé une première fois au début de son roman à la fin de ce dernier. Et ceux qui ont étudié Flaubert disent que qu'il cherchait à éviter les répétitions de mots, de tournure etc. Je ne vois en quoi ça infirme mon hypothèse que certains auteurs classiques n'aurait pas craché sur un outil tel qu'Antidote.
Je ne donne pas de jugement de valeur, je répondais à Celia qui contestait mon hypothèse en donnant des arguments qui me laissent penser le contraire.

Swald a écrit :
Tigrette a écrit :IPour moi, il y a deux types de répétitions structurelles. Il peut s'agir de scènes similaires dans un roman placées consciemment ou inconsciemment par l'auteur (j'en ai plusieurs dans le mien) qui mettent en relief les changements du (des) héros en le (les) plaçant dans des circonstances similaires. Dans ce cas, à la relecture, l'auteur ne peut que s'en apercevoir, et décider de garder l'effet ou non.
Il peut s'agir également de scènes construites sur le même modèle, avec des tournures de phrases similaires, une progression identique dans l'action etc. Dans ce cas, Antidote peut être utile parce qu'on peut lui faire rechercher des phrases construites de manière semblable et pister ainsi d'éventuelles répétions de structure.
Antidote peut repérer les phrases à construction identique et des scènes construites sur le même modèle :shock:

(un jour j'essaierai Antidote)
Ce n'est pas tout à fait ce que j'ai dit. Antidote permet de trier les phrases par construction (passive, sans verbe, impersonnelles etc), et il n'y a pas qu'Antidote, on peut rechercher des groupes de mots sur Word ou Open Office, etc.

Mais on s'éloigne en effet du sujet.

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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par Swald » jeu. oct. 27, 2011 1:53 pm

tigrette a écrit :
Swald a écrit :
Tigrette a écrit :IPour moi, il y a deux types de répétitions structurelles. Il peut s'agir de scènes similaires dans un roman placées consciemment ou inconsciemment par l'auteur (j'en ai plusieurs dans le mien) qui mettent en relief les changements du (des) héros en le (les) plaçant dans des circonstances similaires. Dans ce cas, à la relecture, l'auteur ne peut que s'en apercevoir, et décider de garder l'effet ou non.
Il peut s'agir également de scènes construites sur le même modèle, avec des tournures de phrases similaires, une progression identique dans l'action etc. Dans ce cas, Antidote peut être utile parce qu'on peut lui faire rechercher des phrases construites de manière semblable et pister ainsi d'éventuelles répétions de structure.
Antidote peut repérer les phrases à construction identique et des scènes construites sur le même modèle :shock:
Ce n'est pas tout à fait ce que j'ai dit. Antidote permet de trier les phrases par construction (passive, sans verbe, impersonnelles etc), et il n'y a pas qu'Antidote, on peut rechercher des groupes de mots sur Word ou Open Office, etc.
Yep, là je comprends mieux. Mais pour moi il y a un gouffre entre des constructions de phrases similaires et des répétitions structurelles. D'ailleurs, je trouve même un peu léger les paramètres que tu donnes ("passive, sans verbe, impersonnelle"). Antidote permet-il de repérer, par exemple, les phrases du type "complément circonstanciel de temps + suite de la phrase" ? Perso, je les note toujours en béta, parce que c'est le genre de trucs qui me fait plus mal aux yeux que les fautes d'orthographe. De même que les phrases " complément circonstanciel+principale(+éventuelles subordonnées)+complément circonstanciel.
Sinon, je parlais d'un gouffre entre des constructions de phrases similaires et des répétitions structurelles. Prenons ton exemple de "progression identique dans l'action" (comme ça on se comprendra), quel rôle joue précisément la construction des phrases ? Pour moi, un rôle infime, d'où l'utilisation du mot "gouffre". Et pour toi ?
Tigrette a écrit :Tu sembles être certaine que Flaubert parlait de répétitions structurelles dans le premier extrait concernant Salammbô. Je n'en suis pas si sûre. Certains mots répétés au début et à la fin d'un livre se "voient".Garcia Marquez dans son Cent ans de solitude s'est refusé à répéter le mot diaphane qu'il a utilisé une première fois au début de son roman à la fin de ce dernier.
Pour en revenir aux répétitions structurelles, honnêtement non, je ne conçois pas de quoi d'autre il pourrait parler.
L'exemple que tu donnes du mot "diaphane", pour Garcia Marquez, est très intéressant mais doit être rarissime. C'est quelque chose que tu as appris en cours ? Il y a un écrit autobiographique qui l'atteste ? Ou, plutôt : Quelle est la fameuse phrase ou les deux fameuses phrases pour lesquelles Garcia Marquez a "réservé" "diaphane" ? En tous cas, j'imaginais que ce genre de contraintes amusaient surtout les gens de l'Oulipo (ou, dans un autre genre, les grenouilles... qui, à un moment, dans les challenges, parlaient de placer le mot "grenouilles")

Ceci étant, on ne va pas sortir Salammbô ni lire toute la correspondance de Flaubert pour essayer de deviner de quel type de répétitions il s'agissait.
Pour ma part, il parlait ici de répétitions structurelles. Dans d'autres extraits de correspondances, cités par Isa S, il envisageait les répétitions lexicales ou ses darlings. Si tu penses qu'il faisait référence à des répétitions lexicales, à 100 ou 200 pages de distance, loin de moi l'idée de te faire changer d'avis.

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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par tigrette » jeu. oct. 27, 2011 3:16 pm

Là, j'avoue, je suis perdue et je ne comprends pas quel est le message que tu cherches à faire passer :
Citation 1

« A mesure que j'avance, je m'aperçois des répétitions, ce qui fait que je récris à neuf des passages situés cent ou deux cents pages plus haut, besogne très amusante. Je bûche comme un nègre, je ne lis rien, je ne vois personne, j'ai une existence de curé, monotone, piètre et décolorée. »

Extrait d'une lettre de Flaubert à Ernest Feydau. 17 août 1861.
Swald a écrit:
Si tu penses qu'il faisait référence à des répétitions lexicales, à 100 ou 200 pages de distance, loin de moi l'idée de te faire changer d'avis.
Citation 2:

Croisset, nuit de mardi,14-15 juin 1853.
Me sentant ce matin en grande humeur de style, j'ai, après ma leçon de géographie à ma nièce, empoigné ma Bovary et j'ai esquissé trois pages dans mon après-midi, que je viens de récrire ce soir. Le mouvement en est furieux et plein. J'y découvrirai sans doute mille répétitions de mots qu'il faudra ôter. À l'heure qu'il est, j'en vois peu.

extrait d'une lettre de Flaubert à Louise Collet
Swald a écrit:
Sinon, ton exemple parle encore des répétitions de mots dans un extrait court.
Donc en gros, supposer qu'il évoque des répétitions éloignées te semble impossible, alors que l'on ne peut toutes les deux qu'essayer d’interpréter les paroles d'un écrivain mort près 200 ans. Mais lorsque il évoque dans une autre lettre sa chasse aux répétitions sur ce qu'il vient d'écrire, ça ne te semble pas pertinent non plus.

Enfin bref, on s'en fiche de toute manière, c'est hors sujet, c'était simplement pour étayer mon avis que si les auteurs d'autrefois avaient eu à leur disposition les outils dont nous disposons, il ne seraient sans doute pas privés, et qu'il n'y a rien d'irrévérent ni d'honteux à suggérer qu'ils pouvaient se livrer à la chasse aux répétition (entres autres) comme bon nombre d'auteurs de nos jours le font avec l'aide d'Antidote ou d'un autre logiciel.

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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par Ereold » jeu. oct. 27, 2011 3:56 pm

Je vais m'incruster un instant dans cette discussion (pour HS qu'elle soit)...
Si Garcia Marquez n'a placé que deux fois le mot "diaphane", c'est en espagnol. Parce que je sors tout juste de ma lecture en français, et justement, le mot m'a quelque peu "choqué" (bon, le terme est trop fort mais l'idée y est) parce qu'il reparaissait quelques fois au long du livre, dont une fois "diaphanéité" (et ce mot-là, il se remarque...). Quelques fois, ce n'est vraiment pas grand-chose (mais j'ai pas compté, hein) : sur 460 pages, franchement c'est rien. Mais, je sais pas trop pourquoi, j'ai remarqué qu'il revenait. (Et ça m'arrive régulièrement de relever des mots qui ne se répètent que deux ou trois fois sur un livre entier, mais qui sont tellement peu habituels que voilà...)
Alors si un lecteur le remarque, je présume que c'est aussi quelque chose qu'un auteur peut remarquer. Il suffit d'avoir un mot "fétiche" un peu rare, que l'on apprécie utiliser... et puis à la relecture on se rend compte que ça revient trop souvent pour son usage réel. Mettons que je dise d'une rue qu'elle est fuligineuse, ou d'un sol qu'il est éburnéen... si le mot revient ne fût-ce que 4 fois sur un livre de 300 pages, c'est déjà une grosse moyenne pour sa fréquence usuelle. Tout le monde ne s'en rendra pas compte, évidemment (a fortiori si on passe sur le mot sans le connaître et sans chercher à le comprendre), mais...
... on sait aussi que Flaubert était totalement obsédé par la perfection. Alors selon moi, il peut autant parler de répétitions structurelles que de répétitions de mots.

Je ne sais pas si c'est si rare que ça (bon, évidemment ça doit pas être courant non plus...). On a vite des mots fétiches qui sortent un peu trop souvent, et pour peu qu'on en fasse un usage excessif par rapport à leur usage réel, ça peut se remarquer aussi vite.

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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par Swald » jeu. oct. 27, 2011 5:10 pm

Ereold a écrit :Si Garcia Marquez n'a placé que deux fois le mot "diaphane", c'est en espagnol. Parce que je sors tout juste de ma lecture en français, et justement, le mot m'a quelque peu "choqué" (bon, le terme est trop fort mais l'idée y est) parce qu'il reparaissait quelques fois au long du livre, dont une fois "diaphanéité" (et ce mot-là, il se remarque...).
:merci: infiniment Ereold ! C'est sûr que "diaphanéité", c'est repérable !
Ceci étant, si quelqu'un a une source fiable sur le bouquin en espagnol, je suis preneuse, parce que c'est vraiment quelque chose d'intéressant à citer :wow:

@Tigrette :
Décidément, il sera dit que nous pourrons nous comprendre. En tous cas, je ne cherche pas à faire "passer un message".
La première citation que tu donnais, pour moi, indique des difficultés qui ne peuvent être traitées par Antidote. C'est sur cette première citation que je m'appuyais pour répondre, puisque, au départ, tu n'avais donné que celle-là.
Les (nombreuses) autres citation, que tu as données ensuite, montrent sans conteste que l'informatique aurait été un outil formidable pour la traque aux répétitions lexicales.
En définitive, pour moi, la première citation n'illustrait pas ton argument ; alors que les autres citations oui.
(tout ça est très normal, vu que nous ne sommes pas d'accord sur le genre de répétitions que traquait Flaubert 200 pages en amont, toi voyant des lexicales, moi des structurelles (le fait que Flaubert parle de répétitions lexicales dans certaines de ses lettres ne prouvant pas que c'est le seul type de répétitions auquel il est sensible))

Ceci étant, tu as affirmé par la suite qu'Antidote était un outil contre les répétitions structurelles. C'est cela que je souhaiterais que tu expliques, même si ce n'est pas le sujet de départ. C'est cela que je trouve très très intéressant. Et si je pose cette question, ce n'est pas pour faire passer un message anti-Antidote. Du tout. Je suis même en train de m'interroger pour savoir si je me l'achète ou non. Donc loin de moi l'idée de le jeter aux orties.

C'est pure curiosité d'éventuelle utilisatrice lorsque je te demande d'expliquer ce qui te permettait d'affirmer qu'Antidote était utile contre les répétitions structurelles.
Tigrette a écrit :IPour moi, il y a deux types de répétitions structurelles. Il peut s'agir de scènes similaires dans un roman placées consciemment ou inconsciemment par l'auteur (j'en ai plusieurs dans le mien) qui mettent en relief les changements du (des) héros en le (les) plaçant dans des circonstances similaires. Dans ce cas, à la relecture, l'auteur ne peut que s'en apercevoir, et décider de garder l'effet ou non.
Il peut s'agir également de scènes construites sur le même modèle, avec des tournures de phrases similaires, une progression identique dans l'action etc. Dans ce cas, Antidote peut être utile parce qu'on peut lui faire rechercher des phrases construites de manière semblable et pister ainsi d'éventuelles répétions de structure.

Voilà, la future utilisatrice que je suis veut simplement que tu lui expliques comment on passe du repérage des phrases construites de manière semblable aux répétitions structurelles. :wow:

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Behra
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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par Behra » mer. nov. 02, 2011 7:07 pm

bonjour
Est-ce qu' Antidote repère les répétitions de verbe dont la conjugaison fait apparaître des formes très différentes?
Je m'explique (car ce n'est pas clair). J'ai lu au-dessus de l'épaule de ma voisine d'avion (je sais , c'est très impoli :oops: ) la 1ere phrase de son marc lévy (que personnellement, je n'ai jamais lu)
Ca donnait environ ça " Pendant que mes amis prenaient le petit déjeuner, je pris le chemin de..."

Cette répétition du verbe venir dès la 1ere phrase du livre m'a étonné. Comment a-t-elle pu échapper à l'auteur?
Je me demandais si il ne s'était pas reposé sur un logiciel qui n'aurait pas repéré cette répétition parce que 'prenaient" et 'pris' étaient après tout très éloignés phonétiquement.
Qu'en pensez-vous?

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Re: Répétitions et longues phrases: tir au pigeon systématiq

Message par Anonyme_Quatre » mer. nov. 02, 2011 7:13 pm

Non, Antidote repère "toutes" les formes du verbes, et même des qui n'y appartiennent pas =') (du genre "voix" avec voir...)

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