syntaxe inhabituelle

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Macada
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Re: synthaxe inhabituelle

Message par Macada »

Booz a écrit :Oh mais ça dépend beaucoup des lectures personnelles cette impression.
Ellie a écrit :J'imagine que ça doit être utilisé assez différemment selon les régions, parce que je fais partie des gens pour qui c'est pas particulièrement soutenu
Oui, on s'en rend bien compte en lisant les ressentis différents des uns et des autres.

La question que ça pose est : un auteur a t-il intérêt à utiliser cet effet de style dans un registre non soutenu (soutenu, tout le monde est d'accord qu'il ne détonne pas) sachant qu'une partie du lectorat va le considérer comme une maladresse ?

Perso, il m'arrive de faire le pari d'intégrer un mot ou un effet (pas celui-là, je ne l'aime guère, mais c'est la même idée) à un registre qui ne le contient pas ou pas selon tous, avec l'envie de convaincre tous les lecteurs qu'il a bien sa place dans ce texte-là. C'est un pari technique qui m'amuse, mais qui est très ponctuel : c'est déjà assez difficile de manipuler un registre avec des mots/expressions/effets sur lesquels la majorité du lectorat s'accorde.
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Booz
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Re: synthaxe inhabituelle

Message par Booz »

Bonne question Macada. En fait je pense à cette tournure depuis hier et je me suis rendue compte que plus qu'une tournure soutenue, il s'agit pour moi d'une tournure propre à la narration dans ce qu'elle a de classique (et qu'on ne trouve plus beaucoup actuellement puisque beaucoup de romans cherchent à mettre en avant l'action et l'avancée de l'intrigue).
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ilham
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Re: synthaxe inhabituelle

Message par ilham »

Je ne comprends pas trop le débat. Il s'agit d'une énumération tout ce qu'il a de plus classique. En tout cas je rencontre très régulièrement cette formulation dans mes lectures... J'crois même que c'est assez présent dans les contes.
"Qui" remplaçant les éléments énumérés :
Trois voleurs s'échappent, qui dans les champs, qui par les routes, qui par la forêt.
Ca n'a rien de soutenu... donc je suis assez d'accord avec toi Booz.

Edit : par contre la faute d'orthographe dans le titre, "syntaxe", écorche la vue :sifflote:
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Sandrinoula
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Re: synthaxe inhabituelle

Message par Sandrinoula »

Booz a écrit :ici il s'agit simplement d'un pronom relatif. Le choix de "qui" au lieu de "les uns... les autres" dépend simplement des inclinations de l'auteur.
Exactement !
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nothoi
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Re: syntaxe inhabituelle

Message par nothoi »

ilham a écrit :Je ne comprends pas trop le débat. Il s'agit d'une énumération tout ce qu'il a de plus classique. En tout cas je rencontre très régulièrement cette formulation dans mes lectures... J'crois même que c'est assez présent dans les contes.
"Qui" remplaçant les éléments énumérés :
Trois voleurs s'échappent, qui dans les champs, qui par les routes, qui par la forêt.
Ca n'a rien de soutenu... donc je suis assez d'accord avec toi Booz.

Edit : par contre la faute d'orthographe dans le titre, "syntaxe", écorche la vue :sifflote:
hum, quelqu'un a dû la corroger.
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ilham
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Re: syntaxe inhabituelle

Message par ilham »

oui, il y avait un "h" après le "t".
C'est mieux comme ça ! :merci2:
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Milora
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Re: syntaxe inhabituelle

Message par Milora »

nothoi a écrit :Bonjour amis batraciens,

Je suis tombé il y a quelque jours sur une synthaxe inhabituelle. Je l'avais déjà rencontrée il y a dix ans ou presque dans un autre roman, et j'avoue qu'à l'époque, je m'étais posé la question de sa validité (il s'agissait d'une traduction de l'Anglais vers le Français). Mais, comme je viens de la retrouver dans un roman d'Ayerdhal, je me dis qu'elle doit être correcte. J'ai fait quelques recherches infructueuses sur le sujet. D'où mon post.
Voici la phrase :
Les tueurs d'Andréa se sont éparpillés dans les alentours, qui dans un arbre, qui dans les fourrés sur une butte, qui derrière une souche.
L'utilisation du pronom "qui" dans ce contexte me semble étrange. S'agit-il d'une règle ancienne peu usitée de nos jours ? Quelqu'un pourrait-il m'en énoncer la règle, les condition d'utlisation et l'effet recherché ?

Merci d'avance
OMG, merci, nothoi, d'avoir ouvert ce film ! Les réponses ont mis fin à 6 ans de doute :lol: . Je m'explique : il y a très longtemps, j'avais écrit un conte, que j'ai posté sur CoCy quelques temps après mon inscription. Et qui contenait cette structure de phrase. Et mes BL me l'avaient relevée comme fautive. Sauf que j'étai sûre de ne pas l'avoir inventée mais que je n'ai jamais trouvé la règle pour me justifier.
Du coup, le mystère se lève !
Booz a écrit :Bonne question Macada. En fait je pense à cette tournure depuis hier et je me suis rendue compte que plus qu'une tournure soutenue, il s'agit pour moi d'une tournure propre à la narration dans ce qu'elle a de classique (et qu'on ne trouve plus beaucoup actuellement puisque beaucoup de romans cherchent à mettre en avant l'action et l'avancée de l'intrigue).
Oui, je pense que c'est plutôt ça.
Pour moi, cette structure en "qui à..." est du même niveau de langue que les phrases à l'infinitif avec la tournure : "Et la jeune femme de rire de plus belle." C'est pas vieillot ni ampoulé, on en trouve dans la littérature récente et même SFFF et même jeunesse (je suis sûre et certaine qu'elle est employée dans "Le château de Hurle de Diana Wynne Jones). Mais ce n'est pas oral ni familier. Ça dépend juste du registre de langue.
Et tu peux parfaitement l'employer dans un texte qui ne vise pas à faire ancien/très soutenu : ça dépend de comment tu l'intègres au ton général de ton récit...
Jour de pluie dans une cuisine (Le Mammouth éclairé)

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